Caroline Morand
Caroline Morand
« Ce qu’on fait le plus dans la vie, c’est quand même de travailler… alors quand ce n'est pas ta passion, ça peut être long, c’est dur de rayonner là-dedans ».

Caroline Morand, feu « maître Morand », n’a pas trouvé son bonheur dans le droit. Pourtant, elle s’était appliquée à faire un bac à l’Université de Montréal, a passé son Barreau en 2015, faire un stage, et même travaillé dans le cabinet lavalois, Dufour-Mottet. Son truc, c’était le litige civil et le droit familial.

Alors quand elle a annoncé à ses collègues et sa famille qu’elle plaquait tout pour partir deux mois en Inde, ils sont un peu tombés de leur chaise.

« Mes parents étaient tout de même très fiers de moi que je sois devenue avocate. Alors finalement leur dire que non, je veux être professeur de yoga… c’était un choc pour eux. Au début, mon père a longtemps cru que j’allais tout de même retourner à la pratique », explique Caroline Morand.

« Le yoga, c’est pas aussi glamour que le droit pour eux… », ajoute-t-elle en riant.

L’idée du yoga ne lui est pas non plus venue de nulle part. Caroline faisait déjà un peu de yoga à l’université, surtout durant les périodes d’examens, mais avec peu d’assiduité. Mais une fois avocate, c’était tous les jours qu’elle se rendait au studio faire la position du chien tête en bas ou du pigeon.

« J’ai découvert qu’en bougeant mon corps on pouvait contrôler son énergie positivement. Il y a plein de choses qu’on fait sur un tapis de yoga qui peuvent se transposer dans la vraie vie », raconte-t-elle enthousiaste.

En Inde

C’est donc en Inde qu’elle suit une formation intensive d’un mois, à Goa : six jours par semaine, de 7h à 16h. « On y apprend la philosophie du yoga, les alignements, la respiration, comment construire un cours aussi », détaille-t-elle.

Aujourd’hui Caroline veut transmettre tous ces enseignements, d’où l’idée de se lancer et de donner des cours de yoga. Avant la COVID, elle en donnait dans trois studios différents, sur la Rive-Sud, mais la pandémie a mis un terme à cette activité.

Il a donc fallu s’adapter. Et quoi de mieux que de lancer sa propre plateforme en ligne pour continuer d’offrir à ses élèves et aux curieux, des cours de yoga de tous les niveaux et de toutes les durées?

« Le site mashala.ca a été lancé il y a deux semaines maintenant. Quatre professeurs interviennent. On propose des vidéos en direct, mais aussi des abonnements aux mois ou à l’année, avec du nouveau contenu chaque semaine », explique la professeure. Pour le moment, il y a déjà presque 50 cours de yoga, mais aussi de pilates.

Si Caroline vise à rejoindre les particuliers grâce à Instagram notamment et au bouche-à-oreille, elle espère également obtenir des contrats avec des entreprises. Elle offre donc des abonnements corporatifs et en fait la publicité sur LinkedIn.

Le but est de rendre le yoga accessible : 19$ par mois si on s’abonne pendant un an ou 24$ par mois. « Beaucoup de gens associent le yoga à réussir à faire l’équilibre sur la tête ou la split. D’autres sont à l’opposé et pensent qu’on reste simplement assis pendant des heures et qu’on médite. L’idée c’est d’offrir quelque chose de diversifié, offrir quelque chose de plus traditionnel, d’authentique et moins fitness », avance-t-elle.

Pour le moment, la plateforme et les cours sont uniquement en français. À terme, s’il y a un intérêt, Caroline envisage de proposer un contenu anglophone.

Mais dans tout ça, la jeune entrepreneure reste inscrite au Barreau du Québec. Et quand on lui demande pourquoi, puisqu’elle semble assez déterminée à ne pas revenir au droit, elle répond : « je crois que c’est quelque chose de mental. C’était tellement difficile de faire mon Barreau, que ça me semble difficile aussi de le laisser aller. Je me dis que c’est là, juste au cas ou… »

Mais rester inscrite au Tableau de l’ordre comporte ses inconvénients. En plus de la cotisation annuelle, Il faut suivre un certain nombre de formations obligatoires pour rester à jour. Difficile pour quelqu’un qui n’est plus passionné par le droit…

« J’essaye de choisir celles qui pourraient tout de même m’intéresser, celles qui sont plus ancrées dans l’actualité, comme lorsque le cannabis a été légalisé par exemple », détaille-t-elle.

Mais aucun risque pour le moment que Caroline fasse marche arrière : le droit, ça ne lui manque pas du tout!