Me Azim Hussain. Photo : Archives
Me Azim Hussain. Photo : Archives
Alors que les plaidoiries se poursuivent contre la loi 21 sur la laïcité, les arguments des avocats prennent des tournures inattendues.

Vendredi, c’était au tour d’un avocat de NOVAlex (et ancien associé chez Norton Rose Fulbright) Me Azim Hussain de faire valoir ses points pour faire invalider la loi 21. L’avocat représentant la Coalition Inclusion Québec n’y est pas allé par quatre chemins. Le Journal de Montréal a rapporté ses propos.

« La forme que prend la discrimination existe de manière variable et nous avons vu dans l’Histoire qu’elle peut devenir de plus en plus haineuse, de plus en plus horrible. Et que la société pensait à ce point : “ C’est juste ça, c’est juste ces lois ”, mais après ça progresse, a dit Me Hussain. Les lois (de Nuremberg) ont jeté les bases pour ce qui s’est passé plus tard. »

« Si l’argument du procureur général au sujet de la loi 21 est accepté, alors encore une fois, nous prenons l’exemple des Canadiens d’origine japonaise, aucune protection des Chartes ne sera disponible pour la prochaine minorité soumise à une mesure similaire. L’argument du procureur général ne contient aucune limite en soi qui empêchera davantage de violations (des droits) », a poursuivi l’avocat, en ajoutant que le tout « devait être pris en compte dans l’analyse ».

« Les situations de guerre ne font pas ressortir le meilleur de la société », a indiqué à Me Hussain le juge Marc-André Blanchard, tout en qualifiant au passage « d’abjects » les événements liés à la Seconde Guerre mondiale.

Propos mal interprétés

Me Hussain a toutefois assuré lundi matin qu'il n'a jamais voulu faire une telle comparaison et que ses propos ont été mal interprétés, rapporte encore le Journal de Montréal.

«Certains ont vu cela comme une équivalence entre la loi 21 et les lois de Nuremberg. Je veux être clair, une telle représentation de mes paroles est une complète distorsion de ce que je voulais dire. Je n'ai pas suggéré, et je ne suggérerais jamais, que le contexte social, économique ou historique dans lequel ces lois ont été adoptées et notre situation actuelle sont équivalentes», a soutenu Azim Hussain.

Le juge Marc-André Blanchard a d'aiileurs indiqué qu'il avait compris qu'il ne s'agissait pas d'une réelle comparaison.

Frederic Bastien. Photo : Site web du PQ
Frederic Bastien. Photo : Site web du PQ
Plainte contre le juge

L’historien, enseignant et ancien candidat à la chefferie du PQ Frederic Bastien a annoncé sur Facebook avoir porté plainte contre le juge Blanchard auprès du Conseil canadien de la magistrature dimanche dernier. Selon le Journal de Montréal, il prévoit également porter plainte contre l’avocat Me Azim Hussain.

« Je me permets d’affirmer que cette comparaison entre le génocide de six millions d’Israélites et la loi 21 constitue non seulement une banalisation de l’Holocauste mais aussi un outrage à la mémoire des victimes juives du nazisme », écrit M. Bastien.


Source : Facebook/Frederic Bastien.

« Non seulement le juge n’a pas mis en garde l’avocat et ne lui a pas dit de faire attention (avec sa) comparaison outrancière (...), mais il a validé les arguments. Il n’a pas fait son devoir de se dissocier et de ramener l’avocat à l’ordre », a déclaré M. Bastien au Journal de Montréal.

L’historien et enseignant au collège Dawson s’insurge fréquemment sur les réseaux sociaux. Cette année seulement, il s’en est pris à la Commission canadienne des droits de la personne, à la Faculté de droit de McGill, à la Charte des droits et libertés, à l’ancienne ministre de la Justice Sonia LeBel, à l’ex-juge en chef de la Cour d’appel du Québec Nicole Duval Hesler, et à la Cour suprême.