« Brownies » : l’enquête commandée par le PLQ conclut à un montage

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Radio Canada

2026-02-12 13:15:37

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Le juge à la retraite Jacques R. Fournier, mandaté par la formation politique pour démêler le vrai du faux dans ces affaires est arrivé à une conclusion…


Jacques R. Fournier - source : Radio Canada

L'enquête externe commandée par le Parti libéral du Québec (PLQ) pour faire la lumière sur les allégations qui ont mené à la démission de Pablo Rodriguez juste avant les Fêtes n'aura pas permis de trouver de coupables. Le juge à la retraite Jacques R. Fournier, mandaté par la formation politique pour démêler le vrai du faux dans ces affaires, en arrive notamment à la conclusion que l'échange de textos publié dans Le Journal de Montréal le 19 novembre dernier ne peut être qu'un montage.

Rien d'ailleurs ne permet d'impliquer la députée libérale Sona Lakhoyan Olivier et sa collègue caquiste Alice Abou-Khalil dans ces échanges, ajoute-t-il au sujet de ces deux élues, désignées par le 98,5 FM comme les auteures des messages en question.

Selon le rapport d'enquête, il y aurait eu deux séries de textos. Dans la première, datant du 11 au 13 avril 2025, il n'est pas question de brownies. Elle se termine par le message : The money also.

« Montage »

« La référence à The money also que fait l’auteur des textos renvoie sans doute au billet de 5 $ attaché aux formulaires d’adhésion qui allaient éventuellement être remis au Parti libéral en vue de l’émission des cartes de membres dont il est question en premier lieu », soutient Me Fournier, qui a signé son rapport à titre d'avocat. Dans son article, le Journal de Montréal publie tout d’abord une capture d’écran provenant de la première série de textos se terminant par la phrase The money also.

Pablo Rodriguez - source La Presse
« Après avoir cité le début des textos des 11 au 13 avril 2025, le Journal de Montréal poursuit l’article en écrivant la phrase suivante : Les deux personnes font allusion à une récompense pour les membres qui voteront en faveur de M. Rodriguez et on insère les textos suivants, qui font allusion aux brownies », indique Me Fournier.

« La comparaison des deux contenus démontre que la partie rapportée dans le journal ne fait pas partie des discussions entre le 11 et le 13 avril 2025 et que ce n’est que par collage, après avoir soustrait une partie du texte original, que la source aurait pu les inclure dans la chaîne de messages », ajoute-t-il.

« Considérant que les dates du 11 au 13 avril sur les premiers textos font voir un échange continu qui porte sur un tout autre sujet que celui des "brownies", je conclus que ce qui a été transmis au Journal de Montréal, et qui porte la même date et les mêmes mots, ne peut être qu’un montage », conclut-il.

Le juge à la retraite indique que, sans connaître les auteurs des textos et avec les seuls extraits publiés, il n’est pas possible d’établir la véracité ni même l’authenticité de tout ou de partie de ces messages. Il est évidemment impossible de connaître une chose si elle n’a pas existé.

Il ajoute qu’il ne peut pas déterminer le bien-fondé ou non des allégations formulées dans l’article du Journal de Montréal, notamment, car il n’a pas pu avoir accès à l’intégralité des messages. Me Fournier indique toutefois que, s’il y a eu une démarche illégale, elle n’a eu aucune incidence sur le résultat final de la course.

Dans un message transmis à Radio-Canada, l'éditeur du Journal de Montréal et du Journal de Québec, Dany Doucet, juge que le rapport commandé par le PLQ est très incomplet. L'ex-juge Fournier ne connaît pas l’identité de nos sources et admet lui-même ne pas avoir eu connaissance de l’ensemble des informations et textos à notre disposition, souligne M. Doucet.


Nous tenons donc à réaffirmer que nous maintenons à 100 % tous nos textes publiés dans le cadre de ce scandale politique qui a forcé la démission de Pablo Rodriguez. Tout ce que nous avons publié est rigoureusement exact et réalisé selon les règles de l’art, et nous continuerons toujours à protéger nos sources, affirme l'éditeur.

« L'affaire Cabral »

Dans son rapport de 39 pages, rendu public par le PLQ mercredi après-midi, Jacques R. Fournier explique, de manière générale, n'avoir trouvé la preuve d'aucun geste répréhensible au terme de son enquête, hormis peut-être ce qu'il est désormais convenu d'appeler « l'affaire Cabral ». L'homme d'affaires Emanuel Cabral aurait recouru à des prête-noms pour financer la campagne de M. Rodriguez.

Dans ce cas particulier, il semble bien qu’il y a eu contravention à la Loi électorale, écrit Me Fournier en conclusion. (Mais) comme cette situation précise fait l'objet d'une enquête et pourrait déboucher sur des poursuites pénales, je ne ferai aucun autre commentaire. Pablo Rodriguez, mercredi, s'est réjoui des constats de Me Fournier.

Son rapport démontre clairement que mon équipe et moi n’avons jamais pris part ou été témoins de quelconques malversations durant la course à la chefferie, a-t-il écrit sur X dans les instants qui ont suivi le dévoilement du rapport.

« C’est important que tout le monde dise la vérité. Il y a eu des allégations qui, jusqu’à maintenant, n’ont pas été confirmées par a+b=c », a indiqué de son côté Marc Tanguay, le chef intérimaire du PLQ. D'autres investigations au sujet du PLQ se poursuivent néanmoins.

Elles sont menées par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), notamment. La commissaire à l'éthique et à la déontologie de l'Assemblée nationale, Ariane Mignolet, enquête également sur la députée Sona Lakhoyan Olivier, qui a été écartée temporairement du caucus libéral relativement à la potentielle utilisation des ressources mises à la disposition de son bureau de circonscription de Chomedey à des fins partisanes à l’occasion de la course à la chefferie du PLQ.

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