Me Christine Nasraoui. Sources: Sites web de Merchant Law Group LLP et de Johnson & Johnson
Me Christine Nasraoui. Sources: Sites web de Merchant Law Group LLP et de Johnson & Johnson
Une requérante demande à la Cour Supérieure la possibilité de mener une action collective contre Johnson & Johnson.

Julie Chouinard, une résidente domiciliée au Québec, allègue notamment que Johnson & Johnson et Johnson & Johnson Inc. n’ont pas informé leurs clients d’un danger important lié à l’utilisation de certains de leurs produits, en particulier le Tylenol, par les femmes pendant leur grossesse.

À savoir, le possible développement de troubles du spectre autistique ou un déficit de l’attention (TSA), trouble d’hyperactivité (TDAH) chez l’enfant, selon plusieurs études et rapports médicaux cités dans la demande.

Mme Chouinard est représentée par Me Christine Nasraoui, de Merchant Law Group LLP, cabinet basé en Saskatchewan, à Régina.

L’acétaminophène, vendu au Canada depuis 1961, est un ingrédient actif présent dans le Tylenol et d’autres produits similaires. Il s’agit d’un analgésique et d’un réducteur de fièvre en vente libre largement utilisé pour traiter les douleurs légères à modérées causées par les maux de tête, de dos, l’arthrose, les menstruations, le rhume, la grippe…

Cet ingrédient, commercialisé depuis longtemps par les défendeurs aux femmes enceintes, est présenté comme une option « sûre » pour « soulager la douleur et la fièvre pendant la grossesse », précise la requérante, et a d’ailleurs souvent été utilisé comme « le seul analgésique en vente libre sans danger pendant la grossesse ».

Plusieurs rapports

Cette perception a pourtant changé l’année dernière, peut-on lire dans la demande, avec la publication de nouveaux rapports médicaux sur l’utilisation du Tylenol pendant la grossesse.

Dans le numéro de septembre 2021 de la revue Nature Reviews Endocrinology, la requérante précise qu’une déclaration de consensus d’un groupe de 91 médecins de premier plan indique que l’utilisation de Tylenol ou d’acétaminophène pendant la grossesse n’est pas sûre et peut augmenter le risque de TSA ou de TDAH.

Dans la demande, on peut lire qu’au cours de la dernière décennie, un nombre croissant d’études scientifiques, dont plusieurs sont citées, aurait soulevé de plus en plus d’inquiétudes quant à la corrélation entre l’exposition prénatale à l’acétaminophène et le développement de ces troubles.

Les défendeurs ont conçu, développé, fabriqué, distribué et vendu les produits en cause dans cette affaire. Ils sont notamment accusés dans cette demande de négligence, de manquement à leur devoir d’information, et même d’avoir « diffusé des informations fausses, trompeuses et biaisées concernant la sécurité des produits » cités.

Au nom des parents et enfants du Québec

La requérante souhaite intenter ce recours collectif au nom de tous les parents au Québec ayant un enfant dont la mère biologique a régulièrement ingéré pendant sa grossesse du Tylenol ou tout autre produit contenant de l’acétaminophène seul ou en combinaison avec d’autres médicaments énumérés dans la demande. Des parents dont l’enfant a ensuite développé un TSA ou un TDAH.

Elle souhaite également intenter ce recours au nom de tous les enfants dont les parents relèvent de la définition ci-dessus et qui a développé un TSA ou un TDAH (ou toute définition de classe similaire pouvant être prescrit par le tribunal).