Me David Leonard est le nouveau boss de McCarthy Tétrault
Me David Leonard est le nouveau boss de McCarthy Tétrault
Nouveau CEO du cabinet McCarthy Tétrault, le Torontois Me David Leonard n’a rien d’un néophyte. Celui qui succède à Me Marc-André Blanchard travaille sous la bannière de McCarthy depuis 1994, date à laquelle il a débuté comme avocat au sein du groupe litige.

Formé à l’Université de Western Ontario dont il est sorti diplômé en 1992, Me Leonard a fait rapidement ses classes au sein de la firme McCarthy, au point de devenir associé au sein du groupe Litige, en 2001, puis d’en prendre la tête, en 2012.

Fort de cette expérience, il prend désormais les rênes du groupe, emmenant dans son sillage un conseil de six nouveaux directeurs et directrices. Comment compte-t-il étendre la marque McCarthy dans un marché juridique canadien saturé? Et comment se voit-il, comme leader? Droit-inc est allé à sa rencontre.

Êtes-vous content d’être à ce poste?

Absolument! Cela ne fait que six semaines mais ça a été six semaines très occupées. Cela a été très excitant, très intéressant.

Vous étiez cinq candidats en lice. Savez-vous pourquoi on vous a choisi, vous?

Le Conseil d’administration a eu l’opportunité de rencontrer chacun de nous. Nous avons pu présenter nos plans, nos projets pour l’avenir de la firme. Le Conseil s’est également adressé aux associés, pour savoir comment eux-mêmes voyaient le futur du cabinet, ainsi qu’aux personnes avec qui nous avions travaillé.

Et vous correspondiez au profil?

Oui, j’imagine! (il rit). Mes projets devaient correspondre à ceux des associés et mon parcours - notamment comme responsable du groupe Litige - a dû convaincre le Conseil que j’étais un bon leader.

Justement, quel est votre style de leadership?

Mon style… Disons que je me tourne volontiers vers les associés, les membres de mon équipe, pour que nous discutions ensemble des directions à prendre et de l’orientation que nous souhaitons donner à nos projets. Il faut aussi avoir une idée claire de ce que vous souhaitez proposer et mettre en place, en tant que leader. Mais surtout, pour avoir le soutien nécessaire, il faut soi-même être très à l’écoute. Je fonctionnais de cette façon à la tête du groupe Litige et c’est ce que je vais continuer à faire.

Comment allez-vous fonctionner avec le groupe Droit des affaires que vous connaissez moins?

Je connais bien entendu tous ceux qui travaillaient au sein du groupe Litige et je m’emploie désormais à connaître les associés du groupe Droit des affaires. Il s’agit de ma priorité pour les premiers 100 jours de mon mandat. Je m’emploie à comprendre leur pratique, leurs enjeux, et à savoir dans quels domaines ils nécessitent mon soutien, celui de mon équipe ou de la firme. J’ai pour projet de rencontrer tous les «equity partners» avant l’été.

Ce n’est pas forcément évident avec le nombre d’associés que possède la firme…

Il est évident que, lorsque l’on a 200 associés, tous ne vont pas être d’accord avec les décisions prises. Mais je veux qu’ils aient tous été impliqués dans les processus, et qu’ils aient les clés pour comprendre comment j’en suis venu à prendre telle ou telle décision.

Quels sont désormais vos mandats?

Me Leonard n'a pas de projet de fusion pour l'instant
Me Leonard n'a pas de projet de fusion pour l'instant
Il y a deux grandes choses. La première, c’est d’aider nos associés à développer la firme dans tout le Canada, les aider à décrocher plus de travail, à nourrir leurs relations avec leurs principaux clients. Nous voulons aussi réfléchir à la manière dont nous délivrons nos services à nos clients et comment nous les tarifons. Nous allons également nous concentrer sur l’amélioration de notre système technologique car c’est ce que nos clients souhaitent et nous voulons, quelque part, devancer leurs demandes. La seconde chose, c’est de développer au maximum les compétences de nos avocats, pour être certain d’être toujours les numéro 1.

Concrètement, qu’allez-vous faire?

Concrètement? Nous voulons être sûrs de se donner les moyens de réaliser ce que nous avons planifié.

Quels sont vos plans au niveau international?

Pour le moment nous voulons continuer à construire des relations solides à l’extérieur de nos frontières avec un certain nombre de cabinets. Nous avons également de nombreux avocats susceptibles de travailler sur des affaires à l’étranger et c’est de cette manière que nous souhaitons nous développer.

Une fusion en vue?

Non, ce n’est pas dans nos plans pour le moment.

Pourquoi avoir changé tout le conseil de direction?

Cela allait avec le fait de changer de CEO. Nous avons interrogé les associés sur les directions qu’ils souhaitaient voir la firme emprunter, et nous avons choisi des gens qui pouvaient aider le cabinet à se développer dans ces directions.

Me Kim Thomassin, par exemple, est notre nouvelle Leader nationale, Clients. Elle a vraiment fait un excellent travail au Québec. Nous voulions utiliser ses compétences au niveau national. Elle va travailler avec nos managing partners dans nos différents bureaux et accomplir ce qu’elle a fait au Québec dans chacun des bureaux à travers le Canada. Elle est parfaite pour ça!

Un autre directeur a été choisi pour étudier la possibilité d’étendre nos relations à l’international, aux États-Unis et en Europe, notamment. Chacun d’eux va faire en sorte de travailler sur les segments voulus par nos associés.

Le marché québécois est réputé pour être un marché difficile, planifiez-vous quelque chose de spécifique à la province?

Je dirais que tous les marchés sont saturés présentement. Le Québec présente certains challenges spécifiques, mais comme c’est le cas en Ontario ou à Calgary, en ce moment. Nous allons travailler en prenant en compte chacune de ces spécificités.

Le problème de la diversité, ne pensez-vous pas qu’il devrait y avoir plus de femmes à des postes importants?

Absolument! Je suis complètement pour la diversité. Au sein du Conseil de direction, nous avons désormais trois hommes et trois femmes. À la tête de nos deux principaux groupes de pratique, nous avons une femme et un homme. Parmi le conseil des associés, nous avons dix femmes. Est-ce que nous voulons augmenter ce nombre ? Bien sûr! Et cela va se faire en leur donnant les opportunités qu’elles méritent.

Allez-vous travailler à améliorer certaines choses qui sont compliquées pour les avocats, notamment les avocates, comme la conciliation travail-famille?

Nous allons continuer à mettre en place notre programme actuel qui vise à aider les avocats à mener de front leur vie professionnelle et leur vie familiale. Cela inclut notamment un collègue avec lequel l’avocate nouvelle maman est mis «en paire» et qui lui fait le suivi des dossiers et l’aide à se réintégrer à son retour. Nous prévoyons également une assistance pour trouver rapidement une solution de garde en cas de problème. Chaque cabinet possède une salle des familles où les avocats peuvent recevoir leurs enfants.

Nous promouvons la flexibilité des horaires pour permettre à nos professionnels de respecter leurs engagements familiaux et nous finançons même la présence d’une gardienne pour une avocate qui doit voyager pour le travail et souhaiterait emmener ses enfants avec elle!