1. Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocate plutôt que de choisir un autre métier? Histoire de famille, fruit de longues réflexions ou processus d’élimination?

J’ai été poussée vers le droit non pas par influence familiale, mais compte tenu de mon intérêt pour le monde des affaires et parce que le milieu me semblait en être un de dynamique, où les choses changent vite et où il est nécessaire de s’adapter rapidement et de se creuser la tête. En quelques mots, le droit me paraissait intellectuellement stimulant. J’aimais aussi le fait que cette profession impliquait de prendre parti et de défendre un point de vue. Tout de suite après mes études collégiales, je me suis donc dirigée en droit : je savais déjà ce que je voulais faire, même si je ne connaissais évidemment pas, à l’époque, tous les secteurs de la discipline.

2. Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face au cours de votre carrière?

Mon plus grand défi professionnel est survenu en 1994, lorsque nous avons créé le bureau en même temps que de gérer nos pratiques respectives. Alors qu’en 1989 j’avais été impliquée dans une fusion avec un autre cabinet, l’inverse se produisait en 1993 puis, en 1994, venait le temps de créer un nouveau cabinet avec 3 associés et un avocat. Nous étions quatre du groupe d’origine et sommes devenus, un an plus tard, Gascon & Associés.

Le plus grand défi professionnel de Danièle Lalande a été la création de son bureau en 1994
Le plus grand défi professionnel de Danièle Lalande a été la création de son bureau en 1994
Le défi résidait dans la nécessité de continuer ma pratique et de servir mes clients en même temps que de gérer le cabinet. Il y avait une multitude de décisions à prendre en peu de temps, et il fallait s’assurer de poser les bons gestes afin que les clients ne ressentent aucune différence quant à la qualité des services rendus. Vu de l’extérieur, les choses devaient donc rester les mêmes, même si en coulisses beaucoup de décisions se prenaient. C’était beaucoup de stress en même temps, d’autant plus que, sur le moment, il est toujours difficile de mesurer son succès futur. J’ai toujours amélioré ma situation en effectuant différents changements dans ma vie; cela dit, on ne le sait souvent que par après!

3. Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous à la pratique du droit?

Les feuilles de temps!! dit-elle d’abord en riant avant de poursuivre plus sérieusement:

Je voudrais réduire les délais d’attente en litige. Comme je n’en fais plus depuis treize ans, cela dit, cela ne m’affecte plus dans le quotidien.

Je suis cependant toujours d’avis que le litige amène beaucoup de surprises et qu’il est très difficile, dans bien des cas, de prévoir l’issue et le résultat : il existe beaucoup d’incertitude liée aux décisions des tribunaux, ce qui impacte forcément négativement les affaires. Même s’ils se sont améliorés et raccourcis, les délais d’attente sont encore très longs. Je suis ici loin de jeter le blâme à quiconque; je pense simplement que l’on pourrait faire mieux pour le bénéfice de tous.

4. La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique? Et pourquoi, à votre avis?

A mon avis, la réputation des avocats était plus négative à mes débuts en pratique qu’aujourd’hui. Il est, bien sûr, certain que la perception des gens envers certains secteurs du droit ou certains avocats pris isolément peut fluctuer. Néanmoins, je crois que l’on jette moins le blâme qu’avant sur les avocats, si je m’en tiens aux observations que je fais dans les journaux et de par mes contacts sociaux avec des individus autres que les membres de notre profession. Peut-être est-ce un peu dû au fait que les avocats sont descendus – du moins en partie - de leur piédestal?

5. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière et voulant réussir en pratique privée?

Il faut, pour réussir, être très travaillant. Cela implique de non seulement avoir la capacité de travailler par soi-même, mais aussi celle de le faire en équipe, en partageant ses idées. Savoir se montrer organisé facilite aussi beaucoup les choses.

Si j’étais jeune avocate aujourd’hui, je me dirigerais vers les secteurs de droit qui me paraissent les plus porteurs de nouveautés, comme les technologies de l’information notamment, dans la mesure évidemment où le secteur m’intéresserait. En effet, rien ne sert de s’obliger à travailler dans un secteur avec lequel nous n’avons pas d’affinité ou qui nous attire peu. Le jeune avocat doit accepter, surtout dans ses deux premières années de pratique et pour se permettre de découvrir sa « niche », de pas se spécialiser trop vite et de toucher à différents secteurs de droit, tout en évitant, à l’autre extrême, de trop «s’éparpiller».

En vrac…

• Le dernier bon livre qu’elle a lu - Mémoires d’Hadrien (auteur : Marguerite Yourcenar)

• Le dernier bon film qu’elle a vu – Monsieur Lazare (réalisateur : Philippe Falardeau)

• Sa chanson fétiche – Le tour de l’île (Félix Leclerc)

• Son expression préférée – Le mieux est l’ennemi du bien (William Shakespeare), parce que parfois, vouloir trop bien faire n’est guère mieux. Mieux vaut faire ce qu’il est possible de faire.

• Son péché mignon – La gourmandise!! (elle évite d’ailleurs d’acheter des chips, parce qu’elle ne peut leur résister!)

• Son restaurant préféré – Europea (rue de la Montagne, Montréal)

• Les pays qu’elle aimerait visiter – L’Australie et la Nouvelle-Zélande.

• Le personnage historique qu’elle admire le plus, et pourquoi – Benjamin Franklin, parce que c’est quelqu’un de tous les talents. C’était un humaniste, un inventeur, un historien, et un politicien, etc. Un homme polyvalent, qui a fait des choses très variées et qui était un être humain très complet, et au surplus attachant et avec un bon sens de la communication.

• Si elle n’était pas avocate, elle serait…astronaute ou sportive de haut niveau en tennis!

Bio

Me Danièle Lalande est associée gestionnaire du cabinet Gascon & associés et sa pratique est orientée en droit des affaires, et plus particulièrement vers la négociation et la mise en place de financements, de partenariats, de conventions d’achat-vente d’entreprises et d’actifs, la rédaction de conventions de services et de baux commerciaux, etc. Me Lalande compte une clientèle diversifiée, tant en provenance du milieu institutionnel et bancaire que du milieu immobilier, ainsi que du milieu des entreprises en technologies de l’information et des communications. Elle est membre du Barreau depuis 1978 et a fait des études de droit à l’Université de Montréal. Me Lalande est membre du Réseau des femmes en immobilier commercial (CREW) et est impliquée dans son comité de communication.