Alors la jeune femme de 25 ans nous a ouvert les portes de son association pour expliquer pourquoi sa fac est aussi bonne que les autres !

Christine Normandin n’en est pas à ses débuts d’étudiante. Elle a commencé en droit, après avoir obtenu un Bac en sciences biomédicales à l’UDEM. On la sent à sa place dans le petit local de l’AED, situé dans le bâtiment des sciences de l’éducation de l’Université, comme si cela devait rester confidentiel que l’UQAM forme des avocats.

Droit-inc.com: Pourquoi vous-êtes vous investie dans l’AEDUQAM ?

Christine Normandin: La fonction de Présidente est venue naturellement, après deux ans passés à l’exécutif de l’association. Je suis une impliquée chronique. Il n’y a pas de cure pour ça. Je ne suis pas capable de me mettre le nez juste dans les études. D’ailleurs, heureusement que j’aime ça car ça me prend autant de temps que mes études.

Êtes-vous consciente qu’il y a encore des préjugés négatifs sur l’UQAM ?

Oui, j’en ai même fait les frais. Après mon premier bac à l’UDEM, j’ai appliqué en droit dans cette université et à l’UQAM. Quand j’ai choisi l’UQAM, histoire de changer d’air, ma famille n’était pas d’accord. J’ai bien fait de m’entêter car je suis à l’UQAM comme un poisson dans l’eau. L’entente entre les étudiants est excellente et c’est moins compétitif.

D’où viennent ces préjugés ?

Déjà, la formation en droit à l’UQAM est jeune, alors l’université doit faire ses preuves. Il y a un bac en droit seulement depuis 8 ans, avant cela s’appelait sciences juridiques. Les préjugés s’expliquent aussi car il y a peu d’étudiants qui ont placé les pieds dans des grandes entreprises ou dans des grands bureaux après l’UQAM. Comme les recruteurs ne sont eux-mêmes pas sortis de cette université, ils sont peu enclins à nous recruter. Le créneau de l’UQAM également joue contre sa réputation.

Le créneau ?

Oui, nous sommes très réputés en droit du travail coté syndicat, droit communautaire et droit autochtone, moins en droit corporatif, malgré les récentes embauches de professeurs en cette matière. Ca nous donne une réputation de hippie.

Certains des préjugés sont-ils avérés ?

Non ! La preuve : on réussit mieux le barreau à l’UQAM qu’à Mc Gill. En fait, tous les ans, on s’échange la première place, avec Sherbrooke.

Êtes-vous atteinte par les mauvais commentaires portant sur l’UQAM ?

Oui, en particulier, quand tout le monde crie au trucage quand on gagne un prix !

En tant que Présidente, que faites-vous pour faire évoluer les mentalités ?

J’ai la chance d’avoir noué des relations amicales avec les membres de l’exécutif des AED de Mc Gill et de l’UDEM. On a maintenant des projets communs. On s’entraide en s’informant des conférences ayant lieu dans nos universités respectives. J’entretiens aussi les liens historiques entre l’UQAM et Laval. Ces bonnes relations, qui nous font connaître, contribuent, je crois, à changer les mentalités. Si j’arrive à redorer tranquillement le blason de l’université, tout en cultivant ses différences, j’aurai accompli mon mandat. Le changement est d’ailleurs en marche. Les cabinets viennent de plus en plus à nous. Quant à la fonction publique, elle nous court après !