1. Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocate plutôt que de choisir une autre profession ?

De mémoire, je crois bien que mon désir d’être avocate remonte à l’école secondaire. En effet, le droit a toujours été une profession qui m’attirait. J’ai toujours aimé résoudre les questions complexes et difficiles, et je raisonnais de façon plutôt structurée, logique et analytique. Le fait que j’écoutais L.A. Law à la télévision m’a certainement aussi un peu influencée (rires). L’action, l’interaction entre les gens et la nécessité de se montrer créatif me rejoignaient.

J’ai donc d’abord complété un baccalauréat en commerce à l’Université Concordia, ensuite je suis entrée en droit.

2. Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face au cours de votre carrière ?

Aussi longtemps qu'elle s'en souvienne, Miranda Melfi a toujours voulu faire du droit
Aussi longtemps qu'elle s'en souvienne, Miranda Melfi a toujours voulu faire du droit
Mon plus grand défi réside dans le fait d’avoir quitté Fasken pour faire le saut en entreprise chez Stella-Jones. À l’époque, non seulement, je n’avais aucune expérience en entreprise, mais encore moins d’expérience pour mettre en place un service juridique. La compagnie étant un spin-off de Domtar ; tout était à faire. Il fallait mettre la structure en place, rédiger des politiques, etc. Je n’avais jamais rien fait de tout cela ! J’agissais par ailleurs à l’époque comme seule conseillère juridique interne. J’ai adoré l’expérience ! Le sentiment ressemblait un peu à celui d’être membre d’une équipe de construction bâtissant une maison faite sur mesure. C’était fascinant !

3. Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, d’un coup de baguette magique, de quoi s’agirait-il ?

Je suis d’avis que la perception du rôle qu’ont les avocats en entreprise pourrait être meilleure et améliorée. En effet, nous sommes parfois encore perçus comme des gens qui s’en tiennent à régler des problèmes, plutôt que des gens qui sont partie intégrante du processus décisionnel. Quand les gens d’affaires nous impliquent et voient la plus-value que nous sommes susceptibles d’apporter si nous participons dès le départ aux projets, les perceptions changent. Par leur nature, les avocats sont des individus très analytiques, qui peuvent donc voir les choses différemment et suggérer de nouvelles idées et des façons de fonctionner qui minimisent les risques.

4. La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique? Et pourquoi selon vous ?

À mon avis, la perception n’a que peu changé au fil des ans. Dans l’ensemble, la profession est encore mal connue du public en général, qui a souvent tendance à croire que la majorité d’entre nous pratique en litige, alors que ça ne correspond pas à la réalité et qu’il y a évidemment bien plus. La preuve : lorsque j’explique que je travaille en entreprise, plusieurs en concluent spontanément que la compagnie doit souvent être poursuivie pour avoir besoin d’un avocat à l’interne, alors que ce genre de dossiers constitue une partie minime de mon temps ! (Rires).

5. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière et souhaitant devenir, comme vous, chef des affaires juridiques d’une entreprise ?

Il faut bien sûr travailler très fort. Il est également très important de toujours respecter les gens qui nous entourent. Une des autres qualités nécessaires à l’avocat en entreprise est sa capacité d’avoir une vue d’ensemble du problème : cela permet d’avoir une bonne compréhension des enjeux en cause et de bien mesurer les risques, pour ensuite pouvoir se montrer créatif et trouver de bonnes solutions.

La gestion de risques, en entreprise, est par ailleurs un élément essentiel à l’orientation des décisions d’affaires. Plutôt que de préparer le parfait document comme on tente de le faire en cabinet, l’important en entreprise est de rapidement mettre le doigt sur le risque, pour pouvoir faciliter une prise de décision rapide.


En vrac…

• Le dernier bon livre qu’elle a lu : « Before I go to sleep », auteur : S.J. Watson.
• Le dernier bon film qu’elle a vu : « The King’s speech », réalisateur : Tom Hooper.
• Deux expressions qu’elle répète souvent : "At the end of the day, it’s a business decision" et "Don’t overpromise and underdeliver".
• Son péché mignon : sans surprise… les bijoux !
• Son restaurant préféré : La Serenata (53 Boulevard Brunswick à Dollard-des-Ormeaux).
• Un pays où elle aimerait retourner : l’Italie.
• Si elle n’était pas avocate, elle serait… photographe !


Bio

Miranda Melfi est Vice-présidente, Affaires juridiques et secrétaire corporatif de Birks & Mayors Inc. depuis avril 2006.
Birks & Mayors Inc. est une compagnie cotée sur la NYSE MKT et elle est un chef de file du commerce de détail. La compagnie possède 59 bijouteries de prestige au Canada et aux États-Unis principalement sous les noms "Birks" et "Mayors".
Membre du Barreau du Québec depuis 1991, Me Melfi a amorcé sa pratique en droit corporatif, commercial et valeurs mobilières au sein du cabinet Martineau Walker (maintenant Fasken Martineau DuMoulin).
Me Melfi possède plusieurs années d’expérience comme conseiller juridique en entreprise et secrétaire corporatif pour des sociétés publiques. De 1994 à 1998, Me Melfi a été Vice-présidente, Affaires juridiques et secrétaire corporatif chez Stella-Jones Inc., une compagnie cotée en bourse dans le domaine de la préservation du bois. De 1998 à 2006, Me Melfi a agi en tant que Vice-présidente, affaires juridiques, Groupe carton plat chez Cascades Inc., une compagnie cotée en bourse dans le domaine des pâtes et papiers.