Marcel Nichols. Source: Yves Légaré
Marcel Nichols. Source: Yves Légaré
Marcel Nichols s’est éteint à l’âge de 94 ans après une riche carrière d’avocat et de juge.

Né à Saint-Hyacinthe dans une famille de six enfants, Marcel Nichols est placé à l’âge de 15 ans au pensionnat de l’Université d’Ottawa, où il se découvre le goût pour les lettres. Il est embauché comme commis à la grande bibliothèque, alimentant sa passion pour la lecture, d’où lui viendra plus tard le plaisir de l’écriture.

Marcel Nichols suit ensuite des études de droit à l’Université de Montréal. Il a débuté sa pratique d’avocat en 1953 à Drummondville, avant de créer son cabinet en 1958.

Il devient maire de Drummondville-ouest, qu’il fusionne avec Drummondville en 1966. Son frère Léon Nichols sera élu maire de Saint-Hyacinthe peu après.

Débute alors sa carrière de magistrat. En 1968, c’est Pierre Elliott Trudeau, alors ministre de la Justice du Canada, qui lui apprend sa nomination comme juge à la Cour supérieure.

Le juge de Paul Rose

Dès l’année suivante, il est le juge qui préside le procès du felquiste Charles Gagnon, finalement acquitté de l’accusation de meurtre sur Thérèse Morin, tuée dans un attentat à la bombe en mai 1966.

Au début de l’année 1971, il est le juge du « procès du siècle » - comme les médias nommèrent l’événement à l’époque - où le felquiste Paul Rose comparaît pour répondre de l’assassinat de Pierre laporte, le ministre libéral du Travail et de l'Immigration. Seulement trois mois après la mort de celui-ci, le procès se tient dans l’édifice de la Sûreté du Québec, rue Parthenais à Montréal, car le palais de justice n’est jugé pas assez sécuritaire.

Paul Rose se défend lui-même, son avocat étant incarcéré. Aux questions du juge, Paul Rose répond avec ironie. Le juge Nichols finit par expulser Paul Rose de la cour, et le condamne à 38 mois de prison pour outrage au tribunal.

Dans ses mémoires, le juge Marcel Nichols écrira: « La décision de Paul Rose d'assurer personnellement sa défense et la litanie de propos déplacés et outrageants pendant son procès s'inscrivaient dans ce plan diabolique proposé par Vallières. Les avertissements répétés que je lui adressais ne faisaient qu'entretenir sa verve et multiplier les occasions de politiser le procès sans se préoccuper des conséquences. »

Le tribunal condamne Paul Rose à la prison à perpétuité pour le meurtre de Pierre Laporte. Il sera ultérieurement condamné à la prison à perpétuité pour l’enlèvement du ministre, lors d’un deuxième procès.

En 1982, Marcel Nichols est nommé juge à la Cour d’appel du Québec, une fonction qu’il occupe jusqu’en 1995. Durant la même période, il est nommé juge adjoint de la Cour suprême du territoire du Yukon.

Arrivé à la retraite de juge, il endosse à nouveau le costume d’avocat, cette fois comme avocat-conseil et arbitre.

Il prend sa retraite complète de ses activités professionnelles en 2004. Il entreprend alors de rédiger ses mémoires, en se disant qu’il avait passé sa vie à écrire des jugements, et qu’il était temps de rédiger d’autres choses. Sa retraite lui permet aussi de se consacrer à ses autres passions que sont la nature, la chasse et la pêche.

À l’âge de 88 ans, en 2015, il publie ses mémoires, intitulées Les empreintes du temps. Sur 564 pages, il narre ses anecdotes de magistrat, sans écarter les moments les plus difficiles.

« J’ai toujours eu une bonne mémoire. C’est ce qui m’a permis de devenir avocat parce que je n’étais pas très studieux! » déclare-t-il à l’époque en entrevue avec Le Courrier de Saint-Hyacinthe pour la sortie du livre.

Marcel Nichols laisse dans le deuil son épouse Louise Carrier, ses enfants, ses petits-enfants et ses deux arrière-petites-filles.