Me Julius Grey Photo : Facebook
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Une demande doit être déposée cette semaine devant le tribunal pour qu'il ordonne au ministère de l'Éducation du Québec d'offrir à tous les enfants l'option des cours en ligne, afin qu'ils ne soient pas obligés de retourner physiquement en classe cet automne.

Pour l'instant, seuls les enfants qui ont certaines conditions médicales définies, ou dont les parents sont à risque, peuvent être exemptés de venir à l'école.

Mais en cette période de COVID-19, tous les parents doivent avoir ce choix, fera valoir l'une des mères qui ont mandaté un avocat pour que l'option des cours en ligne soit disponible pour tous dès la rentrée, au primaire comme au secondaire.

Politimi Karounis a deux enfants. Elle ne veut pas qu'ils aillent en classe cet automne, car elle juge que les mesures sanitaires mises en place ne seront pas suffisantes pour protéger les enfants et leurs enseignants.

Avec d'autres parents, elle a mandaté l'avocat constitutionnel bien connu Me Julius Grey pour présenter cette demande.

On demande d'avoir le choix, explique-t-elle en entrevue, et le respect de l'autonomie individuelle.

« Je crois que les parents, dans ce contexte particulier, doivent avoir le choix de prendre des décisions pour la sécurité de leur famille », indique Politimi Karounis.

Elle se dit inquiète pour sa mère, qui garde ses enfants. Celle-ci est toutefois à risque, ayant une condition qui affecte son système immunitaire.

Un programme en ligne a été créé pour les enfants dont la condition médicale les rend trop vulnérables pour aller en personne à l'école. Puisqu'il existe déjà, il peut être offert à tous, sans frais supplémentaires, fait valoir Mme Karounis.

« Elles (les autorités gouvernementales) en sont manifestement capables », a renchéri Me Grey en entrevue.

« Si elles offrent des cours par zoom pour les enfants qui se qualifient sous les critères stricts d'exemption, il n'y a aucune raison pour laquelle ils ne peuvent l'offrir à tous les parents, pour le meilleur et pour le pire, et qui, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, disent qu'ils ne sont pas à l'aise d'envoyer leurs enfants en classe », poursuit l’avocat.

Quant aux motifs médicaux pouvant justifier une exemption d'assister aux cours en personne, ils sont trop restrictifs, ajoute Mme Karounis.

La demande en jugement déclaratoire devrait être déposée cette semaine, et il sera demandé au tribunal qu'elle soit entendue le plus tôt possible, car il y a urgence, dit-elle. La rentrée scolaire approche à grands pas.

Ce que dit le droit

La demande sera notamment fondée sur la Charte canadienne des droits et libertés, dont son article 7 qui établit le droit à la vie et à la sécurité.

Mme Karounis sait qu'il est possible pour les parents de faire l'école à la maison. Mais cette option n'est pas possible pour toutes les familles, car beaucoup de parents doivent travailler et n'ont pas les moyens de rester à la maison, explique-t-elle.

Et puis, tous n'ont pas les habiletés pédagogiques que possèdent les enseignants. C'est pourquoi leur demande en justice mise sur l'option de l'école en ligne.

Par ailleurs, si un enfant est retiré de la classe pour recevoir son éducation à la maison, il perd sa place dans sa classe. Un casse-tête pour la réintégrer après la pandémie.

L'Ontario offre d'ailleurs cette possibilité aux parents : les conseils scolaires de cette province proposeront un apprentissage à distance à tous ceux qui choisiront cette option.