Question

Titulaire d'un doctorat obtenu en France et ayant plusieurs années d'expérience dans l'enseignement au supérieur, je me demande ce que je peux bien valoir sur la marché du travail québécois. Dois-je reprendre des études? Combien de temps? Y a-t-il des spécialités recherchées?

Merci de votre réponse.


Réponse

Je vais répondre au premier volet de votre question: ce que peux valoir un juriste étranger sur le marché du travail québécois.

La réponse: pas grand chose ...désolée

Il faut faire la distinction entre la valeur "intrinsèque" et la valeur "marchande" d'un candidat. Certes, l'expérience acquise par un juriste étranger peut s'avérer fort impressionnante, sur papier, tout comme sa formation académique. Par contre, il y a fort peu de preneurs ici pour un tel profil.

Oui, certaines entreprises ayant des activités à l'international pourraient profiter d'une expertise étrangère. Par contre, leur besoin est-il assez grand pour occuper une personne à temps plein ici? Leur besoin correspond-il au profil du candidat étranger qui est qualifié dans une juridiction spécifique et dans un champ de pratique particulier? Les besoins juridiques des entreprises à l'international sont souvent multi juridictionnels et touchent plusieurs domaines du droit. Les entreprises préfèrent ainsi retenir les services d'avocats spécialisés à l'étranger pour répondre à leurs besoins précis.

Quant aux cabinets, il faut se poser la question suivante: pourront-ils vendre de façon rentable l'expertise spécifique d'un tel avocat auprès de leur clientèle? Il est difficile d'occuper à temps plein un candidat étranger. Encore une fois, on préfère avoir des correspondants ou carrément une place d'affaires à l'étranger pour répondre aux besoins internationaux ponctuels des clients d'ici.

Finalement, pour un candidat possédant des études supérieures en droit, une porte s'ouvre, ou plutôt s'entre-ouvre, du côté académique et en enseignement.

Conclusion: théoriquement, il y a très peu de demande pour les candidats étrangers dans le milieu juridique québécois. L'expérience acquise à l'étranger est transférable de façon très limitée. Sans dire qu'il faut remettre le compteur à zéro, il faut être prêt à retourner aux études et partir presqu’au bas de l'échelle pour acquérir une expérience "locale".

Au plaisir.

Caroline Haney


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