Depuis le début des travaux de la commission d'enquête qu'il préside, et qui vise à faire toute la lumière sur le processus de nomination des juges, M. Bastarache est intervenu à deux reprises, le 14 juin et le 7 septembre, pour exhorter les parties impliquées à ne pas commenter la preuve publiquement, de manière à ne pas nuire au bon déroulement des travaux.

Malgré cela, jeudi matin, le whip en chef du gouvernement, Pierre Moreau, a commenté les derniers développements, en marge d'une réunion du caucus des députés libéraux.

Selon lui, il ne faut pas croire que la commission est en train de se transformer en procès de l'ex-ministre Marc Bellemare.

Contrairement à ce que d'aucuns prétendent, à la suite de l'expertise d'écriture des notes prises par le témoin principal, il n'y a pas de déséquilibre des forces en présence, qui se ferait au détriment de M. Bellemare, a-t-il ajouté, en point de presse.

"On ne doit pas voir là un déséquilibre, au contraire. Quand on s'avance sur la place publique de façon volontaire et quand on a détenu des positions aussi importantes que celles de M. Bellemare, on doit s'attendre à ce que les gens nous posent des questions sur des allégations qu'on veut être des allégations-choc", a-t-il commenté.

Il faut voir "si ces allégations-là tiennent la route", a ajouté le député.

Ce n'est pas la première fois que M. Moreau commente publiquement le déroulement des travaux, comme l'avait fait avant lui le premier ministre Jean Charest, dès le début de la commission.

Jeudi, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, s'est permis lui aussi quelques commentaires, mais pas sur la preuve elle-même. Il a plutôt choisi de rabrouer la chef péquiste, Pauline Marois, qui, à ses yeux, a manqué de respect envers la commission Bastarache.

"Il faut éviter de porter des quolibets du type de ceux que Mme Marois a prononcés", a-t-il soutenu, avant d'ajouter: "franchement, un peu de respect" pour la commission et ses travaux.

Mardi, en entrevue à La Presse Canadienne, la chef péquiste avait déploré un déséquilibre à la commission, estimant que les avocats du gouvernement, de Jean Charest et du Parti libéral du Québec (PLQ), conjuguaient leurs efforts pour démontrer que "toute la commission est au service de Jean Charest".

"Quand trois avocats font front et que l'autre est seul au front, ça ne m'apparaît pas équitable", avait-elle ajouté.

Dès le premier jour des travaux de la commission, le premier ministre avait convoqué la presse pour commenter les travaux et nier en bloc les déclarations faites sous serment, quelques heures plus tôt, par M. Bellemare, qui alléguait avoir été soumis à l'influence indue d'un collecteur de fonds du parti, Franco Fava, soi-disant proche de M. Charest, pour nommer des juges.