Guy Lafleur
Guy Lafleur
« J’étais d’avis qu’il s’agissait d’un crime qui affecte les valeurs fondamentales sur lesquelles repose notre système de justice; j’étais moralement convaincue de la légalité et de la légitimité d’avoir eu recours à ce moyen prévu par le Code criminel », a écrit la juge Lori Renée Weitzman dans une déclaration déposée lundi au procès civil intenté par l’ex-hockeyeur.

Contrairement au « démon blond », Mme Weitzman ne croit donc pas que la Couronne ait exagéré en émettant un mandat d’arrestation contre Guy Lafleur, plutôt qu’une promesse de comparaître.

La juge, qui était à l’époque procureure dans le dossier, a d’ailleurs rappelé qu’il s’agissait d’un acte criminel « pur », passible d’un maximum de 14 années de prison.

L’ex-numéro 10 des Canadiens n’est toutefois pas de cet avis, puisqu’il réclame 2,16 millions de dollars à la police de Montréal et au Procureur général du Québec pour son arrestation en 2008.

Selon lui, les autorités auraient pu lui envoyer une sommation à comparaître plutôt que de l’arrêter. Lors de son témoignage au début du procès civil, il avait même évoqué un « trip de femmes » cherchant à le faire « passer au cash ».

Dans son procès criminel, Guy Lafleur avait d’abord été déclaré coupable d’avoir fait deux témoignages contradictoires dans les dossiers de son fils Mark, mais il avait finalement été acquitté en appel.

Nombreuses approbations

Deux autres procureures, elles aussi devenues juges à la Cour du Québec, ont déposé des déclarations assermentées lundi, au palais de justice de Montréal.

« J’étais d’accord avec l’émission d’un mandat visé », a écrit la juge Marie-Josée Di Lallo.
La juge Geneviève Graton a pour sa part affirmé avoir été d’accord avec l’accusation portée en 2008 contre le « Flower ».

Un lieutenant-détective de la police de Montréal a également témoigné, affirmant n’avoir jamais vu une accusation de ce genre signifiée par sommation plutôt que par mandat d’arrestation.

Après 11 jours d’audience, la preuve est maintenant close au procès intenté par l’ex-hockeyeur. Les parties plaideront à partir de mercredi, devant le juge André Wery de la Cour supérieure du Québec.