Mes Béatrice Lalande et Yaël Lachkar.
Mes Béatrice Lalande et Yaël Lachkar.
Deux anciennes avocates de RSS se lancent dans l’aventure d’ouvrir leur propre cabinet en droit de la famille.

« Yaël était ma collègue préférée ». « Une certaine chimie existe entre Béatrice et moi dès le premier jour et c’est rare dans le milieu, ça ne m’était jamais arrivé ». Mes Yaël Lachkar et Béatrice Lalande n’ont que de beaux mots l’une envers l’autre.

Les deux avocates ont sauté le pas et ont lancé leur propre cabinet en droit de la famille, en pleine pandémie. À les entendre, elles ont eu le coup de foudre l’une pour l’autre dès le début.

« On travaillait très souvent ensemble, on ne voulait plus se séparer, alors on s’est dit qu’on allait lancer notre propre cabinet », explique Me Lachkar, qui ajoute « à deux, c’est mieux! »

Les deux avocates ont pourtant un parcours très différent. Me Lachkar est une immigrante française qui a fait ses études de droit en France. Elle a commencé sa carrière en droit des affaires et en propriété intellectuelle avant de s’envoler avec son conjoint de l’époque pour le Québec.

Là, elle lance avec lui un petit restaurant de quartier en 2001 et met en pause sa carrière. Mais le droit lui manque, elle reprend alors des études et passe l’examen du Barreau du Québec. Elle travaille dans un petit cabinet, toujours en droit des affaires et en litige commercial.

C’est là qu’elle se rend compte que le litige, c’est quelque chose qui lui correspond. En 2012, elle intègre Borden Ladner Gervais où un voisin de bureau lui fait découvrir ce qui touche aux successions, aux fiducies. La porte vers le droit de la famille s’ouvre. Me Lachkar s’y faufile. Direction RSS.

Me Béatrice Lalande.
Me Béatrice Lalande.
« Le droit de la famille, c’était instinctif, finalement. De toute ma carrière, c’est à RSS que j’ai passé les plus belles années de ma vie », confie-t-elle. Philosophe, elle estime que ce n’est qu’avec les années qu’on peut découvrir ce qu’on aime vraiment et surtout mieux se connaître.

Béatrice Lalande, elle, est diplômée de l’Université de Montréal, Barreau 2016, et détient un DESS en prévention et règlement des différends de l’Université de Sherbrooke. Contrairement à sa collègue, elle baigne dans le droit de la famille depuis le début de sa carrière.

« J’ai d’abord travaillé chez Juripop où j’ai été amenée à défendre les personnes vulnérables dont les conjoints étaient représentés par les gros cabinets. En 2018, je suis partie à RSS », raconte la Québécoise.

Quelques années plus tard, les deux avocates se lancent donc à leur compte. Les voilà donc embarquées dans une nouvelle aventure en binôme. Principal défi auquel elles ont dû faire face : la rapidité avec laquelle il fallait agir. D’un côté elles devaient monter leur cabinet, de l’autre continuer de préparer les procès en cours ou qui allaient se tenir. Au bout du compte, le cabinet Lachkar Lalande est né, il y a quelques mois.

Une affaire qui roule

Leurs clients actuels ont de l'argent. Les deux avocates expliquent que la plupart sont médecins, ingénieurs, travaillent dans la finance...ou bien ce sont leurs conjoints qui eux, sont plus vulnérables.

« Beaucoup d’entre eux, mariés ou conjoints de fait, la plupart avec des enfants, font face aux enjeux classiques de la séparation à savoir un conflit autour de la garde et des obligations alimentaires et des partages d’actifs qui peuvent s’avérer fort complexes », détaille Me Lachkar.

Et ces clients, elles les ont cherchés non pas grâce à la publicité — puisqu'elles confient n'en avoir fait aucune —, mais grâce au bouche-à-oreille surtout. Elles ont même mis du temps à mettre sur pied leur site internet.

Me Yaël Lachkar.
Me Yaël Lachkar.
Interrogées sur leur stratégie de développement, les deux femmes estiment qu'il est encore trop tôt pour y réfléchir. L'essentiel étant que pour le moment, elles entrent dans leurs frais. Et ce « depuis le jour 1 », indiquent-elles.

« Nous avons dédié les six premiers mois de notre pratique à la mise en place du bureau sans jamais être dans le rouge. Ce n’est pas de la chance. C’est de la gestion, de l’organisation et de la discipline le tout combiné à un travail d’équipe, entre Béatrice et moi et à une vision commune de ce que doit être et devenir ce bureau », précise Me Lachkar.

Le droit de la famille au corps

Les deux femmes confient aimer la « proximité avec les clients » qu’apporte le droit de la famille.

« C’est un droit qui touche tout le monde. On a le sentiment de réellement faire une différence », ajoute Me Lalande.

Me Lachkar de son côté, explique : « Le côté humain du droit de la famille vient me chercher. J’aime aussi la bataille. C’est sûr qu’il faut apprendre à négocier, mais ma personnalité colle bien avec ce qui est recherché en droit de la famille ».

Ce trait de personnalité, c’est la combativité. Qui vient compléter celui de Me Lalande. Car si Me Lachkar se décrit comme quelqu’un de « conflictuel », « de caractère » — son « côté méditerranéen », dira-t-elle, Me Lalande est plutôt la « force tranquille » du binôme, celle qui a une « douceur naturelle ».

Me Lachkar résume : « elle m’apaise, et moi je la pousse à être plus combative ». Selon l’avocate, leur mécanique est bien huilée et elles comptent bien miser sur leur alchimie pour développer leur affaire. « On vend beaucoup notre duo et l’efficacité du travail qu’on offre à deux. C’est ce qui nous caractérise le plus », ajoute-t-elle.

De toute façon, les deux avocates n’ont jamais envisagé de quitter RSS seules, chacune de leur bord.

C’était ensemble ou rien.