Me Marie Cossette qui a participé à de nombreuses commissions, rejoint Norton Rose Fulbright
Me Marie Cossette qui a participé à de nombreuses commissions, rejoint Norton Rose Fulbright
Le bureau de Québec de Norton Rose Fulbright accueille depuis le 12 février une nouvelle associée : Me Marie Cossette, avocate qui a participé aux commissions Gomery, Poitras et plus récemment, Chamberland, sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques. Ces expériences lui ont valu une grande expertise en droit public.

Me Cossette quitte donc Lavery, où elle était associée depuis 2011. Chez Norton Rose Fulbright, elle exercera en litige et sa pratique portera notamment sur le droit de la construction.

Vers de nouveaux horizons

« Le cabinet m’a fait une proposition qui m’a séduite. Outre le fait que je retrouvais certains collègues avec qui j’avais déjà travaillé, sur le plan professionnel je suis heureuse de rejoindre un cabinet avec une telle profondeur et une telle réputation. Norton Rose Fulbright jouit d’un très bon positionnement et surtout, sa plateforme internationale et nationale ouvre de nouveaux horizons », explique-t-elle à Droit-inc.

Il faut dire que Me Cossette n’arrive pas dans un environnement totalement inconnu, puisqu’après son bac en droit obtenu à l’Université de Sherbrooke et son stage chez Heenan Blaikie, elle est restée environ deux ans et demi chez Ogilvy Renault, futur… Norton Rose Fulbright.

« Quand j’étais jeune avocate, il y avait une méthode « Ogilvy Renault » et je suis convaincue que c’est encore comme ça chez Norton Rose Fulbright. Cela met une pression incroyable sur les avocats, mais je ne le dis pas négativement. La pression est de toujours avoir ces standards, donc nécessairement ça nous oblige à toujours élever le jeu. C’est ce que j’ai retenu il y a 25 ans et je suis certaine que c’est ce que je vais retrouver », explique l’avocate.

L’avocate des commissions

Barreau 1991, Me Cossette a rapidement développé l’expertise que désormais tout le monde lui reconnaît en matière de droit public.

« Participer à la Commission Poitras – une commission d'enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec, en 1998, NDLR – a donné un nouveau tournant à ma carrière », dit-elle.

De même que la Commission Gomery (2004) qui a enquêté sur le programme de commandites et les activités publicitaires. « C’est vraiment là que j’ai consolidé mon expérience acquise durant la Commission Poitras et ça a ouvert un créneau pour moi puisque j’ai fait par la suite plusieurs enquêtes publiques », ajoute-t-elle.

C’est aussi à ce moment qu’elle passe sous le feu des projecteurs et met le pied dans un monde encore inconnu, celui des médias. « Je suis devenue analyste pour Radio-Canada et pour RDI », précise l’avocate.

Elle rencontre aussi son mari, aujourd’hui juge à la Cour d’appel, avec qui elle a depuis eu deux enfants, un garçon et une fille.

Après la Commission Poitras, Me Cossette part dans un petit cabinet, Boisvert, de Niverville et associés. Elle y reste pendant dix ans et continue de se spécialiser en droit disciplinaire.

Après un passage chez Langlois Kronstrom Desjardins elle intègre Lavery en 2011. « C’est un très bon bureau avec des gens très compétents et de beaux dossiers », dit-elle.

Une profession qui colle à sa personnalité

Jules Brière, de Lavery
Jules Brière, de Lavery
Pour elle, la profession « colle » à sa personnalité. Elle se définit comme quelqu’un qui aime parler en public et argumenter. « Je pense être élégante dans la bataille et loyale. Je suis quelqu’un de consciencieux qui essaye d’être professionnelle dans tous les instants, qui s’implique et essaye de s’élever au-dessus de la mêlée. Avant tout, je n’oublie pas que je suis un officier de justice », dit-elle solennellement.

Elle cite parmi ses mentors Mes Jules Brière, de Lavery, Pierre Cimon ou encore William Hesler de Norton Rose Fulbright. Au sujet de ce dernier elle raconte : « on avait un running gag lorsqu’on était plus jeune. Lorsqu’on allait au palais, on mettait toujours en avant son nom à l’endos des dossiers, parce qu’on se disait que c’était sûr, on allait gagner ».

Culture et leadership féminin

À côté du droit, Me Cossette prend à cœur la mission qu’elle s’est donnée, celle de promouvoir le leadership au féminin, notamment à travers le mentorat. Elle rappelle d’ailleurs sa propre expérience, celle d’une avocate qui a dû évoluer dans un milieu exigeant pour tous et notamment pour les jeunes femmes.

Attachée à la culture, elle œuvre pour la Fondation du musée national des beaux-arts en tant que présidente du comité de gouvernance depuis peu et siège au CA du musée.

« Quand on est sensible à la culture, on devient une meilleure personne et donc un meilleur professionnel », assure-t-elle.

Pour l’avenir, elle pense que les juristes doivent s’intéresser à d’autres façons de penser. « Le droit est un milieu très traditionnel, c’est bien, mais il faut tout de même garder une certaine ouverture », dit Me Cossette.

Loin d’être pessimiste sur l’avenir qui s’en vient, la cinquantenaire se dit même pleine d’espoir !