Source: Shutterstock
Source: Shutterstock
Si l’activité enregistrée en 2022 a chuté par rapport à l’an dernier, il reste que le secteur des fusions et acquisitions reste particulièrement vigoureux.

C’est du moins le constat que fait le cabinet Miller Thomson, qui recense l’activité transactionnelle au pays pour le premier trimestre 2022 dans son récent bulletin Tendances en matière de fusions et acquisitions au Canada.

Analysant l’activité des cinq derniers trimestres à partir des données de la firme Capital IQ, Miller Thomson remarque ainsi que les transactions enregistrées au T1 2022 signalent un certain essoufflement du secteur.

En 2021, chaque trimestre affichait 1 061 transactions en moyenne, tandis que 2022 s’est amorcé avec seulement 929 transactions au T1. Idem pour la valeur, alors que les 61 milliards de dollars enregistrés cette année font pâle figure par rapport aux 99 milliards du T1 2021.

Au total, au T1 2022, les transactions ont chuté de 25 % à 40 % par rapport au T1 2021, selon que l’on parle de valeur, de nombre ou de taille des entreprises impliquées dans les fusions et acquisitions.

L’effet COVID

Mais comme tout ce qui concerne la vie sous la COVID, ces résultats sont trompeurs, puisque seulement « l’activité dans le secteur canadien des fusions et acquisitions a fracassé tous les records en 2021 », affirme Miller Thomson.

En effet, si l’on compare l’activité récente avec celle des périodes correspondantes de 2018, 2019 et 2020, l’année 2022 continue d’afficher une tendance à la hausse. Les 929 fusions et acquisitions au T1 2022 se comparent avantageusement à la moyenne de 906 transactions enregistrées pour les années 2018 à 2020.

Pour ces mêmes périodes, la valeur affichée au T1 2022, qui est de 61 milliards de dollars, est en outre largement supérieure à la moyenne des trois périodes pré-pandémiques, qui est de 48,6 milliards de dollars.

De là à conclure que 2021 constitue une exception, voire une aberration statistique par rapport à la normale, il n’y a qu’un pas.

« Il n’en reste pas moins, peut-on lire dans l’analyse de Miller Thomson, que malgré la situation, l’activité au chapitre des transactions reste vigoureuse au T1 2022, même si les sommets de 2021 sont chose du passé, les cibles attrayantes continuant d’attirer acheteurs et investisseurs. »

Le Québec performe

Comme l’illustre le tableau ci-joint, préparé par Miller Thomson, c’est l’Ontario qui domine le pays au chapitre du nombre de transactions et de la valeur de celles-ci.

Avec 442 fusions et acquisitions, valant quelque 38,7 milliards, le Haut-Canada enregistre 43 % du volume et 60 % de la valeur des transactions du trimestre. ON note cependant une diminution par rapport à 2021, mais les données ne sont pas précisées.

Vient ensuite la Colombie-Britannique avec 287 transactions, totalisant environ 10,7 milliards de dollars.

Le Québec suit avec 157 transactions d’une valeur de 10,8 milliards de dollars, en hausse par rapport à l’an dernier.

L’Alberta est en chute libre au T1 2022, passant de 58 milliards de dollars au T1 2021 à 2,5 milliards cette année. L’an dernier, l’acquisition de Kansas City Southern par le Canadien Pacifique pour 31 milliards a donné tout un élan aux activités.

Par ailleurs, Miller Thomson relève que les transactions transfrontalières n’ont rien perdu de leur vigueur au T1 2022, affichant un recul modeste de 8 % par rapport à 2021. Les Américains restent d’avides acheteurs, acquérant 113 cibles canadiennes au T1 2022. Les Canadiens sont cependant plus affamés, alors qu’ils ont acheté 194 compagnies américaines au T1 2022.

Et l’avenir s’annonce intéressant, conclut Miller Thomson, car « les capitaux abondent dans le marché et l’intérêt d’investisseurs pour diverses cibles attrayantes ne se dément pas », et on s’attend donc à ce que l’activité reste soutenue.

Image
Activité transactionnelle au Canada, T1 2022. Source: MIller Thomson.