Jean-Robert Nadeau n’est plus… Source: Facebook
Jean-Robert Nadeau n’est plus… Source: Facebook
Me Jean-Robert Nadeau s’est éteint après des carrières de journaliste, de membre du cabinet du ministre de la Justice, et de procureur de la Couronne.

Jean-Robert Nadeau avait étudié à l’Université Laval, dont il était diplômé d’une licence en droit. Il débute sa carrière professionnelle comme journaliste à Radio-Canada où il entre en 1970.

En 1977, il entre comme attaché de presse au cabinet de Marc-André Bédard, qui était le ministre de la Justice du Québec dans le premier cabinet du gouvernement de René Lévesque. C’est à cette époque qu’est créé le Conseil de la magistrature, la réforme du droit de la famille, la réforme du Code civil et celle de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.

« Jean-Robert Nadeau était responsable des dossiers sectoriels, comme le secteur des procureurs de la Couronne et du procureur général », se souvient Jean-Claude Scraire, qui était alors le directeur de cabinet de Marc-André Bédard. « Comme le ministre de la Justice était très actif en terme de législation, Jean-Robert a piloté de nombreux projets de loi. Il savait tout ce qui se passait; il était l’encyclopédie des projets de loi. »

Jean-Claude Scraire, lui-même avocat de formation qui deviendra le pdg de la Caisse de dépôt et placement du Québec, se rappelle des soupers des membres du cabinet. « Jean-Robert était un bon blagueur », souligne-t-il.

Me Nadeau deviendra le chef de cabinet du ministre de la Justice. C’est à cette époque que Stéphane Bédard, fils de Marc-André Bédard, et qui deviendra lui-même président du Conseil du Trésor dans le gouvernement de Pauline Marois, fait la connaissance de Jean-Robert Nadeau. « Jean-Robert complétait parfaitement Marc-André, se rappelle-t-il. Je ne pense pas que Marc-André ait prononcé des mots sans que Jean-Robert en ait tiré les premiers traits », dit-il en soulignant « la plume extraordinaire » de l’avocat.

« C’était quelqu’un qui marchait côte à côte avec Marc-André, de façon discrète, sans avoir la lumière, mais avec une efficacité redoutable, une érudition et une intelligence rares, salue Stéphane Bédard, désormais avocat. Il était une des forces de ce gouvernement. »

Le cabinet avait été confronté aux suites de la Crise d’Octobre, à l’espionnage du Parti Québécois, au retour des felquistes, aux questions sur Morgentaler et l’avortement, énumère Stéphane Bédard. « Les décisions prises ont eu des conséquences importantes pour la société québécoise. »

Si Jean-Robert Nadeau ne cherchait pas la lumière, « il était profondément habité par l’idée que le Québec devait devenir un pays. Il n’a jamais eu de doute à ce sujet », témoigne Stéphane Bédard.

En 1982, Jean-Robert Nadeau reprend son activité d’avocat. Il sera nommé procureur de la Couronne, une fonction qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 2009. Il conservera toujours un lien avec Marc-André Bédard. « Ils ont gardé une complicité, témoigne Stéphane Bédard. Rares étaient les semaines où ils ne se parlaient pas. »

Lorsque le Parti québécois revient au pouvoir en 2012, Jean-Robert Nadeau est engagé comme conseiller spécial auprès du ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron.

« Ses convictions et sa curiosité l’amenaient toujours à parler de politique, indique Stéphane Bédard. On parlait de droit, et on finissait toujours par parler de politique. (…) La politique était plus qu’une implication pour lui. C’était sa vie.»