Me Lydie Olga Ntap. Source: Longueuil Ensemble
Me Lydie Olga Ntap. Source: Longueuil Ensemble
Me Lydie Olga Ntap, candidate aux élections municipales sur la liste Longueuil Ensemble, a été radiée temporairement du Barreau trois fois entre 1998 et 2004.

Au printemps, Me Ntap avait prévu de se lancer elle-même à la tête d’une liste, mais elle avait fini par fusionner avec celle de Josée Latendresse, pour créer la liste Longueuil Ensemble.

Lors des élections précédentes, Josée Latendresse avait perdu face à Sylvie Parent, la mairesse dont le mandat s’achève cette année, et qui ne sollicite pas un nouveau mandat.

Assermentée en 1996, l’avocate avait été radiée une première fois en 1998. Le comité de discipline du Barreau l’avait sanctionnée d’une radiation temporaire pour ne pas s’être conformée aux exigences du Fonds d’assurance responsabilité du Barreau du Québec, relève Le Journal de Montréal.

En 1998, l’avocate avait choisi de ne plus être inscrite au Barreau. Elle était devenue consultante en immigration.

Mais elle s’était à nouveau retrouvée devant le comité de discipline du Barreau, en 2004, pour des faits remontant entre 1996 et 1998. Me Ntap avait été reconnue coupable d’avoir négligé de s’occuper de mandats confiés par quatre clients, et ainsi de s’être approprié les montants versés à titre d’avance sur des honoraires professionnels en matière d’immigration. Le comité de discipline du Barreau lui avait infligé deux radiations d’une période de cinq mois, à purger consécutivement.

L’avocate se défend

Sur sa page Facebook de candidate, Me Ntap relate que ses débuts en droit se sont déroulés dans un contexte personnel tourmenté, dont « un divorce tumultueux, une dépression longue durée documentée, la perte de ma mère en mars 1998 », énumère-t-elle. Elle raconte ses premières années au Québec, celles d’une immigrante, monoparentale, dans la précarité, et victime de violence conjugale et de harcèlement sexuel.

« Certes en début de pratique en 1996, j’ai fait des erreurs de jugements par manque de confiance en moi et d’expérience : tellement peu de noirs en droit à l'époque, zéro modèle et aucun mentor. Je me suis donc lancée dans la pratique du droit tête baissée et victime d’harcèlement sexuel par un patron québécois, au travail. Il se reconnaitra. »

Depuis, l’avocate s’est réinscrite au Barreau. Elle exerce en droit criminel, droit des affaires et droit de la jeunesse. Me Ntap est devenue muséologue et fondatrice du Musée de la Femme du Québec, à Longueuil. Elle a obtenu un doctorat en muséologie à l’UQAM.

Me Lydie Olga Ntap défend son intégrité, une fois passées les erreurs d’une jeunesse difficile. « Des sommités de la transparence et de l’intégrité (qui) m’ont soutenu tout au long de mon parcours professionnel au Barreau et comme avocate », souligne l’avocate, avant de saluer son conjoint, l’expert en gouvernance Michel Nadeau, « un des hommes les plus intègres au Québec. La vie est bien faite et elle est juste : ma caution morale la plus tangible et 22 ans de vie commune formidable et de confiance inébranlable. J’aime à souligner cette chance, qui conforte encore plus que je suis une fille bien, une femme audacieuse, fiable et engagée. »

Me Ntap conclut en accusant ses adversaires politiques d’être à l’origine de la diffusion de ses démêlés passés avec le comité de discipline du Barreau. « Alors que mon conjoint Michel Nadeau, une sommité de la transparence et de l’intégrité est en soins palliatifs, j’aurais souhaité de mes adversaires plus d’humanité, de compassion et de jugement. »

De son côté, Josée Latendresse, la cheffe de l’équipe Longueuil Ensemble, réaffirme son soutien à Me Ntap. « Lydie est une femme de grande valeur et sa compétence et son talent seront des atouts extraordinaires pour le conseil de ville. Les faits qui sont déterrés aujourd’hui remontent à très longtemps et sont survenus dans un contexte très particulier, qu’elle a eu largement l’occasion d’expliquer, assure Mme Latendresse. Ces faits n’ont jamais été cachés et elle a toujours fait preuve d’une transparence exemplaire. Elle est aujourd’hui une avocate émérite et une femme d’affaire respectée. Je suis entièrement solidaire avec elle et lui réitère toute ma confiance. »