Mes Mike Diomande et Jacky-Éric Salvant. Photos : LinkedIn et archives
Mes Mike Diomande et Jacky-Éric Salvant. Photos : LinkedIn et archives
Éconofitness peut-elle modifier de façon unilatérale les termes de son abonnement platine, sans offrir d’autres possibilités à ses usagers ?

C’est la question qu’aimerait poser Boby Carius, un inspecteur de la STM, à la Cour supérieure du Québec, dans le cadre de sa demande d’action collective.

M. Carius et ses avocats, Mes Mike Diomande, Jacky-Éric Salvant et Stéphanie Dakouri, se demandent notamment si Les Entreprises Vivre en forme, qui gère les gyms Éconofitness, ont violé des articles de la Loi sur la protection du consommateur (LPC) en modifiant le « caractère illimité » de son abonnement platine.

« La défenderesse enfreint-elle la LPC, en continuant à vendre des abonnements platines illimités, alors qu’elle n’est plus en mesure d’offrir un accès illimité, un partage illimité de la carte de membre et autres avantages de cet abonnement ? Commet-elle une faute aggravante ? », questionne la demande d’action collective que Droit-inc a consulté.

Joint par Droit-inc, Les Entreprises Vivre en forme préfère éviter de commenter le dossier de vive voix. « Nous en nions évidemment le bien-fondé ; il suffit de la lire pour en constater la faiblesse », indique par courriel M. Alain Beaudry, le président des Entreprises Vivre en forme.

Les Entreprises Vivre en forme est représentée par Mes Samuel Bachand et Geneviève Forget de PFD Avocats.

Un accès réduit

Boby Carius est abonné à Éconofitness depuis quelques années.

Il a opté, en février 2020, pour le forfait platine, lequel offre un accès illimité à toutes les succursales des centres Éconofitness, un accès illimité aux douches et à d’autres accessoires ainsi que la possibilité de partager sa carte de membre avec des personnes de son entourage.

Mes Samuel Bachand et Geneviève Forget. Photos : Site web de PFD Avocats
Mes Samuel Bachand et Geneviève Forget. Photos : Site web de PFD Avocats
En raison de la pandémie, M. Carius soutient ne pas avoir été en mesure de profiter pleinement de son abonnement. Les centres Éconofitness auraient notamment limité l’accès de leurs membres à leurs installations.

« En effet dorénavant, le demandeur doit réserver pour avoir accès au Éconofitness et il ne peut réserver que trois séquences sur trois jours », indique à titre d’exemple la demande d’action collective.

« À ce jour, le demandeur constate que la défenderesse continue de faire la publicité et de vendre encore l’abonnement platine tel que lui l’a acheté, alors que la défenderesse sait et/ou ne peut ignorer qu’elle ne peut pas offrir l’accès illimité et le partage illimité de la carte de membre (...) », ajoute la requête.

À noter qu’Éconofitness a « reporté » l’abonnement platine de M. Carius pour qu’il puisse récupérer les mois perdus en raison de la fermeture des salles d’entraînement. Insatisfait, le principal intéressé réclame une réduction de son tarif d’abonnement en raison de la modification des termes de celui-ci.

Une réduction de prix

Boby Carius aurait contacté Les Entreprises Vivre en forme pour réclamer une réduction de son abonnement le 9 avril dernier.

Sa demande écrite serait demeurée sans réponse, selon Me Mike Diomande. « À ce jour, il n’a pas obtenu de réponse de leur part à l’exception d’un courriel automatique ».

S’il est autorisé, l'inspecteur de la STM aimerait être désigné comme le représentant du recours. Il espère que les éventuels membres pourront obtenir une réduction de leur abonnement platine ou un remboursement intégral.

« En leur proposant un abonnement avec réservation, c’est un abonnement inférieur à ce qu’ils ont payé. Surtout, ils n’ont pas obtenu de réduction et on ne leur a pas proposé de remboursement », illustre Me Diomande, l’un des avocats de M. Carius, en faisant allusion aux personnes qui seraient dans la situation de son client.

La requête estime que ces derniers, soit les abonnés platine qui ont perdu leur « accès illimité » aux centres Éconofitness depuis mars 2020, sont en droit de réclamer des « dommages exemplaires » en raison de la « gravité des fautes commises ».

La demande fait mention d’un dédommagement de 300 $ à titre de dommages punitifs pour chacun des membres du recours.

M. Carius affirme notamment avoir le temps, l’énergie et la détermination requise pour assumer les responsabilités qui lui incomberont s’il est désigné comme représentant d’un éventuel recours.