Aide juridique: d’autres journées de grève prévues
Radio -canada
2022-08-02 12:00:00
C’est devant l'inaction du gouvernement face à la refonte de l'aide juridique que les associations des avocats de la défense au Québec poursuivront leurs moyens de pression.
Ils avaient déjà été en grève au mois de juin. Ils veulent forcer le ministère de la Justice à modifier leur grille tarifaire à la hausse et, du coup, à reconnaître leur travail.
« La comparution, la rencontre des clients, la préparation du procès, rencontrer les témoins, venir à la cour, faire le procès, ce sont des choses qui peuvent durer en tout près de 30 mois et on nous donne une somme forfaitaire de 300 $, ce qui est le même montant que vous avez si vous plaidez coupable à la première occasion. Ça ne fait aucun sens. Les justiciables ont le droit d'avoir une défense pleine et entière, mais encore faut-il que l'avocat de leur choix puisse se préparer et soit rémunéré pour se préparer », a exposé Me Julien Boulianne.
Tous les dossiers prévus lors de ces journées, y compris ceux de violence conjugale ou d’agressions sexuelles, ont été portés à l’attention du juge Pierre Lortie vendredi matin. Il a évalué les torts possibles pour les plaignants, mais il a finalement accepté de reporter la plupart d'entre eux.
« Ce n'est pas de gaieté de cœur. Nos clients aussi veulent que les choses avancent, mais ils comprennent la situation et ils comprennent que c'est dans l'intérêt de la justice et dans l'intérêt des justiciables qu'on fait ces revendications-là. Parce que sinon, ces gens-là vont se retrouver sans avocat, et là, ça embourbe le système », a poursuivi Me Boulianne avant d'indiquer qu’il est beaucoup plus complexe de se représenter soi-même.
Selon ce qu'ils avancent, les avocats de la défense en droit criminel sont de moins en moins nombreux.
« Les conditions du secteur public sont plus attrayantes. C'est difficile d'avoir de la relève pour l'avenir. Il y a beaucoup d'avocats d'expérience, de 20-30 ans d'expérience, qui vont prendre leur retraite à très court terme. La relève va être difficile », a prédit Me François Dionne, lui aussi avocat criminaliste.
Au cours des prochaines semaines, si rien ne bouge, les avocats criminalistes menacent de refuser tous les dossiers en matière de violence conjugale et sexuelle en rapport avec l'aide juridique.
Il n’a pas été possible d’obtenir de commentaires du côté du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).
Me Redoute
il y a 2 ansAucun avocat n'est obligé d'accepter des mandats d'aide juridique. On le sait, les tarifs sont dérisoires. Arrêtez de perdre votre temps en faisant la grève ou en représentant des petits bums sans envergure.
Votre grève, on s'en fout