Me Sonia Paquet,La procureure en chef adjointe du DPCP.
Me Sonia Paquet,La procureure en chef adjointe du DPCP.
La procureure en chef adjointe du DPCP, Me Sonia Paquet, a convaincu la National District Attorneys Association (NDAA) de tenir son plus grand événement annuel dans la Vieille-Capitale du 24 au 27 juillet.

« Il y a avait Saint-Louis et Philadelphie en compétition avec nous quand j'ai fait la présentation à New York en 2017, et le vote secret du comité directeur a donné la victoire à Québec », raconte à Droit-inc la Barreau 2001, qui est devenu en juillet 2018 la première canadienne à siéger en tant qu’administratrice de l’importante association américaine.

Comment a-t-elle réussi ce tour de force? « Québec est une belle ville, c'est sûr que ça aide! Je pense aussi qu'il y a un souhait de collaboration et tout le monde en est conscient. C'était une bonne façon pour eux de développer des liens en étant chez nous. »

Cette collaboration est d’autant plus nécessaire de nos jours alors que la criminalité n’a pas de frontière. Les rencontres de la NDAA permettent aux procureurs de tisser des liens, et d’ensuite faciliter la collaboration pour limiter les délais, spécifiquement lorsqu’on pense aux limites imposées par l’arrêt Jordan.

« Si mon témoin se trouve en Floride, et que je connais le procureur de la Floride, je peux l'appeler pour voir comment il voit les choses. Parfois, il peut s'assurer que le témoin est présent, s'il est prêt à témoigner sur une base volontaire sans qu'on soit obligé de passer par tout le processus formel, et ainsi gagner du temps. »

Collaboration transfrontalière

De nombreux sujets méritent une attention et une compréhension entre les procureurs de chaque côté de la frontière: trafic de stupéfiants et crise des opioïdes, la traite de personnes, le dark web et la cybercriminalité, par exemple. Il est important pour les procureurs de comprendre les systèmes de chacun pour mieux travailler ensemble par la suite.

« Nous avons un code criminel, mais aux États-Unis, il y en a 50+1: il y a un code fédéral et chaque État a son code. Même entre eux, c'est important de s'asseoir et de trouver une certaine uniformité de pratique. »

L’implication du DPCP dans la NDAA permet également d’en tirer les meilleures pratiques et de s’inspirer des projets novateurs qui ont cours au sud de la frontière. C’est le cas du programme d'enrichissement juridique et décisionnel, où des procureurs bénévoles se rendent dans des classes de 5e année du primaire, sur une quinzaine de sessions, pour rencontrer les jeunes et aborder différents sujets comme l'intimidation dans un contexte de justice.

« C’est né d'une rencontre de la NDAA où Jackie Lacey, la district attorney de Los Angeles, a fait une présentation sur le projet LEAD qu'elle a implanté chez elle. On s'est dit que ce serait intéressant d'amener ça chez nous. On a pris le modèle, qu'on a traduit et adapté, et c'est un véritable succès chez nous. »