Une jeune avocate au cœur de projets immobiliers de plusieurs millions de dollars

Et si débuter sa carrière d’avocat se faisait ailleurs qu’en cabinet? C’est le pari qu’a fait Me Serena Dirzu en se joignant à la Société canadienne d’hypothèques et de logement, il y a près d’un an.
Après y avoir complété son stage du Barreau, elle a choisi de poursuivre sa pratique au sein de cet organisme, un acteur clé du secteur immobilier au Canada.
Le droit immobilier s’est imposé très tôt comme une évidence. Avec des parents qui évoluent dans ce milieu, il était naturel pour elle de poursuivre dans cette voie.
Mais à quoi ressemble concrètement le travail d’une avocate à la SCHL? Nous lui avons posé quelques questions…
Une plongée dans son quotidien d’autant plus pertinente que la Société canadienne d’hypothèques et de logement est d’ores et déjà à la recherche d’un stagiaire du Barreau du Québec à compter de septembre prochain.
Pouvez-vous nous expliquer concrètement en quoi consiste votre rôle?
Concrètement, comme beaucoup d’avocats en entreprise, nous soutenons les différentes lignes d’affaires de l’organisation. De mon côté, j’ai la chance de travailler avec deux équipes, notamment celle de l’assurance prêt hypothécaire pour les dossiers du Québec.
Mon rôle consiste à appuyer les opérations, répondre aux questions juridiques, mais aussi à évaluer les risques associés à certaines décisions d’affaires, même lorsque les enjeux ne sont pas strictement juridiques.
Nous travaillons également en étroite collaboration avec des avocats externes, ce qui est essentiel dans notre pratique.
Vous travaillez aussi sur des projets de développement immobilier. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet aspect de votre pratique?
C’est un volet de la SCHL qui est peut-être moins connu. L’organisation agit comme un important prêteur pour de grands projets de développement immobilier, notamment en logement abordable. J’ai eu la chance de soutenir le programme québécois de prêts pour la construction d’appartements (PPCA). Nous finançons de grands projets immobiliers partout au Canada, et moi, je m’occupe plus spécifiquement des dossiers du Québec.
Mon travail couvre l’ensemble du cycle du projet : de la lettre d’intention jusqu’à la clôture, en passant par la coordination avec les avocats externes et le suivi post-clôture, notamment pour les avances de fonds.
C’est un travail très valorisant, car on voit concrètement les projets se bâtir. Travaillant au centre-ville de Montréal, il m’arrive de passer devant des immeubles pour lesquels j’ai contribué dès les premières étapes. C’est très motivant.
Sur le plan juridique, quels sont les principaux enjeux auxquels vous êtes confrontée dans ce type de projets?
Notre rôle est principalement axé sur la rédaction contractuelle. Nous intervenons aussi lorsqu’il y a des enjeux ou des imprévus dans certains dossiers. Il faut alors évaluer les risques, recommander une ligne de conduite et déterminer s’il est préférable d’aller de l’avant ou non. Dans ce processus, nous travaillons toujours en collaboration avec nos avocats externes, qui nous appuient dans l’analyse.
Ce travail se fait en collaboration avec de nombreux intervenants du milieu immobilier… Comment cela se déroule-t-il concrètement?
Les équipes des lignes d’affaires sont en contact direct avec les emprunteurs, mais il y a une très forte collaboration entre tous les intervenants. À Montréal, les besoins en logement sont importants, et nous sommes en première ligne pour répondre à cet enjeu.
Il existe un véritable esprit de collaboration entre les promoteurs, les prêteurs et les autres acteurs du milieu. Tout le monde souhaite que les projets aboutissent. Les négociations se déroulent généralement très bien et il y a peu de confrontation.
Y a-t-il une étape clé dans une transaction où votre rôle est particulièrement déterminant?
Oui, particulièrement lors de la rédaction du contrat de prêt. Avant les déboursés, certaines conditions préalables doivent être clairement établies. Chaque projet est différent : la taille du projet, le profil de l’emprunteur et la part de financement assumée par la SCHL influencent grandement les conditions à inclure.
Notre rôle est donc de bien communiquer avec les équipes d’affaires afin de comprendre leurs besoins spécifiques et de les traduire clairement dans les documents contractuels. Tout doit être noir sur blanc.
Vous avez mentionné avoir travaillé sur une douzaine de transactions totalisant près d’un milliard de dollars. Comment vit-on cela en début de carrière?
Honnêtement, lorsque je me suis jointe à la SCHL, je n’avais pas pleinement conscience de l’ampleur de ces transactions. Comme stagiaire, j’appuyais surtout ma maîtresse de stage. Après mon assermentation, j’ai rapidement obtenu une grande autonomie, ce qui est, selon moi, la meilleure façon d’apprendre.
Le soutien des avocats externes spécialisés est également essentiel, surtout lorsqu’on débute. Il faut se sentir à l’aise de poser des questions, sans crainte de jugement. Même si l’ampleur des dossiers peut être intimidante au départ, l’environnement de travail est très collaboratif, avec peu de hiérarchie. Cela rend l’expérience beaucoup plus rassurante pour une jeune avocate.
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