Gary Kalaci. Source: Site web d’Alexa Translations
Gary Kalaci. Source: Site web d’Alexa Translations
La traduction de l’anglais vers le français, et vice-versa ? Un vrai cauchemar pour beaucoup de professionnels canadiens du droit et des affaires.

Dans un pays marqué par la dualité linguistique et où le volume de documents juridiques et financiers est très élevé, produire simultanément des textes dans la langue de Molière et de Shakespeare relève souvent du miracle et coûte une fortune.

Cette problématique, Gary Kalaci l’a comprise depuis longtemps, même si pour lui, il est hors de question de parler de deux solitudes.

« Nous devons être fiers de nos deux langues officielles, et non les questionner ! » s’exclame-t-il.

Pourtant, sur le terrain, tout n’était pas rose. Au cours de ses études en droit des affaires, puis lorsqu’il a occupé des postes de direction d’organismes, M. Kalaci a remarqué à quel point la qualité des textes, le service à la clientèle et le respect des échéances laissaient à désirer en matière de traduction.

En fondant Alexa Translations en 2002, M. Kalaci avait donc un objectif clair : soutenir son milieu, ainsi que celui des affaires, avec des traductions techniques rigoureuses et efficaces.

Source: Site web d’Alexa Translations
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« Mais je me suis rendu compte que ce service ne suffisait pas. D’une part parce que les besoins en traduction sont de plus en criants partout, et de l’autre parce qu’il y a de moins en moins de traducteurs sur le marché. Alors, je me suis lancé un nouveau défi, celui de créer une solution pérenne. »

La technologie appliquée au secteur de la traduction

En 2018, l’entrepreneur a racheté une entreprise qui avait créé une application de traduction juridique multilingue. Puis il a travaillé sur cette base technologique pendant un an et demi, à coût de millions de dollars, pour en faire un outil tout à fait surprenant.

Imaginez un instant une plateforme en mesure de traduire en anglais ou en français n’importe quel type de document juridique ou financier en un temps record. Avec une capacité de traduction de 30 000 mots par minute, contrairement à une douzaine pour un traducteur traditionnel, la différence est majeure.

Mais elle l’est encore plus lorsqu’on observe que la qualité de traduction dépasse les 90 %, et que la mise en pages d’origine du document, quel que soit son format, est respectée.

Comment est-ce tout simplement possible ?

« En conjuguant innovation et expertise, répond Gary Kalaci. Chez Alexa, nous avons 25 développeurs à temps plein qui travaillent à l’amélioration continue d’algorithmes en intelligence artificielle, qu’ils nourrissent chaque semaine de dossiers de cour, de mémoires et d’une batterie de documents officiels de qualité sélectionnés par notre équipe d’experts en traduction technique. Les deux départements collaborent très étroitement ensemble, c’est notre force. »

Source: Site web d’Alexa Translations
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Vision canadienne

Alexa est loin d’être le seul moteur de traduction simultanée sur le marché. Mais il est, au même titre qu’Antidote dans le domaine de la révision, une référence canadienne.

Comme le confirme le PDG avec une pointe de fierté, « Nous avons misé sur l’anglais et le français pour répondre aux besoins des Canadiens. »

Une approche qui pourrait de prime abord paraître un brin restrictive, jusqu’à ce qu’on se rende compte du manque flagrant de ressources adaptées à notre réalité canadienne en matière de traduction dans le milieu du droit et des affaires, notamment en français.

« Et ce manque va encore s’accentuer avec le renforcement de la Loi 96 au niveau provincial et la modernisation de la Loi sur les langues officielles au niveau canadien. Pourtant, selon moi, la langue ne devrait jamais constituer une barrière pour travailler et développer son entreprise» , ajoute M. Kalaci.

Faciliter la vie des professionnels

Au-delà de la traduction elle-même, la plateforme Alexa propose plusieurs fonctionnalités utiles à sa clientèle, aussi bien constituée de cabinets d’avocats, que d’institutions et d’entreprises.

On y retrouve par exemple un créateur de mémoires de traduction, des banques de termes, ainsi que la possibilité de modifier soi-même les documents ou de le faire de manière collaborative. Une application mobile est également disponible pour pouvoir réaliser de la traduction à distance, sur un cellulaire ou une tablette.

Source: Site web d’Alexa Translations
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« Mais je vous garantis que la sécurité est maximale, précise M. Kalaci. Tous les documents traités sont cryptés, et nous ne retenons que ceux que le client souhaite garder en banque. Nous nous assurons aussi que les droits d’accès soient nominatifs, même au sein d’une même entreprise, pour éviter toute fuite éventuelle de données sensibles. »

Avec plusieurs formules clé en main selon la taille et les besoins de chaque structure, Alexa et son moteur d’intelligence artificielle se sont rapidement taillés une place sur le marché canadien. Toutefois, son fondateur pense déjà au futur, en enrichissant sans cesse la plateforme d’options pour répondre aux besoins émergents de ses clients. La langue espagnole s’est ainsi récemment greffée à l’anglaise et à la française, et l’entrepreneur pense déjà à en intégrer d’autres comme la chinoise, qui est souvent au centre de transactions commerciales menées par des Canadiens.

Pour nourrir ses ambitions, à savoir devenir la meilleure plateforme au pays de traduction technique dans le domaine juridique et financier, l’équipe d’Alexa Translations passera sous peu de 25 à 45 développeurs. Et quelque chose nous dit que cette jeune pousse canadienne réussira son pari!