SNC-Lavalin poursuit son ancien PDG, Pierre Duhaime.
SNC-Lavalin poursuit son ancien PDG, Pierre Duhaime.

SNC-Lavalin poursuit son ancien PDG, Pierre Duhaime. Elle lui réclame des millions en dommages pour avoir nuit à l'entreprise en fermant les yeux sur des faits de corruption.

Selon La Presse, une poursuite a été déposée en Cour supérieure. Elle s'inscrit dans le cadre des réclamations de l’entreprise dans le dossier universitaire de santé McGill (CUSM), mais n'a aucun lien avec les accusations de corruption en Libye qui sont toujours devant les tribunaux.

Rappelons que SNC-Lavalin a octroyé 22,5 millions en pots-de-vin pour remporter le contrat de construction du CUSM à Montréal.

Le PDG Duhaime avait alors reconnu qu’il savait qu’un de ses subalternes discutait avec un dirigeant du CUSM lors de l’appel d’offres, mais avait omis de se renseigner davantage sur les procédures.

Il avait donc plaidé coupable d’avoir aidé un fonctionnaire à commettre un abus de confiance, et avait écopé de 20 mois à purger à la maison.

Détournements de fonds

Selon SNC-Lavalin, ces pots-de-vin constituent des « détournements de fonds ».

« Le détournement a causé des pertes pécuniaires à SNC-Lavalin et a porté atteinte à sa réputation, en particulier dans la province de Québec », peut-on lire dans la poursuite obtenue par La Presse.

Il y est également indiqué que l’attitude de l’ex-PDG « a emmené les plaignants à être liés dans l'opinion publique avec des individus qui ont été accusés ou condamnés pour des infractions criminelles, ternissant ainsi l'excellente réputation dont jouissaient les plaignants au Québec et à travers le monde ».

Le groupe d'ingénierie réclame à Pierre Duhaime un des cinq millions lui ayant été versés dans le cadre de son entente de départ.

Mauvaise foi

L’entreprise juge que son ex-PDG aurait fait preuve « de mauvaise foi » en signant cette entente, puisqu’il n’avait pas dévoilé ses infractions criminelles.

Cet arrangement statuait également que SNC-Lavalin rembourserait tous les frais d’avocats de son ex-dirigeant reliés à ses activités dans l’entreprise. Après avoir payé ces 1,2 million de représentations, l’organisation veut se les faire rembourser.

De plus, SNC-Lavalin demande à la Cour de pousser Pierre Duhaime à rembourser, en compagnie des autres acteurs du scandale du CUSM, les 22,5 millions de dollars payés en pots-de-vin, ainsi que la somme de 12,5 millions en guise de dommages à l’entreprise.

Elle souhaite également que Pierre Duhaime paie 5 millions de sa poche en guise de dommages punitifs.