Pierre Arcand

L’anglais est-il essentiel à la pratique du droit ?

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Pierre Arcand

2020-02-11 10:15:00

Un juriste se demande si parler anglais ou d’autres langues que le français est primordial pour pratiquer le droit au Québec. Pierre Arcand lui répond...

Question :

Bonjour,

J'aimerais savoir à quel point la connaissance de langues autre que le français constitue un atout ? La connaissance de l'anglais est-elle importante ? Quel niveau est requis ? Quelles langues sont les plus appréciées ? Des langues moins répandues (tel le grec) présentent-elles un intérêt ?

Merci !

Réponse :

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Votre question est intéressante particulièrement pour les gens pratiquant dans la région de Montréal ou encore dans des entreprises faisant affaire à l’étranger. La question se pose moins en ce qui a trait à la pratique en région auprès d’une clientèle locale. Une telle pratique permet en effet d’avoir une très belle carrière en étant unilingue francophone.

Ça pourrait aussi être le cas pour certains juristes pratiquant à Montréal mais il est plus fréquent qu’ils soient confrontés au fait anglophone ou multiethnique dans le cadre. Cette réalité fait en sorte qu’il est difficilement imaginable pour un juriste de faire carrière à Montréal sans être à tout le moins fonctionnel dans la langue de Shakespeare.

Vous me demandez quel niveau minimum de connaissance de l’anglais est requis. Si on parle de minimum, le fait d’être fonctionnel est requis mais dans les faits, un juriste devrait être en mesure de bien lire et comprendre l’anglais. On parle toujours de minimum car, s’il pourra s’en sortir avec une rédaction déficiente ou un parlé hésitant, des portes se fermeront inévitablement, à plus fortes raisons s’il travaille dans une entreprise dont les activités dépassent les frontières du Québec.

En pratique privée, oubliez les grands cabinets, du moins pour leur bureau de Montréal, si vous n’êtes pas en mesure de vous débrouiller en anglais. Il y a bien sûr des exceptions, mais elles sont très peu fréquentes. Les jeunes juristes pourront en début de carrière bénéficier d’une révision faite par une personne dont la langue maternelle est l’anglais mais cette situation ne devrait plus se produire après quelques années de pratique.

Mise à part l’anglais, quelles sont les langues les plus en demande ? Honnêtement, il m’est arrivé d’avoir des mandats indiquant que l’espagnol, le chinois, l’allemand ou d’autres langues pouvaient être un atout mais très rarement cet atout était un élément essentiel ou même déterminant pour l’obtention d’un poste.

Par conséquent, je serais porté à dire que le fait de maîtriser une langue autre que l’anglais et le français a peu d’impact sur la carrière d’un juriste de façon générale.

De façon plus spécifique, le fait de parler plusieurs langues pourra quelque fois vous ouvrir des portes. Si vous parlez chinois et que vous êtes ouvert à vous expatrier, on pourrait vous présenter des offres alléchantes.

Je suis pleinement conscient que je n’apprends pas grand-chose à la majorité des lecteurs, je m’en excuse mais je pense que ce texte pourrait par contre être utile aux étudiants en droit et plus particulièrement à ceux venant des régions. Plus vous attendez pour palier à vos lacunes en anglais, plus lesdites lacunes vous seront néfastes.

Je suis d’avis qu’il est préférable de participer à un stage d’immersion en anglais pendant l’été plutôt que de travailler comme étudiant dans un cabinet ou encore dans une boutique de vêtements. Je sais qu’il y a une réalité économique dont il faut tenir compte, mais il y a aussi des emplois qui permettent de parfaire votre anglais tout en gagnant un peu d’argent. Il s’agit de se casser un peu la tête plus mais le jeu en vaut la chandelle.

J’espère que ma réponse vous sera utile et je vous souhaite une belle semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.


Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.
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20 commentaires

  1. Stéphane Lacoste
    Stéphane Lacoste
    il y a 9 ans
    Avocat
    La communauté anglophone n'est pas limitée à la région de Montréal. Même si un avocat choisi de ne pas représenter de clients anglophones, il pourrait devoir interroger ou contre-interroger un témoin en anglais n'importe-où au Québec. Tous doivent donc avoir une connaissance suffisante de la langue pour pouvoir bien représenter leurs clients.

    De plus, un avocat qui ne maitrise pas bien la langue anglaise, ne peut pas lire la jurisprudence et la doctrine venant de l'extérieur du Québec, et même les rares jugements rendus en anglais par les tribunaux québécois. Il y a des domaines de pratique qui nécessitent la lecture quotidienne en anglais. Que ce soit le droit criminel, le droit fiscal ou le droit commercial, il est impossible de pratiquer dans ces domaines si on ne lit pas couramment l'anglais.

    Plus grave encore, comment peut-on interpréter correctement des lois et règlements si on ne peut pas lire la version anglaise? Le même problème se pose d'ailleurs pour nos confrères du R.O.C. qui ne lisent pas le français. La jurisprudence de la Cour suprême nous enseigne pourtant qu'il peut y avoir des interprétations variées dans l'une et l'autre langue et qu'il faut lire les deux versions pour les concilier.

    Je crois quant à moi que les facultés de droit devraient imposer des tests de connaissance des deux langues officielles.

    J'ai souvenir de camarades de classe qui ont abandonné leurs études de droit quand il se sont rendus comptes que l'anglais était vraiment essentiel, plus en tout cas qu'ils ne le croyaient lors de l'admission.

  2. Thémis
    Thémis
    il y a 9 ans
    des mots sans aucun sens
    Il est absolument surprenant que quelqu'un d'instruit ne connaisse pas l'anglais. Comment fait-on pour vivre dans un context nord-américain et canadien sans parler couramment l'anglais? Tout une partie de la culture vous échappe. Vous êtes confimé dans votre ghetto québécois.

    • Anonyme
      Anonyme
      il y a 9 ans
      et l'inverse ?
      Par contre, un anglo qui travaille au Québec qui ne parle pas français sera quant à lui vénéré... Mon Dieux, de quelle culture parlez-vous ?

    • Anonyme
      Anonyme
      il y a 9 ans
      1950?
      Wow, je ne sais pas d'où vous sortez ce commentaire, je vois assez de confrères/consoeurs qui parlent le français de façon cassée par respect pour leur interlocuteur pour savoir que votre commentaire est tout à fait faux.

  3. DSG
    What a stupid analysis
    How can a person get through law school without knowing English? Even at UdeM you need to be able to read English. It makes me wonder what they teach these kids in the second rate universities.

  4. Anonyme
    Anonyme
    il y a 9 ans
    Vous parlez de pratique ou d'études en anglais
    L'anglais n'est pas essentiel à la PRATIQUE du droit dans tous les domaines. Je suis en droit du travail et toutes les autorités que je consulte sont en français, de même que mes dossiers et clients (je travaille pour une grande municipalité).

    Je suis bilingue. Par contre, je suis convaincu qu'il existe au Québec plein d'avocats francophones fiers de parler anglais et qui se mettent automatiquement à la "switch" anglais dès qu'un anglophone participe à une réunion, car le Québec est accommodant, bien sûr. Par contre, les avocats anglophones s'attendent pour la plupart à ce qu'on s'adresse à eux en anglais... J'ai vécu ça dans une grande banque pendant 5 ans...

    Par contre, au niveau du Bac, il faut de l'anglais.

    • Dictateur du Québec
      Dictateur du Québec
      il y a 4 ans
      Exactement
      Constat fort juste, mais n'employons pas d'euphémismes. Le Québécois n'est pas accommodant, il est docile.

  5. Jutt
    PM
    S'il est difficile de pratiquer le droit à Montréal sans être fonctionnel en anglais, il est cependant possible de devenir première ministre du Québec tout en ayant une maîtrise plus qu'imparfaite de l'anglais!

    • Me
      Première ministre unilingue
      Oui, et heureusement, ça a été bref. Son entrevue au sujet de l'Écosse était un embarras pour tous les Québécois, nationalistes ou pas (The Scottish are a "strange" people... au lieu de "strong". Les Francophones représentent environ 2% de la population d'Amérique du nord. Avoir un(e) premier(e) ministre qui ne peut s'adresser au reste du continent n'est pas viable.

  6. Stéphane Lacoste
    Stéphane Lacoste
    il y a 9 ans
    Sénateur
    Et même de devenir sénateur (législateur) en étant analphabète!

  7. Stéphane Lacoste
    Stéphane Lacoste
    il y a 9 ans
    En droit du travail
    Il est impossible de pratiquer en droit du travail sans lire l'anglais car il faudrait alors se priver de sources doctrinales de premier niveau comme les ouvrages de Brown et Beatty, de Palmer, etc Il faudrait aussi se priver de la jurisprudence arbitrale, administrative et judiciaires du R.O.C. (notamment les sentences arbitrales fédérales rédigées seulement en langue anglaise). Je fait du droit du travail depuis 1988 et il n'y a probablement aucun dossier pour lequel je n'ai pas eu à consulter de telles autorités. Un avocat qui s'en prive, prive ses clients.

  8. anon
    n'importe quoi
    Maitre chez nous... I have clients who refuse to do business with a lawyer who does not speak english. Good luck.

  9. Dictateur du Québec
    Dictateur du Québec
    il y a 4 ans
    Une triste nécessité
    La connaissance, pour ne pas dire la maîtrise de l'anglais, est effectivement impérative pour quiconque souhaitant pratiquer le droit, ou tout simplement habiter à Montréal. Il faut dire que cela n'est rendu possible qu'en raison de l'indicible assujettissement des nôtres. Le progrès inexorable de l'anglais est permis en raison de l'immense lâcheté de nos politiciens et par la médiocrité d'un large pan de notre population, peuple d'aliénés. Rampez devant vos maîtres les soumis.

    • Anonyme
      Anonyme
      il y a 4 ans
      Ouin
      Si vous voulez vous passez une corde au cou je vais être le premier à vous approvisionner.

    • Dictateur du Québec
      Dictateur du Québec
      il y a 4 ans
      On ne dépouille pas un pouilleux
      Misérable, avez-vous seulement les moyens d'acheter une corde ?

    • Anonyme
      Anonyme
      il y a 4 ans
      Je suis prêt à cotiser
      Je suis prêt à aider Anonyme s'il le faut. Ce sera un plaisir.

  10. Parajuriste
    Parajuriste
    il y a 4 ans
    Évidence!
    Juste à voir ce qui s'est passé en Cour municipale dans l'affaire de Jaggi Singh, que répondre... oui!

  11. YB
    Cela dépend
    Si vous comptez pratiquer exclusivement en région en droit familial ou en droit criminel principalement, non, ce n'est pas essentiel. Votre salaire risque toutefois d'être plus bas.

    Si vous aspirez à une carrière digne de ce nom, oui.

  12. Anonyme
    Anonyme
    il y a 4 ans
    Nouveau projet de loi sur la question
    Projet de loi n°591 : Loi modifiant la Charte de la langue française afin de préciser dans quelles circonstances un employeur peut exiger pour l’accès à un emploi ou à un poste la connaissance d’une langue autre que la langue officielle

    http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-591-42-1.html

  13. Anonyme
    Anonyme
    il y a 4 ans
    La compétence même en région
    Les clients des régions ont le droit d'avoir des avocats compétents, c'est-à-dire des avocats capables de lire et comprendre la jurisprudence en anglais. Tsé, en droit criminel, c'est pas mal ça.

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