Me Sébastien Proulx revient chez GBV Avocats. Photo : Courtoisie
Me Sébastien Proulx revient chez GBV Avocats. Photo : Courtoisie
Après un mandat au gouvernement provincial durant lequel il a été ministre de l’Éducation et de la Famille, entre autres, Me Sébastien Proulx revient chez GBV Avocats pour y lancer et y diriger le secteur de Droit public et relations avec l’État.

Droit-inc l’a rencontré.

Après votre passage en politique, vous avez d’abord travaillé pour Desjardins en tant que directeur des relations gouvernementales et institutionnelles. Votre retour chez GBV, où vous étiez juste avant d'être élu, est donc également un retour au droit?

Effectivement, chez Desjardins, je travaillais surtout auprès des équipes à l’interne, à l’accomplissement de certains dossiers partagés avec des institutions ou le gouvernement du Québec.

Chez GBV, je vais développer une pratique un peu différente de ce que je faisais avant, puisque mon expérience et mon expertise ont changé. Le projet qu’on met sur la table, c’est de bâtir un secteur qui va couvrir tout ce qui touche aux relations entre personnes, entreprises, institutions et État, mais on mise aussi sur le conseil stratégique. Quelque chose d’un peu différent de ce qui se fait dans les cabinets traditionnels, donc.

Tout n’est pas litigieux, tous les dossiers ne doivent pas systématiquement se terminer par une mise en demeure, une procédure et un procès. Ce sera l’occasion de faire la démonstration que le droit évolue. Y aura-t-il de la représentation à la cour? Peut-être, mais l’objectif est surtout d’appuyer la clientèle avec un nouveau service.

Comment envisagez-vous ce nouveau départ?

C’est un projet assez formidable et passionnant pour moi. Je suis dans un cabinet que je connais et que j’apprécie, qui a beaucoup évolué avec le temps, qui a grandi. Le cabinet qui a commencé à Québec a maintenant des bureaux à Montréal, on y fait encore du litige, du droit des affaires et de la construction, mais on offre aujourd’hui des services en droit de l’environnement, des ressources naturelles, des appels d’offre… C’est une belle opportunité d’appuyer les clients.

Pour l’instant, on travaille avec les collègues en place. Je viens les appuyer, compléter l’offre déjà en place, mais on verra comment les choses évoluent. Je suis ici pour bâtir quelque chose de nouveau, un pas à la fois.

Comment ce projet a-t-il vu le jour? Est-ce GBV qui vous a approché ou est-ce vous qui leur avez présenté l’idée?

C’est venu d’une discussion avec Me Marc-André Gravel, associé-directeur que je connais depuis de nombreuses années. Le projet a germé il y a quelques semaines seulement et s’est rapidement concrétisé.

Vous dites que votre passage en politique a modifié votre expertise. Qu’en avez-vous tiré?

On vit dans une société de plus en plus complexe et réglementée. Il y a maintenant plusieurs écosystèmes dont il faut tenir compte. Il y a des enjeux socio-économiques, politiques, réglementaires, d’acceptabilité sociale… Mon passage en politique m’a amené à mieux comprendre l’État, son fonctionnement, son rythme, ses interactions avec les citoyens et les entreprises, tout comme celles à l’interne.

J’ai maintenant la chance d’offrir aux clients des conseils et des perspectives différentes du chemin traditionnel pour faire atterrir leurs projets.

Est-ce que ce passage a aussi influencé votre manière de pratiquer, de voir le droit?

Clairement! Ça ouvre des perspectives. Ma compréhension de la problématique du client ne sera pas la même. Je suis mieux en mesure de proposer à notre clientèle différentes options, des chemins possibles, avec tout ce qu’ils impliquent de conséquences.

J’aime dire que c’est une autre façon pour moi de faire du service public, tout en lui donnant cette couleur juridique qui me tient à cœur.

Voyez-vous des parallèles entre la joute politique et la joute légale?

Je dirais qu’il y a une certaine camaraderie chez les avocats, tout comme en politique. Ça s’explique probablement parce qu’on a des intérêts similaires, même si on se retrouve parfois dans des débats contradictoires.

Ce sont aussi des mondes qui répondent à un grand nombre d’us et coutumes.

La distinction la plus importante, selon moi, se trouve dans les modes de négociations. En droit, si on doit se rendre à procès, on remet la décision dans les mains d’un tiers. Dans le cas d’une décision politique, c’est le plus souvent une personne impliquée qui prend la décision. Ça oblige à des nuances.

Vous n’avez pas seulement été ministre de l’Éducation. Vous avez également écrit un livre sur le sujet : Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire. Cette passion vous habite toujours?

Absolument. C’est la lutte pour l’alphabétisation qui m’a mené à faire de la politique. Aussi, ayant moi-même deux adolescents de 13 et 15 ans, les questions liées à l’éducation m’interpellent encore comme parent. Je le suis à titre d’observateur aujourd’hui, par contre.

Pas de retour en politique en vue, donc?

Non. Absolument pas. C’est difficile de faire abstraction complètement de cette vie que j’ai menée, bien sûr. Je crois que, comme les artistes ou les athlètes, je vais toujours me remémorer ces moments avec un peu de nostalgie.

Mais le projet dans lequel je me lance maintenant me passionne tout autant et je me sens très privilégié de pouvoir le faire à ce moment-ci de ma vie. Ça me donne l’impression de pouvoir servir le Québec autrement, car meilleure sera la compréhension entre entreprises et État, par exemple, meilleurs seront les rapports entre les deux et meilleurs seront les services à la population.