Pierre-Christian Labeau. Source: Site web de Fasken
Pierre-Christian Labeau. Source: Site web de Fasken
Pierre-Christian Labeau n’est pas un inconnu dans la Capitale-Nationale. Fraîchement recruté par Fasken, il a passé plus de 20 ans au sein de la Direction du droit autochtone et constitutionnel du ministère de la Justice, où il était conseiller juridique.

Avant de faire le saut chez Fasken, Me Labeau a aussi accompagné pendant près de dix ans des développeurs de ressources naturelles dans la négociation d’ententes avec les communautés autochtones chez Norton Rose Fulbright.

Ce qui l’a convaincu de changer de bureau? « La grande expertise et le nombre de clients impressionnants que Fasken possède, notamment dans le secteur minier », explique-t-il en entrevue.

Délicate conciliation

Comme le souligne le Barreau 1988, tout ce qui est lié aux projets miniers implique, dans la très grande majorité des cas, des discussions et des négociations avec les communautés autochtones.

« Compte tenu de mon expertise en droit autochtone, il y avait pour moi un lien évident à faire pour continuer de développer ma pratique dans ce domaine », ajoute-t-il.

Chez Fasken, l’avocat conseille des clients qui proposent des projets miniers, forestiers et énergétiques pouvant avoir des impacts sur les communautés autochtones.

Pour Me Labeau, le plus grand enjeu auquel doit faire face le secteur des ressources naturelles en est un de compromis.

« Il faut concilier le développement de ces ressources avec les droits et les intérêts des peuples autochtones partout au Canada. Il faut faire en sorte que ces projets-là soient respectueux de leurs droits tout en leur permettant d’en profiter au chapitre du développement économique », estime ce dernier.

Faire sa place

La pratique de Pierre-Christian Labeau n’a pas changé malgré sa nouvelle carte d’affaires. Son poste s’inscrit plutôt dans la continuité. « La différence, c’est que j’élargis beaucoup ma base de clientèle grâce à l’expertise de l’équipe. »

Pour l’année en cours, ses objectifs sont doubles. « Je veux à la fois me faire connaître et apprendre à travailler avec les clients du cabinet. Je compte par ailleurs introduire mes propres clients pour que ceux-ci connaissent davantage les expertises de Fasken, qui a une équipe de haut calibre en environnement », précise-t-il.

Un parcours utile

Bien que ses deux décennies comme employé de l'État ne lui manquent pas nécessairement, elles lui servent encore aujourd’hui.

« C’est une période qui a été très formatrice pour moi, avec des dossiers vraiment intéressants. Ça me permet d’intégrer dans ma pratique toute ma perspective des enjeux plus larges qui impliquent les autochtones et leurs relations avec les provinces et le gouvernement fédéral. »

Il faut dire que Me Labeau s’y connaît en la matière. Il agit depuis plusieurs années comme négociateur en chef pour le gouvernement du Québec dans le cadre des négociations territoriales avec les Innus ainsi qu'avec le Conseil de la nation atikamekw.

« Je négocie, au nom du gouvernement, les revendications de ces communautés. J’ai donc continué une pratique plus gouvernementale en parallèle de mes conseils juridiques aux entreprises privées », souligne celui-ci.

Pour les curieux, ces négociations territoriales progressent lentement. « Ce sont des dossiers complexes, mais ça avance. Toutes les parties veulent un résultat. Elles veulent ouvrir de nouvelles perspectives en termes de développement et de relations avec les gouvernements et le milieu régional. »

Me Labeau a donc du pain sur la planche pour les années à venir.