Me David Bessette s’ouvre à Droit-inc sur comment se porte son domaine de droit en pandémie. Photo : Site Web de Bessette Avocats inc
Me David Bessette s’ouvre à Droit-inc sur comment se porte son domaine de droit en pandémie. Photo : Site Web de Bessette Avocats inc
Le droit des affaires ne va pas si mal que ça en COVID-19, paraît-il!

Si bon nombre d’entreprises ont mis leurs activités ou leurs projets sur la glace à cause de la pandémie, d’autres entreprises au contraire se créent et ont besoin d’avocats, indique Me David Bessette de Bessette Avocats inc.

L’avocat observe en effet qu’il y a quantité de démarrages d’entreprises actuellement, et que c’est précisément la pandémie qui les cause.

« Surprenamment, il y a beaucoup de gens qui sont en mode action, qui sont en mode “je me lance en affaires”, ou “je vais de l’avant avec des projets que j’avais mis de côté alors que j’étais bien occupés avant la crise” », souligne Me Bessette.

On perd son emploi? On part en affaires!

D’après le Barreau 2014, les nouveaux entrepreneurs sont bien souvent des gens qui ont perdu leur emploi, qui ont été mis à pied, ou encore dont la rémunération a été diminuée par un employeur à la situation financière précaire.

Parce que « ce n’est pas tout rose non plus » dans le milieu des affaires québécois, tempère l’avocat. « On a quand même aussi des clients qui, eux, sont plus en mode survie ou en mode “maintenir mon entreprise” et garder le cap. »

Résultat : on sauvegarde l’entreprise en revoyant les manières de faire, en réduisant les coûts fixes et le nombre de salariés, et « peut-être en transigeant davantage avec des sous-traitants », analyse Me Bessette.

Une situation qui risque de perdurer un bon bout de temps, et qui risque de pousser encore plus de Québécois sur le chemin du travail autonome, de l’incorporation et de l’association.

« Les salariés se rendent compte que d’être employé n’est pas nécessairement la voie la plus sécuritaire, la voie où on est tout le temps sûr d’avoir de l'argent qui rentre, observe Me Bessette. Il y en a qui ont plus constaté la fragilité d’être employé et qui se rendent compte que quand on a des clients, beau temps mauvais temps, on peut quand même tirer son épingle du jeu. »

Ces salariés, ou ex-salariés, constituent la grande majorité de la clientèle que la COVID-19 a amenée à l’avocat en droit des affaires, et qui vient contrebalancer en partie le ralentissement des mois de mars et d’avril.

« Je trouve ça quand même de bon augure », glisse Me Bessette.

Accent sur la multidisciplinarité

Presque tous les autres dossiers datant d’avant la pandémie sont sur la glace… mais peut-être pas pour longtemps!

« La COVID-19, ça force les entreprises à travailler sur leur entreprise et non pour leur entreprise », constate Me David Bessette.

La pandémie incite les entreprises à prendre du recul pour concrétiser des projets qui étaient mis sur la glace depuis un certain temps, améliorer leur pratique d’affaires, réduire les coûts, réduire les dépenses, bref, « travailler sur leur rentabilité ».

Autre constat de l’avocat spécialisé en droit des affaires : les tendances qu’on observait en droit des affaires avant la COVID-19 s’accélèrent, et tout particulièrement la multidisciplinarité.

« Ce que j'observe de plus en plus autour de moi, c’est qu’il y a des avocats qui s'associent avec des comptables, des fiscalistes, ou du moins qui travaillent en collégialité avec eux », témoigne Me Bessette.

L’avenir du droit des affaires serait-il dans les PME et les cabinets multidisciplinaires?