Pas facile de passer d’un poste ministériel à un retour à la pratique en cabinet. Pourtant, Jacques Dupuis avait fait le saut, à la suite de la fin de son mandat de ministre de la justice.

À l’époque les spéculations allaient bon train pour savoir vers quel cabinet il allait porter son choix.

Depuis août dernier, Jacques Dupuis officie en tant qu'avocat conseil chez Anderson Sinclair
Depuis août dernier, Jacques Dupuis officie en tant qu'avocat conseil chez Anderson Sinclair
Quittant le gouvernement en août 2010, il opte finalement pour Rochefort & Associés, où il prend un poste d’avocat-conseil en février 2011. Un expérience qui se déroule sans encombre, jusqu’à ce que... il soit démarché.

"Je n’étais pas malheureux chez Rochefort & Associés mais après ma rencontre avec les gens du cabinet Anderson Sinclair, les liens qu’ils ont avec Toronto par le biais de leur bureau, leur développement d’affaires dynamique, et eu égard à ce que je voulais faire dans ma carrière, j’ai trouvé que ce serait intéressant de les rejoindre", indique Me Dupuis.

Une question d’opportunité, résume le nouvel avocat-conseil du cabinet Anderson Sinclair à son poste officiellement depuis le mois d'août. Une arrivée qui coïncidait avec les règles de fin de mandat de l’ex-ministre de la Justice.

"J’ai voulu respecter cette période et les règles selon lesquelles nous n’avons pas le droit de faire du lobby ou de nous associer avec des entreprises que nous avons rencontrées pendant notre mandat", ajoute-t-il.

Une période qui a pris fin précisément le 9 août.

Départ en douceur

En mai dernier, il quitte Rochefort & Associés. Un départ en douceur si l’on en croit Jacques Dupuis : "Me Rochefort a très bien compris mes raisons et je reste en très bons termes avec eux."

Et si Anderson Sinclair, a approché Jacques Dupuis, ce n’est pas par hasard. Jean Laporte, ancien président de Rogers Communication pour l’Est du Canada est l’artisan de ce rapprochement.

"Je le connais bien car c’est un ami, et c’est lui qui m’a mis en relation avec Anderson Sinclair, ajoute Me Dupuis. Les gens de ce cabinet spécialisé en droit bancaire, prêt hypothécaire, sont des personnes de 35-40 ans qui souhaitaient s’adjoindre "Une tête grise" c’est pour cela qu’ils m’ont approché."

Là depuis près de deux mois maintenant, Jacques Dupuis prodigue ses conseils en matière de stratégie, d’orientation de dossiers, et rencontre des clients.

"J’ai de vraies fonctions d’avocat conseil donc je ne plaide pas et je n’ai pas de clients."

La plaidoirie, le droit criminel, les tribunaux, la politique... tout ceci ne lui manque pas.

"Je ne m’ennuie pas car j’ai beaucoup plaidé au tribunal et à l’Assemblée, dit-il en riant, et aujourd’hui j’ai plus le goût de donner des conseils que d’être conseillé ou d’agir moi-même."

De plus, "J’ai été ministre de la justice et ça mettrait tout le monde mal à l’aise si je me présentais pour plaider devant le tribunal... et puis surtout je n’ai pas plaidé depuis 12 ans !"

Conseils stratégiques

En parallèle, il fait également du conseils stratégiques en matière de gestion de crise pour Fetch Consultants, uns structure au sein de laquelle il agit notamment avec un autre associé d’Anderson Sinclair, Sébastien Leblond.

Depuis le mois d’août, Me Dupuis est bien occupé.

"Nous sommes dans une période de développement d’affaires; nous rencontrons des gens, nous nous faisons connaître et nous sommes en pourparlers avec certain nombre de groupes, ceci afin de faire des choses ensemble", explique-t-il.

Car l’objectif est simple : agrandir le portefeuille clients mais pas uniquement. "On souhaite améliorer le département de litige pur et le département corporatif également et tout le bureau travaille à développer ces champs d’activité."

Quant à Fletch Consultants, la feuille de route varie un peu. "Notre plan est de nous faire connaitre avec Sébastien et d’offrir nos services aux clients qui en ont besoin", conclut-il.