Fusions et acquisitions

Les champions des M&A en 2023!

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Camille Dufétel

2024-01-23 15:00:07

L’année 2023 ne marquera pas l’histoire des fusions et acquisitions dans le monde… Malgré tout, quels cabinets canadiens sont sortis du lot?

L'activité mondiale de fusions et acquisitions a totalisé 2900 milliards de dollars américains au cours de l'année 2023, soit une baisse de 17 % par rapport aux niveaux de l'année dernière et la période annuelle la plus lente pour la conclusion de transactions depuis 2013, selon le dernier classement mondial LSEG, Global Mergers & Acquisitions Review.

En ce qui concerne le nombre de transactions dans le monde, plus de 55 200 ont été annoncées au cours de l’année 2023.

Derrière ces fusions-acquisitions, il y a évidemment des avocats. Le cabinet champion du monde en termes de nombre de transactions est, comme l’année dernière, Goodwin Procter, bureau américain, qui a conseillé 879 transactions annoncées d’une valeur de près de 124, 1 milliards de dollars.

Sur le plan des montants, le cabinet américain Kirkland & Ellis est cette année le champion mondial. Le cabinet a fourni des conseils sur des transactions annoncées totalisant près 399,4 milliards de dollars, pour un nombre de transactions de 649.

Côté canadien…

Mais alors qu’en est-il des bureaux canadiens? En termes de nombre de transactions annoncées, visant des sociétés acquéreuses ou ciblées canadiennes, Fasken est en tête avec 242 transactions pour environ 8 milliards de dollars, suivi d’Osler qui en compte 156, et de Gowling, avec 115 transactions annoncées. Les suivants sont Blakes, Stikeman, McCarthy et Davies. Fasken et Osler sont aussi en tête en termes de nombre de transactions complétées.

Pour les montants des opérations annoncées, Stikeman (environ 35, 3 milliards), suivi de McCarthy et de Blakes, se démarquent. Pour ceux des transactions complétées, McCarthy (environ 61, 3 milliards de dollars), Osler et Torys sont les premiers.

Mais au-delà des chiffres, concrètement, sur quels types d’opérations les avocats ont-ils œuvré comme conseillers? Droit-inc interroge cinq des cabinets précités, à savoir McCarthy, Fasken, Gowling, Blakes et Osler. Dans quels secteurs les bureaux voient-ils du mouvement?

L’énergie renouvelable et les batteries

Chez Blakes, une soixantaine d’avocats, sociétaires et associés, touchent de (très) près ou de loin aux fusions et acquisitions à Montréal. Me Philippe Bourassa, co-chef de pratique du groupe de droit des sociétés à Montréal, remarque que le cabinet a travaillé sur de nombreuses transactions dans une variété de secteurs, mais que malheureusement, plusieurs demeurent confidentielles.

« Toutefois, on peut dire que l'industrie de l'énergie a connu beaucoup de changements l'année dernière, surtout dans le secteur des batteries et de l’énergie renouvelable », remarque-t-il.

Le cabinet s’est particulièrement intéressé à ce domaine en représentant un syndicat de preneurs fermes dans le cadre d'un financement réalisé par Nouveau Monde Graphite Inc., l’acquéreur d’Hydromega Services inc., un producteur indépendant d’énergie renouvelable, et des institutions financières dans le cadre de la prise de participation dans un parc éolien.

Et chez Gowling? « Nous ne pouvons dévoiler de détails confidentiels mais nous avons constaté une activité en croissance dans divers domaines, y compris le domaine des énergies renouvelables et batteries », répond Me Naïm Antaki, associé, chef du groupe Technologie de Montréal.

Il ajoute que les secteurs de l’intelligence artificielle, de l’informatique quantique et des sciences de la vie bougent aussi.

L’équipe dédiée aux fusions et acquisitions au bureau de Montréal chez Gowling compte près de 15 professionnels. Ce groupe est également entouré d’équipes multidisciplinaires qui apportent des compétences spécifiques selon les besoins des clients (notamment en matière de propriété intellectuelle, droit de l’emploi, droit de la vie privée, et autres aspects réglementaires).

Me Antaki précise que nombre de dossiers impliquent une collaboration étroite avec des collègues au niveau national ou international et qu’à l’échelle nationale, l’équipe spécialisée en fusions acquisitions regroupe près de 100 professionnels, sans compter les spécialistes.

Le secteur bancaire

Chez McCarthy, les avocats en droit des affaires et en fiscalité dans la région du Québec qui sont impliqués dans divers aspects des fusions et acquisitions sont d’environ 90 et ceux qui se dédient aux fusions et acquisitions sont d’environ 55.

Me Patrick Boucher, co-chef national du Groupe Marché des capitaux du cabinet, remarque que le secteur bancaire a été actif en 2023.

Le cabinet a accompagné la Banque Nationale dans le cadre de son acquisition des actifs canadiens de Silicon Valley Bank. « Nous avons vu également beaucoup de processus de ventes en 2023 impliquant des compagnies québécoises », note-t-il.

Il ajoute que le cabinet a notamment agi pour l’acheteur de Logistec (Blue Wolf Capital Partners). Et également pour le comité spécial du conseil d’administration de Cogeco Inc. dans le cadre de l’achat par la Caisse de dépôt et placement du Québec des actions de Cogeco Inc. et Cogeco Communications détenues par Rogers Communications et transactions connexes, incluant le rachat des actions par Cogeco Inc.

Télécommunications, logistique…

Et qu’en pense Osler? « Je représentais par exemple Québecor dans le cadre de l’acquisition de Freedom Mobile, cela s’est complété l’année dernière, note Me Niko Veilleux, chef du groupe de pratique du droit des sociétés du bureau de Montréal. C’est sûr que dans les télécommunications, on a vu de l’activité ne serait-ce qu’avec cette transaction. »

Côté technologies, le cabinet a vu selon lui moins d'activités en 2023 par rapport à 2022 et 2021. « Mais la présence technologique dans notre économie est très importante, donc il y a du mouvement ».

Que ce soit au Canada ou à l’international, on entend beaucoup parler selon lui de tout ce qui concerne la logistique, la gestion de la chaîne d’approvisionnement. « Que ce soit le volet immobilier de la logistique ou la logistique elle-même ». Il évoque aussi du mouvement dans le monde industriel.

Pour démontrer l'importance du groupe de pratique pan-canadien, il remarque qu’en 2023, LSEG a fait état d’une activité de fusions et acquisitions à laquelle ont participé des entités canadiennes se chiffrant à 185 milliards de dollars américains. Et il indique que le cabinet a agi comme conseiller pour à peu près 50 milliards de ces transactions. « Cela donne une idée de la valeur de la pratique, pour nous au Canada », remarque-t-il.

Il cite comme opérations importantes pour lesquelles le cabinet a agi à titre de conseiller, en se concentrant sur les avocats du Québec, celle de Future Electronics vendue à WT Microelectronics (opération annoncée en 2023, Osler représentant l’acheteur).

Plus récemment, en termes d’opérations annoncées en 2023, Osler a représenté Metro Supply Chain, compagnie de logistique, dans l’acquisition de SCI Group Inc, filiale de Postes Canada.

Les technologies propres, l’IA, l’agroalimentaire?

Allons faire un tour du côté de Fasken, dont l’équipe de fusions et acquisitions au Québec comporte près de 90 avocats. Mes Carl Bélanger et Anne-Marie Naud y sont associés. Me Bélanger est leader de marché du groupe Droit des affaires et droit des sociétés au bureau de Montréal, tandis que Me Naud est leader de marché du groupe Droit des sociétés et droit commercial au sein du bureau de Québec et cocheffe du groupe Alimentation, boissons et industrie agroalimentaire.

Ils rappellent que Fasken a conseillé Uni-Sélect inc. dans le cadre de sa vente à LKQ Corporation pour 2,8 milliards $ en vertu d’un plan d’arrangement approuvé par la Cour.

Que le cabinet a conseillé et conseille toujours Northvolt dans tous les aspects de son implantation au Québec, incluant les diverses ententes associées au financement du projet et à l’acquisition du site (équipe : Pierre-Olivier Charlebois (leader), Elias Retsinas, Amrick Bansal, Anna Baghramyan, Félix Gutierrez, Kosta Kostic, Ryan Rabinovitch et Catherine Decoste Mahseredjian).

Fasken a par ailleurs conseillé Dessercom, l’un des plus importants joueurs du transport ambulancier et médical au Québec, dans le cadre de l’acquisition d’Airmédic, un leader médical d’urgence aérien dans le cadre d’un processus de mise aux enchères suivant le dépôt d’un C-36.

Entre autres transactions, le cabinet a aussi conseillé Gelpac, un leader dans la fabrication d'emballages haute performance, dans le cadre de son acquisition de Standard Multiwall Bag Co. et de sa filiale WesTx Packaging Co., manufacturiers spécialisés dans la fabrication d'une gamme complète de sacs de papier multiparois destinés aux marchés agroalimentaire, pharmaceutique et industriel.

Les associés ajoutent que selon les praticiens, « l’activité devrait s’intensifier dans les secteurs bénéficiant de programmes de relance gouvernementaux, tels que les technologies propres, les minéraux critiques, l’intelligence artificielle et l’agroalimentaire, dont beaucoup sont très réglementés ».

L’art de se démarquer

Et à part cela, comment les cabinets s’expliquent-ils leurs bons résultats pour 2023, année qui ne figurera pas parmi les meilleures dans l’histoire mondiale des fusions et acquisitions?

Du côté de Blakes, Me Bourassa remarque en effet que le Canada et le Québec viennent de connaître une année en dents de scie sur le plan des fusions et acquisitions et que cela a été le cas également à l’échelle mondiale.

« Cependant, quand on bénéficie de la force d’une plateforme comme celle de Blakes, qui est la marque juridique la plus forte au pays depuis plus de huit ans, ça aide à démontrer la valeur que l’on apporte aux clients qui doivent naviguer une importante transaction », estime-t-il.

Me Patrick Menda, co-chef de pratique du groupe de droit des sociétés chez Blakes à Montréal, précise qu’au cours des dix dernières années, le cabinet a participé à la réalisation de plus de 1 420 opérations de F&A de sociétés ouvertes et fermées, dont la valeur totale s’élève à plus de 1,4 T$ US. Il estime que le cabinet doit cette force à sa pratique complète.

« Nous offrons des conseils juridiques stratégiques à toutes les étapes de l’opération, et notre expertise couvre un large éventail de questions, dont la structuration fiscale, les litiges, et bien plus encore ».

Il croit aussi que la portée nationale de leur pratique et le volume important d’opérations sur lesquelles les équipes travaillent leur permettent de demeurer à l’avant-garde des derniers développements en matière de F&A au Canada.

Il assure que Blakes se démarque aussi en offrant des produits uniques à valeur ajoutée qui permettent à ses clients de mieux comprendre l’environnement d’affaires dans lequel on se trouve.

Quant à Me Veilleux d’Osler, il estime que 2023 est humblement une continuation de ce que le cabinet fait depuis plusieurs années. « La stratégie du cabinet, incluant Montréal, est de viser vers le transactionnel, pointe-t-il. On est bâti pour ça, on se concentre là-dessus. On a tendance à faire les plus grandes opérations, c’est ce qu’on vise dans notre stratégie ».

Qu’est-ce qui fait selon lui la force du cabinet, par rapport à ses concurrents? Me Veilleux souligne la taille plus petite de l’équipe de droit des affaires à Montréal, voulue, par rapport à d’autres gros cabinets .

« On vise vraiment la qualité des transactions et non nécessairement le volume. On n’a pas à nourrir une énorme bête étant donné la taille de notre groupe. Une de nos forces, je pense que c’est justement ça. On peut être sélectif ».

Et étant donné que cette taille d’équipe se gère encore très bien, selon lui, il n’y a pas beaucoup de « turn-over ».

« Nos équipes nous sont très loyales, poursuit-il. On a des appels entrants de gens très talentueux chez nos concurrents qui sont intéressés, qui entendent d’excellentes choses sur la qualité de notre équipe de sociétaires et sur le plaisir qu’ils ont à être au travail, car il faut se le dire, c’est une industrie qui n’est pas facile. »

Pour lui, cette force permet au cabinet de se démarquer aussi bien auprès des clients qu’au niveau de l’acquisition et de la rétention de talents.

Du côté de Gowling, Me Antaki indique que le cabinet se positionne systématiquement dans le trio de tête depuis 2019 pour le nombre de fusions-acquisitions canadiennes. Il souligne que cette performance ne se limite pas au Canada et que Gowling figure souvent dans les classements pour le nombre de fusions-acquisitions britanniques et mondiales.

Pour lui, ces résultats sont obtenus grâce à une approche axée sur les clients et leurs besoins spécifiques. Une spécialisation sectorielle qui d’après lui renforce la capacité du cabinet à comprendre les nuances spécifiques à chaque industrie.

« Nous nous efforçons de fournir des services efficaces en optimisant notre utilisation des nouvelles technologies, en faisant preuve de flexibilité, notamment en ce qui concerne les options de tarification alternative, et en nous assurant que nos équipes demeurent hautement qualifiées en matière de fusions et d'acquisitions, quel que soit leur niveau de complexité ».

Chez Fasken, Mes Bélanger et Naud relèvent la vaste expérience du groupe Marchés des capitaux, fusions et acquisitions dans tous les aspects des fusions et acquisitions de sociétés privées à l’échelle locale et internationale.

L’une des forces du cabinet est, selon eux, d’être un partenaire d’affaires agissant autant auprès d’investisseurs financiers et d’acheteurs stratégiques qu’auprès de propriétaires uniques et de groupes d’actionnaires qui recherchent une stratégie de sortie.

« Fasken, et particulièrement son groupe Marchés des capitaux, fusions et acquisitions, a connu une progression fulgurante et continue dans la dernière décennie et il n’est pas surprenant de se voir classer ainsi, avec nos pairs de ‘Tier One’ ».

Du côté de McCarthy, Me Patrick Boucher met en avant la plateforme pleinement intégrée du cabinet avec une expertise poussée dans plusieurs secteurs d’activités, incluant du capital-investissements, énergie et ressources, commerce du détail et marché de consommation, droit bancaire et services financiers, infrastructure et projets, marché des capitaux, de la santé, et technologie et communications.

« Nous avons une bonne connaissance des divers marchés internationaux, incluant les marchés américains, Chine, Singapour, Corée du Sud, Afrique, Amérique Latine, Australie, Europe, Inde Japon et Moyen-Orient », remarque-t-il.

Il évoque également les diverses divisions et solutions client du cabinet et précise que cette plateforme leur permet de travailler en équipe au bénéfice de leurs clients, mais aussi d’avoir accès aux meilleurs experts peu importe où ils se situent.

Il ajoute que le cabinet investit énormément à l’interne dans l’expertise et le partage des connaissances afin d’être à l’affût des tendances et évolution des structures transactionnelles les plus novatrices. Mais également dans la relation avec ses clients.

Il pense aussi qu’une des forces des équipes en fusions et acquisitions du cabinet est la représentation active des divers acteurs dans le marché et les transactions, incluant les acheteurs, vendeurs, co-investisseurs, comités spéciaux, investisseurs en équité, prêteurs et aviseurs financiers.

Faut-il avoir peur de l’avenir?

Les cabinets interrogés par Droit-inc estiment-ils que des défis importants sont encore à prévoir en termes de fusions et acquisitions pour 2024? Ou au contraire, sont-ils confiants pour la suite?

-Blakes

Me Menda de Blakes croit que si l’on se fie à la conjoncture actuelle et aux tendances qui se profilent, le domaine des fusions et acquisitions rencontrera certainement des défis en 2024.

« La baisse du volume des opérations au Canada et les délais prolongés des opérations, influencés par les incertitudes du marché telles que l'inflation et les taux d'intérêt, rendent l’avenir incertain », note-t-il.

Toutefois, il remarque que les experts du secteur se montrent optimistes grâce à une stabilisation des taux d'intérêt, à une demande croissante et à la disponibilité d'importants capitaux privés. « Malgré les défis, les tendances du marché suggèrent un rebond potentiel, offrant des opportunités pour des opérations stratégiques ».

-Fasken

Pour Mes Naud et Bélanger de Fasken, il existe de nombreuses raisons de faire preuve d'un optimisme prudent quant à une reprise saine. « Sur le plan positif, l'année 2023 a vu l'inflation se stabiliser et reculer, même si elle reste plus élevée que ne le souhaiteraient les banques centrales et le marché ».

Ils soulignent que la hausse constante des taux d'intérêt en 2023 s'est également stabilisée, et que la question n'est plus de savoir jusqu'où ils grimperont, mais combien de temps ils resteront en place.

Aussi, selon le cabinet, l’incertitude persistante pourrait inciter certains acheteurs à adopter une approche « attentiste ». Et d'autres vendeurs pourraient être amenés à se manifester par nécessité plutôt que par opportunité, n'étant plus en mesure d'attendre de meilleures conditions de marché. Tandis que d'autres encore, encouragés par un plus grand sentiment de normalité, pourraient être « les fers de lance d'une résurgence ».

Et au même moment, des fonds d’investissement ou investisseurs qui ont fait preuve de réserve devraient augmenter leur activité, notent les associés.

« Nous nous attendons à ce qu'une bonne partie du volume des transactions continue d'être pondérée en faveur du marché intermédiaire et du marché intermédiaire inférieur. Nous ne nous attendons pas nécessairement à une vague géante de méga opérations, mais nous ne serions pas surpris si de nombreux rapprochements stratégiques importants ponctuaient le paysage et, en tout état de cause, nous nous attendons à plus d'activité sur ce front qu'en 2023 ».

Ils croient que plusieurs joueurs en équité ayant bénéficié de valorisations intéressantes lors de ventes au cours des dernières années et donc bien capitalisés pourront saisir des opportunités stratégiques en vue de la reprise.

Dans l'ensemble, ils pensent que « l'ajustement du marché à l'environnement des taux d'intérêt, l'appétit pour les transactions et la probabilité d'une baisse des taux dans un avenir proche contribueront à une augmentation régulière des volumes de fusions-acquisitions au cours de l'année ».

-McCarthy

Qu’en pense Me Boucher de McCarthy? « Nous sommes confiants que 2024 devrait être une année meilleure que 2023 dans un contexte où les taux d’intérêts semblent être stabilisés (une réduction semble même anticipée) permettant aux acquéreurs de mieux gérer leur structure de capital et d’avoir accès aux liquidités requises à des coûts raisonnables », assure-t-il.

Il ajoute qu’il existe toutefois plusieurs facteurs (incluant géopolitiques) qui pourraient influer sur le niveau de transactions et risques connexes, incluant l’évolution des guerres et tensions internationales, l’accès aux ressources, financement et capitaux, l’inflation, toute récession et la volatilité des marchés des capitaux.

-Gowling

« Même si les prévisions sont plus favorables pour 2024, notamment en ce qui concerne les hausses de taux d’intérêt et le contrôle de l’inflation, le contexte économique et géopolitique global demeure incertain et appelle à une certaine prudence », croit aussi Me Antaki, de Gowling.

Ce dernier trouve malgré tout encourageant de constater que les défis significatifs ayant marqué l'année 2023 et entraîné un ralentissement de l'activité semblent progressivement s'atténuer.

« Un certain nombre de transactions ont été mises sur pause en 2023; nous nous attendons donc à une reprise de l’activité ».

Pour les transactions transfrontalières avec les États-Unis, il reste aussi à voir selon lui l’impact potentiel des élections en novembre, dont l’issue potentielle peut, dans certains cas, accélérer ou retarder certaines transactions.

-Osler

La hausse assez soudaine des taux d’intérêt a créé beaucoup d'incertitudes, remarque Me Veilleux concernant l’année 2023, un peu plus lente. Il cite aussi la géopolitique internationale, qui a été la source de beaucoup de questionnements, surtout au niveau des grandes opérations.

Pour 2024, il est un peu plus confiant. Du côté des taux d’intérêt, beaucoup de choses indiquent selon lui que les taux seront sans doute davantage sur un plateau. Ou qu’il y aura peut-être une diminution, bien qu’elle ne sera sans doute ni substantielle, ni rapide. Un signe positif pour les acheteurs, qui leur donnera plus de sécurité.

Il indique aussi qu’en 2023 et durant la deuxième moitié de 2022, les grandes sociétés d’investissement américaines étaient plus hésitantes, moins actives pour faire des acquisitions.

« Souvent, les modèles financiers prévoient des leviers importants, ça implique des coûts de financement importants, ça avait un impact pour elles », remarque-t-il. Mais si elles ont ralenti leurs acquisitions durant 12 mois, cela signifie que, selon leur modèle d’affaires, le déploiement des fonds va devoir s'accélérer.

« En somme, les sociétés de qualité, bien gérées, profitables, vont être très attrayantes pour les sociétés de ‘private equity’ qui vont chercher des cibles pour déployer leur capital, note-t-il. Je pense que c’est un indicatif très positif pour 2024, pour le volume transactionnel de l’année. »

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