Public ou privé, quels avocats gagnent le plus? Photo : Harvey Specter (Gabriel Macht), Suits.
Public ou privé, quels avocats gagnent le plus? Photo : Harvey Specter (Gabriel Macht), Suits.
C’est du moins ce que révèle la plus récente enquête sur la rémunération des salariés de l’Institut de la statistique du Québec.

Ainsi, pour la catégorie avocats et notaires, les échelles salariales des juristes du secteur public leur permettent de toucher de 8 à 17 % de plus que leurs collègues du secteur privé, indique le rapport Rémunération des salariés, État et évolution comparés, 2018.

Pour le secteur public, l’étude de l’ISQ regroupe les avocats et les notaires des administrations gouvernementale et municipale et des réseaux publics. Pour le secteur privé, l’ISQ exclue les procureurs de l’État et les associés des cabinets juridiques.

En 2018, un juriste sans expérience du secteur public gagnait au minimum 64 922 dollars par an. Celui qui travaille dans l’administration gouvernementale, les réseaux de la santé ou d’éducation, et le monde municipal touche ainsi 17 % de plus que son vis-à-vis du secteur privé.

Au privé, un juriste sans expérience gagnait donc en 2018 un minimum de 56 029 dollars.

Pour les salariés au sommet de l’échelle salariale, et donc totalisant plus de 8 ans d’expérience, l’écart privé-public est moins prononcé, se situant à 8,5 %.

Le maximum de l’échelle salariale dans le secteur public était en 2018 de 140 524 dollars par an. Au privé, le salaire maximal s’établissait plutôt à 128 483.

Dans le secteur privé cependant, les écarts salariaux entre les novices et leurs aînés sont beaucoup plus conséquents que dans le secteur public. Ainsi, dans le secteur privé, un juriste de niveau 3 (comptant plus de 8 ans d’expérience) gagne 44 % plus cher qu’un juriste sans expérience, de niveau 1.

Dans le secteur public, cet écart est plutôt de 38 %.

Au chapitre du taux horaire aussi, on remarque d’importantes disparités entre les secteurs publics et privés: les juniors du secteur public touchent ainsi 24% plus que leurs collègues du privés. Les avocats et notaires d’expérience intermédiaire touchent 26 % de plus dans le public que le privé.

Et les juristes seniors empochent 9% de plus, à l’heure, dans le public que le privé.



Autre révélation : dans le secteur privé, les avocats et notaires syndiqués gagnent moins cher que leurs vis-à-vis non-syndiqués.

Selon l’ISQ, les avocats et notaires de niveau 2, comptant 3 ans d’expérience, touchaient 93 125 dollars lorsque syndiqués, en 2018. Leurs collègues non-syndiqués touchaient quant à eux 103 729 dollars.

On remarque également de grandes disparités entre les plus bas et les plus hauts salariés dans les deux secteurs de travail. Dans le secteur public, les écarts entre les plus bas échelons salariaux et les plus élevés oscillent, selon l’expérience, de 32 % à 50 %. Dans le secteur, ces écarts oscillent entre 28 et 30 %.

C’est donc dire que pour les avocats et les notaires du secteur public, le potentiel d’augmenter sa rémunération est plus important.

Par ailleurs, les avocats et notaires de l’État comptant plus de 8 ans d’expérience gagnent 12,3 % de plus que leurs collègues des institutions parapubliques et municipales.

Rappelons cependant que les émoluments des juristes souffrent d’une grande variabilité. Par exemple, en 2016, Éducaloi expliquait que « le salaire d’un avocat varie en fonction de ses conditions d'emploi. Dans une grande entreprise ou un grand cabinet, certains gagnent énormément d’argent. D’autres avocats travaillent à leur compte et reçoivent un salaire beaucoup moins élevé. Cela dépend de l’expérience, du type de clients et du genre de pratique »

La conclusion de l’organisme : près de 80% des avocats au Québec gagnent entre 30 000 $ et 200 000 $ par année.

Ayoye!