La juge de la Cour supérieure du Québec Hélène Di Salvo. Photo : Archives
La juge de la Cour supérieure du Québec Hélène Di Salvo. Photo : Archives
Bien que que les crimes commis dans un contexte de violence conjugale doivent être plus sévèrement punis depuis 1995, les juges expriment de plus en plus leur profond désaccord face à ces violences, souligne le Journal de Montréal.

Un constat qu’a fait le criminaliste Me Michael Morena, en entrevue avec le journal.

« La violence systémique envers les femmes est de plus en plus soulignée et sanctionnée, dit-il. Ça lance un message à la population concernant ce problème sociétal. »

Les exemples des juges qui prennent la parole pour dénoncer les crimes de violence sexuelle sont nombreux ces derniers temps.

« Il est primordial de protéger le droit des femmes de mettre fin à une relation sans craindre des représailles », a notamment lancé le juge de la Cour du Québec Dennis Galiatsatos. Il refusait alors de libérer sous caution le Lavallois de 20 ans El Mehdi Rhazzourri, accusé d’avoir contrôlé, battu et harcelé sa conjointe qui venait de le quitter.

« Le harcèlement, les menaces et l’acharnement dans le contexte d’une rupture de relation conjugale sont pris au sérieux par les tribunaux », a ajouté le juge Galiatsatos.

« L’époque où la femme est la propriété de l’homme est révolue, mais ça continue malheureusement de sévir », a quant à lui affirmé le juge de la Cour supérieure du Québec Jean-François Buffoni.

Et ça continue, et toujours dans des décisions récentes.

Le juge Denis Lavergne de la Cour du Québec est très clair quant aux conséquences de la violence psychologique dans un couple.

« Il est bien connu que la violence psychologique, inhérente à la violence conjugale, conduit à la dévalorisation, l’humiliation et l’isolement, affectant l’estime de soi, forçant le repli et même la remise en question de la responsabilité de l’agresseur », souligne le juge Lavergne.

« Trop de femmes sont assassinées par un conjoint jaloux incapable d’accepter la rupture », estime la juge de la Cour supérieure du Québec Hélène Di Salvo.

Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes. Photo : Radio-Canada
Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes. Photo : Radio-Canada
Un soulagement pour les victimes

Non seulement ces salves des juges permettent de mettre les points sur les i quant à l’espace accordé à la violence conjugale au Québec, elles ont aussi un impact sur les victimes. Elles se sentent écoutées.

La directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes Manon Monastesse, en entrevue avec le Journal de Montréal, juge « réjouissant » cette prise de parole des magistrats.

« C’est dans l’air du temps, c’est encourageant, dit-elle en rappelant qu’il y a encore beaucoup de travail à faire, puisque seulement 22 % des victimes de violence conjugale vont à la police. Mais il faut aussi des peines plus dissuasives », note-t-elle.