L’honorable Gill Fortier est décédé. Source  : Courtoisie de Louis Fortier
L’honorable Gill Fortier est décédé. Source : Courtoisie de Louis Fortier
L’honorable Gill Fortier est décédé le 17 juillet dernier, à Québec.

« Il a certainement été un modèle et une référence pour tous ceux qui l’ont côtoyé. S’il est vrai qu’on juge un arbre à ses fruits, on peut affirmer sans hésitation qu’il a réussi sa carrière professionnelle et surtout sa vie personnelle et familiale. Il a réussi dans la vie mais, ce qui est encore plus important, il a réussi sa vie », affirme son fils Louis Fortier, avocat et membre du Barreau du Québec depuis 1995.

Après ses études en droit à l’Université Laval et son admission au Barreau du Québec en 1949, Gill Fortier s’est associé avec Me Louis-Philippe Pigeon au cabinet d’avocats Germain, Pigeon, Thibaudeau & Fortier.

« L’honorable Gill Fortier me rappelle à bien des égards les qualités de mon propre père, l’honorable Angus Gordon MacKinnon, ancien juge à la Supreme Court of British Columbia (...). Ces deux hommes, venant théoriquement des « deux solitudes » de Vancouver et de Québec, partageaient des valeurs et une vision, et il nous sera utile maintenant, à l’occasion du passage de l’honorable Gill Fortier vers l’au-delà, de regarder ce qu’ils représentent » affirme David Joseph MacKinnon, avocat à la retraite et ami proche de Louis Fortier.

Par la suite, Me Fortier s’est spécialisé en droit des assurances en travaillant notamment à titre de conseiller juridique pour L’Industrielle, compagnie d’assurance sur la vie (aujourd’hui appelée L’Industrielle-Alliance) pendant près de 15 ans.

Au début des années 1960, Me Fortier a agi à titre de conseiller juridique pour Roland Hallé, cofondateur de l’Unique, Compagnie d’Assurance Vie et la Fondation Universitas, intitulée aujourd’hui Kaleido croissance inc.. Me Isabelle Grenier, sa nièce, est aujourd’hui présidente et chef de la direction de Kaleido croissance inc..

D’ailleurs en 1965, il a été nommé conseiller de la Reine et secrétaire de la Régie des rentes du Québec (RRQ), aujourd’hui appelée Retraite Québec.

En plus d’être nommé juge à la Cour provinciale du Québec en 1970, le juge Fortier a été nommé président-directeur général de la RRQ et vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). Après plus de dix ans au sein de la RRQ et la CDPQ, il s’est retiré des fonctions d’administrateur.

Le juge Fortier a siégé à la chambre civile de la Cour provinciale du Québec de 1980 à 1995.

En 1983, il a agi à titre de juge coordonnateur de la chambre civile jusqu’en 1988. Puis, il a exercé en tant que juge en chef adjoint de la chambre civile à la division de Québec à la Cour du Québec pendant cinq ans.

En plus d’être président de la Conférence des juges du Québec en 1979, il a siégé au Conseil de la magistrature du Québec de 1992 à 1995.

Le juge Fortier a pris sa retraite en 1995. L'honorable Albert Gobeil, ancien juge en chef de la Cour du Québec et Gil Rémillard, ancien ministre de la Justice du Québec, ont souligné son importante contribution à l'histoire de la Cour du Québec.

« C’est la fresque de sa vie qui demeure, sa participation dans le grand projet québécois, la révolution tranquille qui a enrichi non seulement le Québec, le Canada et le monde entier. Nous aussi, les canadiens-anglais sommes endettés envers l’honorable Gill Fortier pour sa vie », a déclaré l’avocat à la retraite MacKinnon.

Un juriste engagé pour le changement

Récompensé en recevant le prix du meilleur enseignant, il a été chargé de cours en droit des assurances à la Faculté de droit de l’Université Laval de 1962 à 1971. D’ailleurs, deux ans plus tard, le Conseil d’administration de l’université l’a nommé à la Commission de l’université et il a été membre de 1973 à 1975.

Ancien officier du 6e Régiment d’artillerie de campagne de la première réserve des Forces armées canadiennes, il a été aide-de-camp honoraire de son oncle Paul Comtois, C.P lieutenant-gouverneur du Québec, de 1961 à 1966.

Le juge Fortier s’est impliqué tout au long de sa carrière. En effet, il a agi à titre de membre de la Commission des Affaires sociales et de la famille du Québec de 1971 à 1980. De 1974 à 1975 et de 1979 à 1980, il a été président de l’Association canadienne des organismes de contrôle des régimes de retraite. De 1979 à 1980, il siégeait au conseil d’administration de l’Office de la construction du Québec.

Grâce à sa participation au Comité d’étude Francoeur-Hendricks, il a participé à la rédaction du rapport sur la gestion des cadres. Suite à la publication du rapport, la Loi sur la fonction publique a été adoptée au Québec en 1978.

Certains le considèrent comme un véritable artisan de la Révolution tranquille.

« Citoyen modèle et inspirant, le juge Gill Fortier aura été un acteur important et un témoin fidèle de la Révolution tranquille et de l’histoire judiciaire du Québec au cours de la deuxième moitié du 20e siècle. La vie de Gill Fortier, comme la signification de la révolution tranquille, va bien au-delà des frontières du Québec », mentionne David Joseph MacKinnon.

Descendant du Grand chef Abénaki Joseph-Louis Gill, on a repris son nom en son honneur à sa naissance.

« À l’automne 1939, à sa première rentrée scolaire au Petit Séminaire de Québec (en élément latin), l’abbé Honorius Provost, registraire et archiviste, lui dit : « Gill, c’est pas un prénom ça ! Il n’existe aucun Saint de l’Église catholique répondant au nom de Gill ». Le nouvel élève lui répond du tac au tac : « il y en aura un et ce sera moi » », raconte son fils Louis.

Ses funérailles se dérouleront le samedi 7 août 2021 à 14h à l’église Saint-Charles-Garnier à Québec. Vous pouvez écrire des messages de sympathie à sa famille ici.