La notaire et professeure titulaire en droit, Charlaine Bouchard. Photos : Site Web de l'Université Laval
La notaire et professeure titulaire en droit, Charlaine Bouchard. Photos : Site Web de l'Université Laval
C’est ainsi que décrit la professeure de droit de l’Université Laval, Charlaine Bouchard, à la tête d’un nanoprogramme multidisciplinaire qui s’intéresse aux enjeux nouveaux qu’amènent la chaîne de blocs.

La technologie derrière la chaîne de blocs permet de décentraliser l’information. Au lieu de se trouver sur un seul serveur, elle est détenue sur une multitude de serveurs qui se relaient et qui sont sécurisées. Aucun pirate informatique n’a réussi à briser la chaîne de blocs depuis son arrivée en 2008, explique la professeure Bouchard.

« C'est comme un coffre-fort inviolable. Il est transparent, c'est-à-dire qu'on y retrouve toute l'information que vous y déposez, du début à la fin, c'est traçable, et c'est immuable, donc ça ne peut être effacé puisque c'est protégé par la cryptographie, des formules mathématiques complexes. »

L’idée des informaticiens derrière la chaîne de blocs était d’éviter la centralisation des données personnelles à travers des serveurs uniques détenus par les grandes entreprises techno comme Google et Microsoft. En d’autres termes, ça rendrait impossibles des fuites de données personnelles comme a pu voir lors de l’éclatement du scandale Cambridge Analytica, par exemple.

Mme Bouchard argue que cette nouvelle technologie va venir bousculer une multitude de domaines, et que le droit en sera un des plus touchés.

« La chaîne de blocs aura des impacts en matière financière, au niveau des registres, et au niveau des contrats intelligents. Un contrat intelligent est-il le même qu'un contrat au sens du droit? Les registres de l'État civil, de propriété, ce sont des questions juridiques. La chaîne de blocs, c'est la révolution de l'argent, et l'argent, il y a des questions juridiques à la base de ça. »

Comme la chaîne de blocs est un dossier qui allie différentes expertises, la faculté de droit a construit son nanoprogramme en partenariat avec les facultés d’administration et de gestion des organisations.

« C'est un programme novateur, à la fine pointe de l'actualité, et il n'y en a pas d'autres comme ça au Canada ou au Québec. Les gens qui vont le suivre auront du coaching particulier de la part d'experts. La pédagogie est novatrice pour amener les étudiants à réfléchir aux avantages d'intégrer cette technologie dans leur milieu. »

Trois cours en classe auront lieu au cours des six mois de formation. Pour le reste du temps, la formation sera donnée via l’internet « conventionnel », assure la professeure Bouchard.

Tous les détails de la formation sont ici.