Carrière et Formation

Une avocate férue de transports !

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Camille Dufétel

2023-07-12 15:00:00

Une avocate rejoint une importante société du domaine ferroviaire… Et le moins que l’on puisse dire est que le transport est un secteur qui lui parle !

Me Caroline Healey
Me Caroline Healey
Me Caroline Healey est la nouvelle cheffe de la direction des affaires juridiques et gestion des risques chez Via Rail Canada depuis le 30 juin, à Montréal. La particularité de la Barreau 2005 est son CV impressionnant, qui démontre son intérêt plus que marqué pour le domaine des transports.

L’avocate originaire de la Ville de Québec est chargée de participer et de contribuer à la transformation de Via Rail avec l’équipe de direction, nouvelle d’après elle à environ 60 %.

« Le nouveau PDG est arrivé quatre jours avant moi ! » précise-t-elle. Le nouveau président et chef de la direction de Via Rail Canada est en effet Mario Péloquin.

« C’est super motivant de faire partie du changement qui s’en vient pour Via », poursuit-elle.

Mario Péloquin. Source: LinkedIn
Mario Péloquin. Source: LinkedIn
Sur le plan plus micro, Me Healey est en charge des affaires juridiques auprès d’une équipe d’une douzaine d’avocats et de parajuristes qui font principalement du support contractuel, des négociations avec les partenaires de Via Rail, touchent à tout ce qui a trait au droit du travail, à la gestion des litiges…

Ils font de l’accompagnement juridique auprès des différentes unités de Via Rail dans leurs projets, qu’il s’agisse de la nouvelle flotte de 32 trains ou la construction de centres de maintenance, par exemple.

Me Healey se dédie aussi à l’analyse de risques corporatifs par projet, et est chargée dans son équipe de la police ferroviaire.

Valeurs communes

« Via Rail, en partant, c’est une entité qui me rejoint beaucoup pour plusieurs raisons, assure-t-elle. Pour sa mission première qui est de connecter les Canadiens à travers le pays, mais aussi pour ses valeurs organisationnelles. »

Son expérience de travail, très liée ces dernières années au secteur ferroviaire, en particulier au sein de l’Association des chemins de fer du Canada, fait qu’elle ne se sent pas comme « une complète étrangère ».

« J’ai déjà une vision un peu plus rapprochée, par rapport à quelqu’un qui arriverait de l’externe, et je suis à même de dire que leurs valeurs organisationnelles sont au diapason des miennes, comme celles du développement durable ». Elle donne l’exemple de la politique zéro déchet à bord des trains. Elle ajoute que Via Rail figure comme étant l’un des meilleurs employeurs au Canada.

« Un autre fait important pour moi est qu’ils ont la certification parité de gouvernance au féminin, souligne-t-elle. Pour moi c’est très important, l’industrie ferroviaire étant une industrie très masculine. »

Elle a d’ailleurs créé, alors qu’elle œuvrait au sein de l’Association des chemins de fer du Canada, l’initiative Women in Rail, un forum pour mettre en lumière les femmes dans le milieu du ferroviaire et pour inciter ces dernières à joindre cette industrie.

Me Healey remarque un momentum au niveau des gouvernements provinciaux et du fédéral, quant au support des modes de transport verts comme le train. « On l’a vu avec les annonces d’investissements importants lors des derniers budgets ». Elle observe aussi une belle mobilisation de la population à utiliser davantage ces modes de transport. C’est un beau moment pour rejoindre une organisation comme Via Rail, d’après elle.

Son aventure avec le droit a débuté aux alentours de 2005, à Québec. Elle effectue alors un stage chez ce qui s’appelle à l’époque Jolicœur Lacasse, et a un intérêt fort pour le droit des affaires.

Nombreuses opportunités

Elle décide par la suite de s’installer à Montréal, où une première opportunité se présente à elle, chez Bombardier aéronautique. Son saut dans le transport se fait un peu par hasard.

Me Healey travaille près de cinq ans chez Bombardier. Vers la fin de son parcours, elle est chargée de l’aspect de l’approvisionnement chinois, ce qui l'amène à voyager en Chine. L’avocate acquiert une belle expérience en termes de négociations à l’étranger.

Une autre opportunité se dessine ensuite pour Me Healey à l’IATA, l’International Air Transport Association. « C’est un beau tremplin de passer de l’aéronautique, l’aspect plus manufacturier de l’aviation, à l’aviation en tant que telle, souligne-t-elle. J’ai sauté sur l’occasion. » L’organisation internationale basée à Montréal lui a permis de retrouver à nouveau tout le côté négociations internationales.

Elle y passe quelques années et fait affaire à l’époque avec plusieurs cabinets d’avocats, à l’international. « Pour nos affaires canadiennes, on faisait beaucoup affaire avec McMillan », note-t-elle. C’est précisément ce qui l’amène à faire un retour en pratique privée, en 2011.

« C’est un peu inhabituel, il est rare que les avocats rentrés en contentieux fassent un retour en pratique privée, lance Me Healey. McMillan, qui était à l’époque notre cabinet canadien, m’offrait de garder mon portfolio IATA comme client important et principal. J’ai aussi développé tout l’aspect du droit des transports et de l’aviation. »

Elle précise que McMillan avait déjà un groupe de droit des transports, incluant les secteurs maritime et ferroviaire, mais que l’aviation manquait à celui-ci. L’avocate
aussi partie du groupe de droit des affaires.

Langlois apparaît par la suite dans le portrait, courant 2015. Me Healey explique que le cabinet est alors en hyper expansion.

« Ils cherchaient quelqu’un pour leur groupe de droit des affaires et avaient aussi un groupe de droit des transports pour lequel il leur manquait une tête en aviation », indique l’avocate. C’est à cette période qu’elle commence par ailleurs à toucher au ferroviaire.

Attrait pour le ferroviaire

« Genesee & Wyoming, un holding de chemins de fer de courtes distances, au Canada, aux États-Unis et en Europe, était un client avec qui j’ai eu à travailler, ajoute Me Healey. C’est comme ça que j’ai rejoint leurs rangs comme vice-présidente affaires juridiques et relations extérieures. » On est au printemps 2017 et elle est alors chargée de toutes leurs activités canadiennes.

« Je suis tombée amoureuse de cette industrie ferroviaire, se souvient l’avocate. Une association sectorielle nous représentait, l’Association des chemins de fer du Canada, et comme j’étais la personne chargée des relations extérieures, j’étais la personne contact pour toutes les activités de l’association. » C’est ainsi qu’elle rencontre le président actuel de l’association.

« On est venu me chercher et j’ai transitionné vers l’association, dit-elle. Je trouvais que c’était une opportunité intéressante d’avoir un impact pas juste au niveau de mon employeur, mais vraiment au niveau de l’industrie pancanadienne. »

Me Healey commence ce poste à l’été 2020, comme vice-présidente exécutive et avocate générale pour l’association. Son portfolio est celui des affaires juridiques et réglementaires, mais aussi tout ce qui est relations gouvernementales et portefeuille d’opérations.

Me Healey précise qu’il s’agit de « tout ce qui est transport de marchandises dangereuses, assistance, déploiement 24/7 en cas d’incident, déraillement, accompagnement de nos membres et de leurs clients, et tout ce qui est la gestion de la licence des télécommunications… » C’est en étant en contact avec les grands acteurs de l’industrie ferroviaire qu’elle a eu l’opportunité de joindre tout récemment les rangs de Via Rail.

L’avocate se consacre ainsi aujourd’hui une fois de plus à ce secteur. Le transport, que ce soit pour des passagers ou pour des marchandises, est selon elle essentiel à nos vies. Elle rappelle que le contexte de la pandémie l’a bien montré.

Elle assure avoir vraiment aimé son temps en pratique privée pour tout son aspect entrepreneurial. Du côté de la pratique en société, elle aime beaucoup le fait que les avocats soient impliqués du début à la fin du projet.

« On voit ce qui se passe même après notre implication alors que ce que je trouvais triste en pratique privée, c’est que souvent, on était des acteurs très spontanés dans nos dossiers, puis on perdait de vue le reste du projet. Pour moi qui ai un intérêt fort pour les affaires, être en société permet aussi de mettre un chapeau plus orienté business, et pas juste un chapeau d’avocat. On peut avoir des rôles différents au sein de l’entreprise et contribuer à avoir une valeur ajoutée importante ».

L’avocate n’a pas seulement un intérêt pour les affaires et le transport, elle se passionne aussi beaucoup l’art et la musique, plusieurs membres de sa famille gravitant dans le milieu artistique.

Elle a eu quelques opportunités à l’OSM et est actuellement sur le CA de la fondation du musée Pointe-à-Callière. Une façon de redonner à sa ville d’adoption, Montréal, qu’elle aime profondément.
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