Photo : Shutterstock
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Comment devient-on accro au travail, et peut-on s’en sortir? C’est à ces questions que répond un patron de cabinet d‘avocats - qui a gardé l’anonymat - pour Attorney At Work.

Dès le début de sa carrière, les semaines de travail duraient 50 heures. Puis il a allongé ses journées jusqu’à quitter vers 8 ou 9 heures du soir: le moment était propice aux échanges avec son directeur. Il a beaucoup appris durant ces soirées de travail auprès de lui.

Sa situation professionnelle s’est améliorée; il est devenu associé, puis il est devenu propriétaire de son propre cabinet. Et il a vécu cette évolution tout en conservant ancrée l’habitude de faire des journées sans fin.

Cette vie professionnelle a entièrement grugé le temps restant pour sa famille. Mais il n’a jamais remis en question cette répartition totalement déséquilibrée entre le temps passé au bureau et le temps passé à la maison.

En fait, oui… il a remis en question cette répartition. Mais le déclic ne s’est pas produit volontairement.

Au bout de 14 années de labeur acharné, l’avocat a subi une intervention chirurgicale en urgence. Était-ce la conséquence de son rythme effréné? Peut-être pas. Mais l’avocat est convaincu que le stress et sa mauvaise hygiène de vie ont eu un impact.

Le partage du temps s’est alors inversé. Totalement.

Durant trois mois, il n’a plus mis les pieds dans son cabinet.

Incapable de travailler sur ses dossiers juridiques, l’avocat s’est consacré à ce qui le passionnait le plus: concevoir des logiciels pour rendre son cabinet plus agile. D’après lui, ce sont ces logiciels qui ont permis au cabinet de fonctionner sans lui… Lui qui se pensait indispensable quelques semaines avant.

Ce retour de balancier temporel l’a rendu aussi plus disponible pour sa famille. Il a redécouvert les repas pris avec son épouse et ses enfants. La famille a commencé à partir à l’improviste durant les fins de semaine, elles aussi rendues disponibles.

Professionnellement, il a appris à se concentrer sur des temps de travail plus courts, mais de meilleure qualité. Il a aussi appris à se concentrer sur les choses qui nécessitaient absolument son attention… et à déléguer le reste.

Et désormais, il continue de travailler ainsi: il détermine ce qu’il peut déléguer ou non; il identifie à l’avance les projets qui nécessitent un volume de travail important à brève échéance. Et il prévoit de prendre un congé, ou de travailler depuis la maison, dès le lendemain de cette échéance. Pour préserver son équilibre.

Contraint de rompre avec une répartition déséquilibrée de son temps, cet avocat a trouvé un nouvel équilibre. Ou plutôt, il a découvert l’équilibre.