Leonardo Iacono et sa fille Josie
Leonardo Iacono et sa fille Josie
Lorsqu’on demande aux avocats, juges et magistrats qui côtoient le palais de justice de Montréal le restaurant qu’ils préfèrent fréquenter, leur réponse est presque invariablement « Le Muscadin ». Et ce, depuis 35 ans !

Une fidélité aussi indéfectible envers un établissement du Vieux-Montréal, qui regorge de restaurants, semble surprenante au premier abord. Pourtant, depuis 1987, 75% de la clientèle du Muscadin est bel et bien juridique. Qu’il s’agisse d’une réunion entre collègues d’un même cabinet, d’une rencontre informelle entre un procureur et un juge, ou même d’un repas d’affaires avec des clients, ce restaurant italien classique et élégant arrive toujours en tête de liste.

N’écoutant que notre curiosité – et notre gourmandise – nous sommes donc allés à la rencontre du cofondateur de cette institution Leonardo Iacono et de sa fille Josie pour connaître les secrets de ce succès magistral.

Plusieurs atouts particuliers

Lorsqu’on rend visite au Muscadin, on comprend rapidement pourquoi ce restaurant, ouvert du mardi au vendredi pour le dîner, et le souper et le samedi pour le souper uniquement, séduit autant le milieu juridique, en dehors du fait qu’il est situé tout près du Palais de justice de Montréal. En fait, on y est accueilli. Un accueil incroyable que l’on vit dès qu’on en franchit le seuil et qui ne vacillera pas d’un iota jusqu’à son départ.

« C’est une de nos grandes forces », admet Leonardo Iacono, qui agit à titre de maître de scène en allant chaleureusement saluer chaque table, dont il connaît plus souvent qu’autrement les convives, leurs préférences et leurs habitudes.

Le Muscadin réunit également des éléments recherchés par des avocats : un cadre intemporel, élégant et feutré, des tables bien espacées pour plus d’intimité, des chaises confortables pour pouvoir profiter pleinement du moment.

On y apprécie aussi la qualité d’un menu dont la table d’hôte de trois services est renouvelée tous les jours – les chefs vont au marché chaque matin pour décider ce qu’ils prépareront –, tout en demeurant fidèle à la gastronomie italienne classique.

« Nous sommes reconnus pour nos pâtes fraîches, mais aussi pour la qualité de nos viandes et de nos poissons », indique Leonardo. Ce dont nous pouvons attester, puisque nous avons littéralement succombé aux délicieux et racés tortellinis Muscadin revenus dans une addictive sauce rosée aux pois verts et au prosciutto, ainsi qu’aux délicats gnocchis à la ricotta servis avec une sauce Al Pomodoro (tomates et basilic). Tout, de l’entrée au dessert, est d’une fraîcheur et d’un goût irréprochables.

Enfin, il faut le souligner, les amateurs de vin sont heureux de trouver au Muscadin une des plus importantes sélections de vins italiens au Québec ! Effectivement, sa cave a déjà dépassé les 30 000 bouteilles, et les plus belles maisons s’y retrouvent.

En tenant compte de tous ces facteurs, on comprend mieux pourquoi ce restaurant s’est fidélisé une clientèle juridique aussi vaste. Mais il y a plus.

Une passion familiale

Dans une industrie où la majeure partie des établissements ferment avant leur cinquième anniversaire, une institution comme Le Muscadin a jusqu’à aujourd’hui offert bien plus qu’un beau cadre, un bon repas et un bon service pour demeurer le choix préféré des avocats. On s’y sent en fait accueilli comme un second chez-soi, avec cette part de magie que seuls des restaurateurs dévoués à leur métier peuvent insuffler.

Les succulents tortellinis du Muscadin
Les succulents tortellinis du Muscadin
Il faut dire que Leonardo et Josie sont des hôtes exemplaires, à la fois présents et discrets, sans cesse à l’écoute de leurs clients. De l’aveu de Leonardo, qui était il y a 35 ans banquier (eh oui!) avant de se lancer dans cette aventure avec son frère et son cousin, tout est une question de passion.

« Depuis 35 ans, chaque jour, j’ai le goût de venir ici. C’est un travail de passion. Exigeant, certes, mais épanouissant. Je ne saurais jamais assez remercier nos clients avocats de m’avoir permis de le vivre, et de le faire vivre aussi depuis cinq ans à Josie », raconte le propriétaire, qui a au fil de ces années développé de grandes amitiés avec certains de ses visiteurs, devenus des chums de golf, de pêche et de voyage. Quant à Josie, elle a littéralement grandi au sein du restaurant. « Je connais certains clients depuis que j’ai l’âge de cinq ans, c’est fou! » s’écrie-t-elle.

À présent que Josie tient les rênes du Muscadin, le restaurant est plus visible sur les réseaux sociaux, propose des plats à emporter et en livraison, ou offre même la possibilité de privatiser sa salle à manger pour des groupes. Mais l’esprit de famille et les valeurs qui guident l’établissement depuis ses débuts, eux, n’ont pas pris une ride. Et ce sont eux qui constituent, en bout de ligne, la plus grande réussite de ce lieu si particulier.