Cette première journée d’audiences, non annoncée, a pris par surprise tous ceux qui suivent l’actualité judiciaire à Québec. La cause n’était même pas inscrite au tableau dans le hall d’entrée du palais de justice en matinée.

Tous les acteurs de cette affaire ont convenu de se réunir à la hâte pour une seule journée d’auditions en raison d’un conflit d’horaires impliquant l’un des témoins, incapable de se présenter à la date déjà fixée, soit le 6 juin. Le tribunal a donc accepté d’accommoder ledit témoin qui sera à l’étranger le mois prochain.

Une juge de Longueuil

C’est une juge de Longueuil, Anne-Marie Jacques, de la Cour du Québec, qui a été désignée pour présider l’enquête préliminaire de l’ex-juge de la Cour d’appel. D’entrée de jeu, l’avocat du septuagénaire, Me Jacques Larochelle, a demandé une ordonnance de non-publication.

Quatre policiers à la barre

L'enquête préliminaire du procès de l'ancien juge aurait du se tenir le 6 juin prochain
L'enquête préliminaire du procès de l'ancien juge aurait du se tenir le 6 juin prochain
Quatre policiers de la Ville de Québec, dont trois patrouilleurs qui se sont rendus sur les lieux du drame, ont défilé à la barre tout au long de la journée et ont été interrogés par Me Steve Magnan de la Couronne et Me Larochelle. Ces policiers avaient dû répondre à un appel d’urgence au condo de l’accusé sur le chemin Saint-Louis, le 12 novembre 2009. Il est interdit de rapporter le contenu de leur témoignage.

Rappelons que Marie-Nicole Rainville a été trouvée sans vie à son domicile. La dame de 71 ans, paralysée d’un côté à la suite d’un AVC en 2007, a été atteinte d’un projectile d’arme à feu. L’affaire, considérée d’abord comme un suicide, avait pris une autre tournure au terme de l’enquête policière. Son mari a été accusé sept mois plus tard de meurtre au premier degré et de possession d’arme prohibée. En mars dernier, il a déclaré en cour qu’il ne l’a pas tué et qu’il vivait un cauchemar.

L’homme de 76 ans, très alerte et attentif aux échanges malgré une légère surdité, a démontré hier, des signes d’impatience et de désapprobation à l’occasion. « Jamais, jamais! », a-t-il murmuré en réaction à la réponse d’un policier.

Sur un autre ton, plus tard, il a fait une blague sur son âge. L’enquête préliminaire, étape servant à valider la suffisance de preuves, reprendra le 6 juin et devrait durer toute la semaine.