Doc Mailloux gagne encore
Doc Mailloux gagne encore
« C’est sûr que je me réjouis, lance le psychiatre, au téléphone. Les grandes guerres se gagnent souvent avec de petits gains.»

Le Tribunal des professions devra refaire ses devoirs, a tranché le juge de la Cour supérieure Marc St-Pierre, mardi.

En septembre dernier, l’instance disciplinaire avait déjà réduit la sanction imposée au doc Mailloux quant à cinq infractions, mais avait maintenu sa culpabilité. Le psychiatre, qui se défend seul, avait porté la décision en appel.

Liberté d’expression

Dans le jugement, le juge St-Pierre affirme qu’« autant le Conseil de discipline du Collège des médecins que le Tribunal des professions avaient le devoir de se prononcer sur la question » du droit à la liberté d’expression, ce qui n’a pas été fait en cour.

« Je crois que le défaut de ce faire entraîne un vice dans la décision du Conseil », dit-il.

Le Conseil de discipline du Collège des médecins reproche au Dr Pierre Mailloux d’« avoir posé des actes dérogatoires à l’honneur et à la dignité de sa profession de médecin » lors d’une entrevue à l’émission Tout le monde en parle en septembre 2005.

Le doc Mailloux avait alors cité une étude stipulant que « le quotient intellectuel moyen des Noirs et des Amérindiens est nettement inférieur à 100 ».

« Je n’ai fait que rapporter sur la place publique ce qui est enseigné en psychoéducation à l’Université de Montréal depuis des années », argue le psychiatre, estimant que cela relève de sa liberté d’expression.

Le doc Mailloux doit aussi se défendre pour des propos tenus lors d’une entrevue radiophonique à l’émission Bonjour Montréal ainsi que dans le cadre d’un rôle dans l’émission Les Bougon.

Enfin, le Conseil de discipline reproche au psychiatre d’avoir dénigré une collègue psychologue dans un rapport d’expertise.

Il a été reconnu coupable de toutes ses entorses à son code déontologique en 2009 et condamné à cinq ans de radiation en 2012.

Une sanction que le Tribunal des professions avait réduite à une amende de 5000 dollars par chef en septembre dernier, à l’exception de l’accusation impliquant sa collègue pour laquelle il devait être radié trois mois.

Cette dernière radiation apparaît d’ailleurs encore « très sévère » au juge Marc St-Pierre, qui le souligne dans sa décision.

Acquittement

Comme le processus disciplinaire devra recommencer à zéro, Pierre Mailloux ne vise rien de moins qu’un acquittement.

D’après lui, le juge St-Pierre envoie le message que le Tribunal des professions n’a pas bien fait son travail la première fois. « Comment le Conseil a-t-il pu déraper à ce point sur une sanction et ne pas errer sur ma culpabilité », se demande-t-il.

« On ne peut leur accorder aucune crédibilité (au Conseil), ajoute le psychiatre. Pour moi, c’est une question de logique.»

Ainsi, il compte se battre jusqu’au bout afin de pratiquer sa profession, en dépit de « l’acharnement du Collège des médecins».

Le Collège des médecins n’a pas voulu commenter la décision hier.