Me Marie-Douce Huard. Source: Site web de Langlois
Me Marie-Douce Huard. Source: Site web de Langlois
Langlois Avocats serait-il en ébullition ?

De l’extérieur, du moins, c’est l’image que projette le cabinet.

Après avoir intégré l’équipe de Séguin Racine, Langlois accueille aujourd’hui Marie-Douce Huard, jusqu’ici associée propriétaire chez Cain Lamarre à Québec.

Elle y travaillait depuis novembre 2001, l’année de son admission au Barreau.

« L’arrivée de Me Huard, dont la réputation est établie, s’inscrit dans la croissance que nous avons amorcée dans l’industrie de la construction au cours des dernières années, incluant l’arrivée d’une dizaine de professionnelles au sein de notre équipe », soutient Jean Patrick Dallaire, associé, responsable du groupe construction.

Jointe par Droit-inc, la principale intéressée évoque une décision « personnelle » et « réfléchie », qu’elle soutient avoir prise pour elle-même. Une façon de dire qu’elle recherchait de nouveaux défis et qu’elle désirait « élargir » sa zone de confort.

Entretien.

Vous étiez jusqu’à aujourd'hui l’avocate d’un seul cabinet. Pourquoi avez-vous décidé de vous joindre à Langlois après 20 ans chez Cain Lamarre ?

Ce n’est pas très compliqué. Une opportunité s’est présentée. À ce moment de ma carrière, je me questionnais sur mon développement professionnel. Langlois m’a approchée avec un collègue (Jean Patrick Dallaire, NDLR) que je connaissais très bien. Nous avons travaillé quelques fois ensemble.

Après avoir analysé sa proposition, j’ai décidé, pour une fois, de penser à moi. J’avais envie de me concentrer sur un nouveau défi. Je désirais élargir ma zone de confort. Aujourd’hui, je recommence un peu à zéro, avec du nouveau monde, un nouveau défi et de nouveaux objectifs. J’en avais besoin. Ça me manquait. Je suis une fille qui carbure aux projets.

Mon développement professionnel avait aussi été mis de côté depuis quelques années. Quand la proposition de Langlois est arrivée, je me suis dit “pourquoi pas ?”. Ce n’est pas plus compliqué.

Et ce n’est rien, rien, rien contre Cain Lamarre. Le cabinet aura toujours une place particulière dans mon cœur. J’y travaillais depuis 20 ans. Je l’ai vu grandir, j’y étais impliqué énormément. J'adore les gens qui y travaillent. C’est plutôt une décision personnelle.

Si nous comprenons bien, il s’agit d’une opportunité et d’une décision personnelle. Mais vous dites également que votre développement professionnel était mis de côté. Est-ce parce que chez Cain Lamarre…

Non, pas du tout. C'est par choix. Disons que j’avais décidé, chez Cain, de m’impliquer à l’interne, sur des projets liés au recrutement et à la gouvernance.

C’est quelque chose que j’adore, mais j’en ai fait pendant longtemps. Après la gestion interne et la coordination interne, pourquoi ne pas essayer le développement professionnel et la gestion externe ?

Le moment me semble bien choisi. Je considère que je suis jeune dans ma carrière. Avec encore une vingtaine d’années professionnelles devant moi, je désirais me lancer.

Que signifie se concentrer sur le développement externe ?

Au lieu de me concentrer sur le développement interne, en organisant, par exemple, des activités de structure interne, j’ai envie d’être impliqué à l’externe.

J'aime énormément m'impliquer dans tout ce qui se rapporte au leadership au féminin, à la place des femmes dans un milieu non traditionnel – Me Huard est spécialisée en droit de la construction, un milieu où les femmes sont réputées peu présentes, NDLR.

Même chose pour le leadership. J’ai délaissé ce genre d’activités au cours des deux ou trois dernières années. Je désire maintenant me “réimpliquer” dans de telles associations. J’ai aussi envie de mesurer mon potentiel professionnel, d’aller chercher des clients et de leur offrir un service à la hauteur de mes compétences.

Dans cette optique, comment votre quotidien chez Langlois pourrait-il se différencier de votre quotidien chez Cain Lamarre ?

Difficiles à dire, car je commence, mais dans les discussions qui ont précédé mon arrivée, nous voyions pour moi un rôle dans le développement du marché de la région de Québec, ainsi qu’un rôle dans l’implication des femmes au sein du cabinet.

Nous verrons le reste en temps et lieux. Je suis censé m'asseoir avec eux pour déterminer où je veux m’impliquer, où je désire être plus visible, quelles sont les associations que je désire rejoindre, etc. Nous sommes en analyse de tout ça pour le moment.

Comment prépare-t-on une telle transition ? Après vingt ans à un même cabinet, il s’agit sans doute d’une tâche colossale, non ?

Comment dire ? Non (rires). C’est une décision réfléchie, qui ne date pas d’hier. Jean Patrick a soulevé la possibilité, mais, à l’époque, je n’y pensais pas du tout. Au fil du temps, j’ai commencé à y réfléchir.

Je suis quelqu’un de très fidèle et de très loyal. Je ne me voyais pas du tout quitter Cain Lamarre. C’est seulement après l’été (2021, NDLR), après y avoir réfléchi durant mes vacances, que je me suis dit “pourquoi pas ?”

Vint ensuite l’effet “boule de neige”. J’ai réfléchi, j’hésitais, je n’étais pas convaincue, j’ai parlé avec beaucoup de personnes, car ce fut une décision difficile. Ce n’est pas quelque chose qui n’allait pas (chez Cain Lamarre, NDLR). C’est plutôt une décision personnelle, qui, même si elle est réfléchie, ne m’a pas empêchée d'hésiter jusqu’à mon annonce officielle (rires).

(...) Ce fut très émotif, mais, en même temps, très rapide, à partir de l’annonce de ma décision. Pour Cain, aussi. C'est normal qu'on ne veuille pas que quelqu'un reste trop longtemps, et, moi, émotivement, je pense que je n'aurais pas été capable de rester plus longtemps.

Vous dites “à l'époque” en faisant allusion à Jean Patrick Dallaire, et vous parlez d’une décision “réfléchie”. À quel moment cette réflexion a-t-elle commencé et s'est-elle terminée ?

Il m’en a parlé pour la première fois il y a un an et demi environ. Mais, à l’époque, c’était lors d’une discussion informelle. C’est rentré par une oreille et c’est sorti par l’autre. Mon réflexe a été de dire “non” sans vraiment y réfléchir (rires).

Poursuivez-vous un ou des objectifs pour l’année en cours ?

D'un point de vue plus personnel, je dirais de m'intégrer à l’équipe. Je les connais pour avoir travaillé avec eux sur différents dossiers. Je les respecte énormément. La première semaine de mon arrivée, j'ai trouvé les gens super chaleureux, super accueillant. Avec la COVID-19, ce n'est pas évident, car la moitié des employés sont en télétravail. Je veux être partie prenante de cette équipe.

D’un point de vue plus professionnel, j’ai assisté à une conférence sur “Le Moi inc.”, alors je dirais de me faire voir (rires). Je veux recommencer à m’impliquer dans les associations de femmes et de leadership au féminin ou encore les associations de construction.