Me Karl Tabbakh. Source: Site web de McCarthy Tétrault
Me Karl Tabbakh. Source: Site web de McCarthy Tétrault
Me Karl Tabbakh, associé directeur régional pour le Québec chez McCarthy Tétrault, est le premier immigrant à devenir président de la Chambre de commerce du canada pour un mandat d’un an. Il est coleader de la stratégie internationale et commerciale du cabinet.

Que représente pour vous ce rôle de président de la Chambre de commerce du Canada (CCC)?

Karl Tabbakh: On parle souvent de la Chambre de commerce comme d’un catalyseur; et c’est exactement ce qui m’interpelle dans cette dernière. Savoir que nous rassemblons plus de 200 000 entreprises de toutes tailles, et qu’ensemble, nous avançons vers un but commun. Ce qui m’importe comme nouveau président, c’est d’avoir une vue d’ensemble sur l’état de santé des entreprises canadiennes et de pouvoir contribuer à des solutions pérennes et structurantes pour l’avenir, en misant sur le rôle de porte-parole du milieu des affaires que la CCC joue auprès du gouvernement fédéral. »

Quelles seront vos priorités dans vos nouvelles fonctions?

En tant que président, mon rôle est d’assurer une gouvernance optimale de la CCC pour que les ressources dont elle dispose répondent le plus efficacement possible aux besoins des entreprises canadiennes. Après près de deux années de pandémie, j’ai très hâte de rencontrer les chambres de commerce membres de la CCC pour mettre en œuvre le plan stratégique 2025 de la CCC.

En tant que premier immigrant à occuper le poste de président du Conseil, je veux parler de la force, et de l’importance, de l’immigration dans le milieu des affaires au Canada.

Finalement, je désire améliorer la présence de la Chambre au Québec, et développer le réseau international de la CCC. »

Quels sont les besoins principaux des entreprises canadiennes pour soutenir leur développement dans les années à venir?

La Chambre le dit depuis toujours; ce qui favorise la compétitivité des entreprises canadiennes devrait être priorisé. Les entreprises sont aussi profondément préoccupées par la pénurie de main-d’œuvre, et je crois sincèrement que comme pays, nous devons adopter un « modèle de recrutement » des immigrants, plutôt qu’un simple « modèle d’accueil ». Nous avons besoin de la main-d’œuvre et des talents des immigrants, et j’abonde dans le sens de la CCC qui croit que le gouvernement fédéral devrait travailler de concert avec les provinces et territoires, de même qu’avec les associations professionnelles responsables des certifications des professionnels pour que les qualifications étrangères soient adaptées aux modèles canadiens et reconnus à leur juste valeur. »

Comme vice-président de la CCC, vous avez travaillé à renforcer la présence de la CCC au Québec. Comptez-vous continuer cette action?

Absolument. Le Québec, c’est la deuxième plus grosse économie au pays. Je crois sincèrement que la province a un bassin de talents exceptionnels, et qu’il faut y puiser les solutions de prospérité de l’avenir.

Nous avons récemment embauché une nouvelle vice-présidente, politique, Québec, qui jouera un rôle de leadership clé pour élargir la présence de la CCC dans la province. Kathy Megyery collaborera avec les équipes de la Chambre du Canada pour gérer les relations avec les principaux intervenants au Québec. »

Comment le Canada devrait-il concilier la recherche de productivité et la lutte aux changements climatiques?

C’est le grand enjeu de l’avenir. Je dirais même que c’est une bataille de tous les instants; et toutes les industries doivent moderniser leurs façons de faire pour s’adapter à cette réalité.

La position de la CCC sur le changement climatique est que le gouvernement du Canada peut soutenir la transition durable et écologique des entreprises canadiennes en veillant à ce que les politiques environnementales ne créent pas involontairement des « désincitations » à investir au Canada. »