McGill lance le seul programme en traduction juridique au Canada
McGill lance le seul programme en traduction juridique au Canada
Après avoir lancé un projet pilote en 2017, l’Université McGill lance officiellement cet automne le seul programme en traduction juridique au pays. Il y en avait bien un à Ottawa, mais il a été fermé en 2014.

Ce certificat d'Études supérieures en traduction juridique est notamment conçu pour aider les juristes à traduire, réviser et corédiger des documents juridiques bilingues.

Il se consacre aussi à l’étude des principes et pratiques jurilinguistiques à l’aide des techniques et des outils les plus récents et prépare en outre au service-conseil linguistique dans le domaine du droit.

Il y a cependant des cours de traduction juridique dans plusieurs programmes de traduction offerts par les universités canadiennes.

Une pénurie de spécialistes

Si appliquer la méthodologie de traduction juridique dans des contextes professionnels ne s’improvise pas, le milieu se retrouve face à une pénurie de spécialistes dans le domaine, comme l’explique à Droit-inc la responsable du programme Maria Sierra Cordoba Serrano.

«Le programme a été créé pour pallier à la grave pénurie de vrais spécialistes juridiques. La demande est évidente dans le secteur public et privé. Dans les cabinets d’avocats, 80 % du travail de traduction concerne les valeurs mobilières.»

D’ailleurs, un cours sur la traduction dans ce domaine-là a été ajouté à la suite du projet pilote.

Le rôle d’avocat réviseur est de plus en plus valorisé au sein des cabinets, explique Mme Cordoba Serrano. «Dans les autres pays on ne voit pas de réviseurs accéder au rang d’associé, mais c’est le cas au Québec, dit-elle. Comme il y a un besoin à ce niveau-là, le poste bénéficie de plus de reconnaissance.»

Cinq cours au total

Le certificat s’adresse donc à la fois aux juristes professionnels ou paraprofessionnels mais aussi à tous ceux qui se préparent à ce champ d’exercice et qui visent à perfectionner leurs compétences en rédaction et traduction bilingue ou multilingue de documents juridiques utilisés dans des entités publiques, privées et parapubliques.

Tous les cours ont lieu sur place à l’Université McGill. Le programme d’une durée maximale de deux ans peut être achevé en trois trimestres universitaires, suivant la demande des juristes, souvent occupés, et qui ne peuvent pas se lancer dans des programmes trop longs, explique Mme Cordoba Serrano.

Au total, cinq cours sont proposés : une introduction à la jurilinguistique, un cours de traduction juridique générale, un cours sur la terminologie, et au choix (mais on peut suivre les deux) : un cours de traduction juridique dans les valeurs mobilières et un cours de co-rédaction législative.

«Il faut quand même avoir des connaissances préalables en droit, conclut la responsable. On voit beaucoup de profils hybrides, par exemple des traducteurs qui ont fait de la traduction administrative ou parajuridique, ou encore des étudiants qui ont un baccalauréat en sciences politiques et qui ont suivi des cours en droit.»

Pour plus de détails sur les cours, cliquez ici.