Le site Pornhub, par exemple, permet aux utilisateurs de télécharger eux-mêmes des vidéos, ce qui rend possible le fait de diffuser une vidéo sans le consentement des personnes qui y sont filmées. Source : ISTOCK
Le site Pornhub, par exemple, permet aux utilisateurs de télécharger eux-mêmes des vidéos, ce qui rend possible le fait de diffuser une vidéo sans le consentement des personnes qui y sont filmées. Source : ISTOCK
Un cabinet d'avocats international a intenté une action en justice aux États-Unis contre la société MindGeek pour des vidéos d'exploitation sexuelle présumées qui se trouveraient sur Pornhub, un de ses sites web.

Brown Rudnick LLP a indiqué que la poursuite, déposée auprès du tribunal de district américain du district central de Californie, était au nom de 30 victimes de pornographie juvénile, de viol et de traite d'êtres humains qui, selon la poursuite, ont été exploitées sur le site de Pornhub.

Le cabinet réclame des dommages et intérêts pour l'effet de l'exploitation contre les victimes présumées et affirme avoir une tolérance zéro pour les contenus illégaux.

Aucune des accusations de Brown Rudnick LLP n'a été prouvée devant les tribunaux.

Dans un communiqué, Pornhub a indiqué qu'il examinait la poursuite. La société a affirmé qu'elle prenait au sérieux toutes les plaintes concernant son site web, y compris la poursuite de Brown Rudnick LLP.

Pornhub a ajouté qu'elle avait désormais mis en place des mesures strictes, notamment l'interdiction des téléchargements d'utilisateurs non vérifiés.

MindGeek fait déjà l'objet d'une enquête par un organisme fédéral canadien de surveillance de la vie privée.

Le commissaire à la protection de la vie privée Daniel Therrien a indiqué que son bureau enquêtait sur l'entreprise à la suite de témoignages de femmes qui affirment que Pornhub a rejeté leurs demandes de retrait de vidéos.

Pornhub revendique 130 millions de visiteurs chaque jour. Source : Radio-Canada
Pornhub revendique 130 millions de visiteurs chaque jour. Source : Radio-Canada
Des parlementaires à Ottawa veulent serrer la vis aux sites pornos

Pendant ce temps, un comité parlementaire à Ottawa recommande que les Canadiennes et les Canadiens victimes de la publication d'une image ou d'une vidéo en ligne sans leur consentement sur des sites comme Pornhub aient le droit d'exiger que ce contenu soit retiré immédiatement.

Dans un rapport publié jeudi, le Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique recommande aussi que les plateformes en ligne, comme celle de la société montréalaise MindGeek, soient tenues responsables de n'avoir pas su empêcher le téléversement de matériel d'exploitation sexuelle d'enfants, de contenu montrant des activités non consensuelles ou téléversé à l'insu de toutes les parties.

Le comité recommande également que les plateformes en ligne soient tenues responsables de ne pas avoir veillé à ce que le matériel soit supprimé rapidement, sous peine de sanctions financières. Les députés souhaitent aussi la mise en place de mesures pour vérifier que les personnes représentées dans des contenus pornographiques soient majeures et aient consenti à la publication.

De plus, le comité conseille au gouvernement fédéral de créer un cadre juridique pour obliger les fournisseurs de services Internet qui hébergent du contenu pornographique à devenir plus proactifs dans la modération du contenu et l'application des règles – et à en être tenus légalement responsables.

Le président-directeur général de MindGeek, Feras Antoon. Source : Radio-Canada
Le président-directeur général de MindGeek, Feras Antoon. Source : Radio-Canada
L'opposition dans l'expectative

La députée conservatrice Shannon Stubbs, membre du comité, a déclaré que les recommandations avaient été formulées avec un sentiment « d'urgence, de la détermination et des attentes déterminées », et qu'il incombait maintenant au gouvernement d'agir dans ce dossier.

En février dernier, devant le même comité, le PDG de MindGeek, Feras Antoon, et le directeur de l'exploitation, David Tassillo, assuraient que tout le contenu du site web était examiné à l'aide de plusieurs outils logiciels avant d'être approuvé par des modérateurs humains.

« Nous demandons toujours à tous nos agents de faire preuve de prudence : si vous avez le moindre doute, ne le laissez pas être publié en ligne », expliquait M. Tassillo au comité, le 5 février.

En avril, le gouvernement libéral a annoncé qu'il présenterait un projet de loi pour créer un nouveau régulateur qui garantirait que les plateformes en ligne suppriment le contenu préjudiciable, y compris les représentations d'enfants et les images intimes partagées sans consentement.