Mes Justin Wee et Maryse Lapointe. Sources: Radio-Canada et site web de Lapointe Legal
Mes Justin Wee et Maryse Lapointe. Sources: Radio-Canada et site web de Lapointe Legal
Une demande d’action collective a été déposée vendredi dernier contre le centre de services scolaire de l’Or-et-des-Bois (CSSOB), qui dessert des écoles primaires et secondaires de l’Abitibi, pour des agressions sexuelles commises par un enseignant entre 1972 et 1993.

Jacinthe Boisvert-St-Laurent dit avoir été agressée par l’enseignant de français Jean-Pierre Colas, de la polyvalente Le Carrefour, à Val-d’Or, en décembre 1987. Les faits se seraient produits au domicile de l’enseignant.

Elle affirme que sa mère a dénoncé la situation à un dirigeant de la polyvalente quelques jours après l’agression. Celui-ci aurait admis que le problème était connu de la polyvalente, mais que rien ne pouvait être fait.

« Nous alléguons que la direction a fait preuve d’aveuglement volontaire », soutient Me Maryse Lapointe du cabinet Lapointe Legal, qui a déposé l’action en compagnie de Justin Wee, d’Arsenault Dufresne Wee.

La CSSOB est pour sa part représentée par Bernard Jacob et Jean-Claude Girard, de la Morency Société d’avocats.

Me Bernard Jacob. Source: Site web de Morency Société d’avocats
Me Bernard Jacob. Source: Site web de Morency Société d’avocats
Enseignant pendant 21 ans et entraîneur de water-polo au Carrefour, Jean-Pierre Colas a été accusé et reconnu coupable d’attouchements sexuels sur une autre victime mineure, six ans plus tard, en 1993. Il a écopé d’une peine de 20 mois de prison. Il est décédé en 2017 à l’âge de 76 ans.

Dans leur requête, les avocats de la demanderesse soutiennent que les différents documents de Cour permettent d’identifier au moins trois à six victimes différentes de Jean-Pierre Colas.

« C’est toujours difficile à évaluer, mais à la lumière de la façon dont les faits se sont passés pour les victimes identifiées, Jean-Pierre Colas semblait avoir un pattern de viser certains étudiants ou étudiantes à chaque année. Il pourrait y avoir au moins une victime par année », selon Me Lapointe.

Dans une déclaration écrite, Jacinthe Boisvert-St-Laurent estime que « la commission scolaire, par son laxisme, a détruit la vie, l’émotionnel, le relationnel et l’estime de nombreux enfants pour lesquels le traumatisme a empoisonné leur vie adulte ».

Jacinthe Boisvert-St-Laurent a choisi d’agir à visage découvert afin d’inciter d’autres victimes à contacter ses avocats et s’inscrire à l’action collective.

« C’est un geste important de sa part, estime Me Lapointe. La plupart des victimes d’agressions vont demander d’agir de façon confidentielle. Elle voulait porter son message et inciter plus de gens à la rejoindre dans sa recherche de justice ».

Le processus pourra uniquement aller de l’avant si la Cour supérieure accepte d’entendre l’action collective.

Les avocats ont fixé à 600 000 $ par victimes les dommages qui seront demandés.

« Toutes les personnes qui auraient été agressées sont automatiquement impliquées dans l’action collective et elles seront en droit à une indemnité après un procès ou un éventuel règlement. Pour savoir qui elles sont, elles doivent nous contacter pour que nous puissions récolter leurs informations Elles pourront garder leur confidentialité pendant le processus légal », conclut Me Lapointe.

La direction du Centre de services scolaire de l'Or-et-des-Bois a fait savoir par courriel qu’elle n’entend pas réagir à cette nouvelle pour l’instant.