Jean-Nicolas Loiselle, président du syndicat des juristes de Montréal. Photos : LinkedIn de Jean-Nicolas Loiselle et Radio-Canada
Jean-Nicolas Loiselle, président du syndicat des juristes de Montréal. Photos : LinkedIn de Jean-Nicolas Loiselle et Radio-Canada
Les juristes membres du Syndicat affilié à la FTQ demandent un rattrapage salarial de 3,6% avec les juristes provinciaux.

« Lors de la signature de la convention collective de 2014, nous avions obtenu la parité avec les procureurs provinciaux, à la demande de la Ville, mais en cinq ans, un nouvel écart s'est creusé et maintenant la partie patronale n'est plus intéressée par la parité, c'est un manque de respect flagrant », déclare par voie de communiqué Jean-Nicolas Loiselle, président du syndicat des juristes de Montréal.

En entrevue avec Droit-inc, Me Loiselle souligne également que la Ville éprouve de la difficulté à combler deux postes au sein de son contentieux dû à cet écart salarial et au recours aux cabinets externes.

« Des membres me disent: “est-ce qu’ils attendent que des avocats partent dans le privé? Parce que si ça continue comme ça, c’est ça qui va arriver”. Ça me désole d’entendre ça, ce sont des gens qui ont la fonction publique à coeur. »

Selon les juristes de Montréal, entre 2013 et 2015, moins d’un million $ par année ont été dépensés en frais juridiques externes. Au 1er octobre, ce montant s’établit à 2,4 millions $, soit plus du double, et l’année n’est pas terminée.

L’utilisation accrue des ressources internes pourrait diminuer ces frais, tout en assurant un meilleur rempart contre la collusion, dit Me Loiselle.

« Les juristes ont vécu des périodes difficiles en 2012-2013, à l’époque de Frank Zampino et de l’arrestation de Michael Applebaum. Si je me souviens bien, le maire Denis Coderre avait dit à l’Assemblée nationale que s’il y avait une chose qui fonctionnait encore à la Ville de Montréal, c’était le contentieux. »

Les négociations reprendront le 17 décembre avec la présence d’une médiatrice nommée par le ministère du Travail.

« La Ville, c’est une grosse machine. Je crois que les élus ne sont pas au fait de nos conditions de travail. C’est pour ça qu’on a fait une journée de grève. Ils vont se rendre compte qu’on ne demande pas la Lune, mais juste de conserver notre expertise interne. »