Me Marie-Eve Crevier. Photo : LinkedIn
Me Marie-Eve Crevier. Photo : LinkedIn
Me Marie-Eve Crevier se joint à Dubé Latreille Avocats à titre de toute nouvelle (et première) avocate en droit du travail du cabinet « forte d’une expérience acquise dans le cadre de la représentation de syndicats d’envergure, d’associations d’employés-cadres et cols bleus de diverses villes et d’associations policières », se réjouit le cabinet.

Le Barreau 2007 exerce exclusivement en droit du travail et de l’emploi. Elle était depuis plus de cinq ans en pratique solo au sein de Crevier Avocats, mais Dubé Latreille Avocats l’a convaincue de se joindre à leur aventure.

Droit-inc lui a parlé.

Pourquoi avez-vous quitté votre pratique solo?

En fait, j'ai une super belle pratique, j'ai de beaux clients et c'est vraiment super agréable de travailler avec eux, sauf que je pense que la communication avec d'autres avocats me manque. De pouvoir brainstormer, discuter d'un dossier, c'est quelque chose que j'ai toujours aimé faire. C’est le lot d’à peu près tous les solos.

Me Jean-François Latreille m’a approchée à un moment où je ne cherchais pas à me joindre à quoi que ce soit, mais ça a cliqué. On a vu qu’on avait beaucoup de valeurs en commun.

De fil en aiguille on s'est revus souvent par Zoom. On jasait de tout et de rien pour voir si on pouvait se fiancer et finalement se marier, et effectivement, ça a super bien fonctionné, et avec les autres membres de l’équipe aussi. Je ne vois que des avantages à me joindre à leur équipe.

Qu’est-ce que ça change pour vous, de passer de la pratique solo à la pratique en cabinet?

Sur le plan physique, ça ne change pas grand-chose, parce que je vais en faire beaucoup de mon côté. Je suis à Saint-Lazare, eux à Montréal. Je leur parle presque tous les jours par Zoom. Évidemment, je vais aller faire un tour à Montréal une fois de temps en temps. Sinon, je continue à faire ma pratique spécialisée en droit du travail.

Par contre, ce que ça va changer, et c’est l’aspect positif, c’est que comme moi je représente des petites et moyennes entreprises, il se glisse des questions de corpo et commercial. Là, c’est fantastique, parce que j’ai l'équipe du cabinet à portée de main!

Ça rend la chose beaucoup plus facile que d'avoir à se référer à des avocats dans d'autres bureaux. On va travailler un même dossier ensemble plutôt que de déléguer la partie qui serait corpo ou commercial à un autre bureau.

Pour eux, ils n’avaient pas d’avocat qui faisait du droit du travail, donc ils avaient à faire la même chose à leur niveau. Dans le fond, on a des services qui sont complémentaires.

Vous êtes entrée en poste en septembre. Comment ça s’est passé, d’arriver dans un cabinet en pleine pandémie après cinq ans de solo?

Ça s'est passé de façon virtuelle. J’ai mis les pieds au bureau une fois pour aller les visiter. Me Latreille m’a fait faire le tour des bureaux et j’ai salué deux ou trois personnes. C’était au début de l'été, il n’y avait pas grand monde.

Pour le reste, on a des rencontres toutes les deux semaines le vendredi. Moi, vidéo ou salle de conférence, c'est la même chose. Je communique par courriel ou par vidéo, Facetime même, à brûle-pourpoint avec les avocats du bureau quand j’ai des questions, et il font la même chose avec moi.

Je suis très techno avec mes clients. J’ai des clients qui sont quand même assez loin en région. Je trouve ça bien pratique de pouvoir communiquer avec eux par vidéo.

Je suis à un clic de mes clients. Je fais beaucoup de conseils en amont, et je parle à certains clients toutes les semaines par Facetime.

C’est l’avantage du télétravail : il y a un contact constant!

C’est ça! Je fais beaucoup de conseils RH avec mes clients, alors il y en a à qui je parle tous les jours, mais pas par rendez-vous. C’est Facetime. Si je suis sur un appel, je vais appuyer sur le bouton automatique. Pour mes clients, je ne suis pas dans le bureau d'à côté, je suis dans le Facetime.

Traverser dans le bureau d’à côté ou faire un Facetime, c’est la même chose.

Vous travaillez dans un nouveau cabinet, il y a donc des dossiers qui vont s’ajouter pour vous. Comment ça se passe?

Ça va super bien!

La réalité, c’est que ce n’est pas vraiment différent que si ça m'avait été référé de l'extérieur. Eux, ils n'avaient pas d’avocat qui faisait du droit du travail à l'interne, ça fait qu'ils ont juste une corde de plus à leur arc au lieu d'avoir à référer à l'externe.

C’est intéressant, parce que pour leurs clients ils ne changent pas de bureau pour l'aspect droit du travail. Pour moi, c'est un dossier comme un autre qui me serait référé d'un autre bureau, ou de quelqu'un qui m’aurait trouvée par le biais d’une référence.

Vous étiez en cabinet aussi avant de partir en solo, huit ans chez Schneider Gaggino, c’est bien ça?

Oui! Je faisais du droit du travail pour la partie syndicale. Quand jai lancé mon bureau j’ai commencé à représenter des employeurs.

Ça a dû être tout un changement de passer d’une force à l'autre!

Oui, surtout de le faire toute seule, de partir et de transférer d'un côté de la lorgnette à l'autre! C’était un stress, un bon stress, mais ça prend les nerfs pour le faire.

Je ne le regrette pas; ça a été la meilleure décision que j'ai pu prendre.

Et pourtant, vous voilà de retour en cabinet!

Oui, je le sais!

C’est la meilleure décision que j'ai pu prendre en termes d'expérience, parce que c'est une chose d'être employée, c'en est une autre de tout gérer le bureau au grand complet, de gérer tous les aspects.

Cette expérience, je la garde avec moi et je continue de l'utiliser. Sauf que le contact humain, l’esprit d'équipe, avoir la possibilité d'offrir des services plus complets, c'est quelque chose qui est non négligeable quand on est certain que ça va bien aller avec la nouvelle équipe.

Est-ce que Dubé Latreille vous ont dit pourquoi ils vous ont approchée?

Oui! C'était clairement parce qu'ils font du corpo / commercial, ça arrive quand même assez régulièrement que leurs clients ont des questions à traiter en droit du travail. Ils voulaient pouvoir offrir le service à l'interne pour des raisons évidentes.

Pourquoi vous précisément?

Ils ont été référés à moi par une avocate. J’avais eu un dossier dans lequel je représentais un employé dans le cadre d'une affaire syndicale. Il y avait le syndicat, il y avait l'employé et il y avait l'employeur. L’avocate de l'employeur avait apprécié le travail que j'avais fait, donc c’est elle qui les a référés à moi.

Vous ne connaissiez pas Dubé Latreille Avocats?

Non, du tout.

On s’est rencontrés beaucoup pour prendre des petits cafés virtuels, même sans parler business, juste pour voir.

En fait, on prenait des lunchs virtuels ensemble. On jasait de tout et de rien, de nos enfants, du sport qu'on fait, et puis à un moment à travers ça on s’est aperçus qu’on avait vraiment des valeurs similaires. On s'est mis à parler un peu plus de notre façon de travailler. On a vraiment fait ça tout en douceur.

Rendus au mois de septembre, on était convaincus qu'on allait s'aimer.

Ça a pris combien de temps avant de vous décider?

Ça a pris l'été! De nature, je suis comme ça. La théorie du petit pas s’applique très bien à moi.

D’ailleurs, c'est ce que je leur avais dit : « Si vous n'êtes pas pressés, ça fait mon affaire. Je vous dis tout de suite, moi je ne me marierai pas avec vous demain matin. Je veux savoir qui vous êtes, je veux qu'on jase ensemble. De s’associer avec des gens, moi la priorité numéro un, c'est que ce soit agréable.

Alors j'avais l'esprit très ouvert parce que je savais qu'éventuellement j'aurais le goût d'avoir plus de communication avec d'autres professionnels, d'autres avocats. Je leur ai dit : « On va apprendre à se connaître un petit peu pour voir si on est un bon fit. »