Pour tenter de mettre un terme au climat malsain qui prévaut depuis plus d’un an dans l’usine, les parties ont décidé de faire appel aux services de l'ancien premier ministre du Québec comme médiateur spécial.

«On espère que cela va aider à mettre fin à l'escalade. On veut essayer de briser ce cercle vicieux qui nous amène à nous parler uniquement par le biais de poursuites juridiques», a déclaré au Nouvelliste le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse.

La suggestion de faire appel au signataire du manifeste des Lucides comme président de l'Association pétrolière et gazière du Québec «provient de la direction de la FTQ et de celle du Syndicat des Métallos».

«Lucien Bouchard est un médiateur reconnu et nous avons bon espoir qu'il pourra aider à rétablir un climat propice à la discussion», a ajouté le dirigeant syndical.

L’associé chez Davies Ward Phillips et Vineberg se voit régulièrement confier des mandats de médiation en droit du travail. Récemment, Lucien Bouchard a ainsi été négociateur dans le dossier Olymel et médiateur spécial dans le conflit opposant Pétro-Canada et ses employés.

La direction de l’aluminerie croit quant à elle que M. Bouchard «amènera une vaste expérience dont il fera profiter les deux parties afin de favoriser la recherche de solutions».

La première étape de ce processus sera une rencontre entre Me Bouchard et les deux parties, prévue dans les prochains jours.

« La suite des événements sera déterminée par l'issue de cette rencontre», a indiqué l'entreprise par voie de communiqué de presse.

La direction et les employés de l’aluminerie Bécancour se livrent à une véritable guerre depuis que la direction a imposé une réduction du temps de travail en 2009 pour faire face à la crise économique, avant de récidiver au début de 2010.

Depuis, la direction et le syndicat s’échangent griefs, restructurations, recours juridiques et moyens de pression.