Comment faire?

Il faut d’abord évaluer le contexte dans lequel s’inscrit la négociation salariale. Ainsi, il faut être sensible à la situation financière de l’entreprise, sa croissance et les perspectives d’avenir.

On peut vous apprécier grandement mais il peut arriver que des événements hors du contrôle de l’employeur l’empêchent de délier les cordons de la bourse pour vous compenser à votre juste mesure.

Si votre employeur connaît des difficultés financières temporaires, par exemple à la suite d’une acquisition ou un investissement qui tournent mal, le moment est bien mal choisi.

En temps difficiles, tout le monde travaille fort et doit se serrer la ceinture! Par contre, quand la situation sera rétablie, on devrait alors vous récompenser de votre sagesse et vous remercier d’être resté à bord pendant la période tumultueuse. Si on oublie vos sacrifices quand la situation est rétablie, vous aurez à ce moment des choix à faire.

Également, si votre employeur évolue dans un secteur en décroissance, il peut être difficile de trouver les ressources financières pour augmenter la masse salariale.

Par contre, en temps de crise, on peut avoir besoin de certains employés clés, pour permettre le redressement ou le repositionnement de l’entreprise.

Ainsi, pour compenser le risque encouru par l’employé, il peut y avoir une surenchère des salaires pour conserver ou attirer le talent nécessaire. Le bonus de rétention est aussi utilisé pour vous inciter à rester. Il peut donc arriver que la crise joue à votre avantage sur le plan salarial!

Il faut aussi tenir compte du marché de l’emploi en général. Y a-t-il une pléthore de postes offerts dans le milieu juridique ou sommes-nous en période d’anorexie de postes?

On se souviendra des années 1991-1992 où les emplois se faisaient rares dans le milieu juridique ou plus récemment fin 2001 début 2002. Dans ce contexte, il faut se compter chanceux d’avoir un emploi rémunéré.

Après tout, si vous n’êtes pas content de votre situation, quatre autres personnes attendent en ligne pour prendre votre place. La gourmandise sur le plan salarial peut vous coûter cher si vous ne faites pas attention!

Il faut ensuite déterminer quel est le prix du marché pour le produit en vente, en l’occurrence, vous, en commençant par vous demander si votre profil est en demande. Plus le produit est en demande, plus les prix montent. Pas d’acheteur, les prix baissent!

Disons par exemple qu’il y a une plus forte demande pour des avocats pratiquant en droit commercial qu’en droit autochtone. On peut ainsi être l’un des top experts dans ce dernier domaine mais, s’il n’y a pas de demande sur le marché, les employeurs ne se bousculeront pas à votre porte pour vous faire des offres mirobolantes.

Malgré votre expertise poussée et unique, votre valeur est grandement affectée par le manque d’emplois disponibles.

Si vous possédez par contre une expertise qui est relativement en demande, les enchères montent, mais comment faire pour déterminer votre valeur?

Réponse dans la prochaine chronique…

Caroline Haney est président de Recrutement juridique Haney