Hier, la firme Deveau, Bourgeois, Gagné, Hébert a en effet été citée dans un reportage du journaliste Pierre Duchesne de Radio Canada.

Selon une source du journaliste, ce cabinet lavallois aurait contribué à l'élection du maire de Saint-Jérôme, Marc Gascon , en poste depuis 15 ans, dans le but de récolter des contrats :

« Une source qui a participé aux campagnes électorales du maire Gascon affirme que Bernard Trépanier a organisé la première campagne en 1995 avec une firme d'avocats de Laval, Deveau, Bourgeois, Gagné, Hébert, présente à chaque élection depuis.(...)

Depuis la victoire du maire Gascon en 1995, Deveau, Bourgeois, Gagné, Hébert s'occupe du contentieux de la Ville de Saint-Jérôme. (...)

La firme Dessau et le bureau Deveau, Bourgeois, Gagné, Hébert n'accordent pas d'entrevues, mais nient totalement agir dans ce but. »

Entrevue

Suite à ces révélations, Me Jean-François Gagné a choisi de s’expliquer devant ses pairs.

Droit-inc.com : Hier, votre firme a été au centre de la polémique entourant un système d’élection qualifié de « clé en main » qui aurait lieu dans à Saint-Jérôme. Avez-vous de près ou de loin participé à organiser une élection dans le but d’obtenir des contrats ?

Jean-François Gagné : Ma réponse est clairement non. Ma firme nie catégoriquement avoir organisé d’une façon ou d’une autre une élection. Ce n’est pas notre métier.

Pourquoi ce reportage alors ? Avez-vous été surpris ?

Sur le principe, il est courant qu’une firme de professionnels, incluant un cabinet d'avocats œuvrant pour des clients dans le secteur public fasse les frais d'un reportage politique.

Maintenant, sur le contenu c’est différent.

Expliquez-vous ?

Le journaliste de Radio Canada Pierre Duchesne indique dans son reportage, mettant en cause ma firme, que nous n’avons pas souhaité répondre aux allégations dont il s’est fait l’écho. Cela est faux. Je lui ai accordé une entrevue.

En revanche, j’ai refusé de répondre aux questions du journaliste qui portaient sur la nature des services ou des conseils juridiques que nous aurions prodigués ou pas à des candidats à la mairie ou à la municipalité.

Comme je le lui ai expliqué, ces informations relèvent du secret professionnel et je ne peux y répondre sans violer mes obligations déontologiques.

Maintenant, nos clients ne sont pas tenus à ce secret. Eux seuls peuvent donc répondre aux questions concernant les services juridiques qu’ils reçoivent des avocats.

Vous niez également "être le contentieux de la ville" ?

Absolument. Non seulement je le nis, mais en plus je tiens à préciser que dès le stade de l’entrevue avec Radio-Canada, j'ai indiqué au journaliste que les prémisses de son reportage étaient fausses ; ses prémisses étant que notre cabinet « s’occupe du contentieux de la ville. »

Cela supposerait que nous sommes les seuls à obtenir des contrats de la ville et jouissons ainsi du monopole des contrats publics en échange de nos « services ».

C’est totalement faux.

D’ailleurs, je vous invite à le constater vous-même en consultant la liste des fournisseurs de la ville qui apparait sur chaque budget annuel de la ville de Saint Jérôme.

Vous verrez, à titre d'exemple, que Dunton Rainville et Prévost Daoust Fortin, pour en nommer que deux, sont également des avocats de la ville de Saint- Jérome.

Quel est l’ordre de grandeur des honoraires perçu par votre firme de la municipalité de Saint-Jérôme ?

Sur ce point, je vous réserve la même réponse que celle faite à votre confrère. C’est de l’information privilégiée.

Je ne peux pas vous répondre sans violer mes règles déontologiques. De plus je refuse de rentrer dans ce débat et d'être pris dans ce tourbillon politique.

Malheureusement c'est le lot de toutes les firmes de professionnels qui agissent pour des pouvoirs politiques d'avoir leur nom galvaudés dans des histoires politiques. Moi je pratique le droit. Pas la politique.