Antoine Gagnon, entouré de ses avocats lors du procès. Photo : Radio-Canada/Carl Boivin
Antoine Gagnon, entouré de ses avocats lors du procès. Photo : Radio-Canada/Carl Boivin
Le 9 juin dernier, le juge Jean Asselin a déclaré Antoine Gagnon non coupable, lui faisant bénéficier du doute raisonnable. La preuve n'a pas convaincu le juge qu’Antoine Gagnon voulait commander une poupée représentant une enfant.
Après une analyse minutieuse du jugement, le DPCP a choisi de ne pas déposer de requête à la Cour d'appel.

Le ministère public ne révèle pas les motifs qui ont mené à une telle décision. Mais le fait de ne pas être d'accord avec un jugement n'est pas suffisant pour s'adresser à la Cour d'appel. Il faut identifier des points de droit sur lesquels appuyer sa requête.

« Ce qui pour nous n'était pas suffisant », s'est contentée de dire la procureure de la poursuite titulaire du dossier, Me Valérie Lahaie.

Sexuellement explicite

La couronne n'a peut-être pas réussi à faire condamner l'accusé, mais l'avocate de la poursuite est quand même satisfaite des conclusions du juge quant à la nature de la poupée. Après le verdict, elle l'avait d'ailleurs souligné à la sortie de la salle d'audience.

« Effectivement, ça constitue un objet qui est illégal au Canada, pour protéger les enfants d'un risque indu, par rapport à du matériel sexuellement explicite qui pourrait rendre les enfants vulnérables d'exploitation », avait alors déclaré Me Lahaie.

Antoine Gagnon et ses avocats avaient préféré quitter rapidement le palais de justice, sans commenter la décision.

Jugement très articulé

Un peu plus de deux mois après le verdict, Me Gervais Labrecque qualifie de très articulé le jugement de 29 pages.

Me Gervais Labrecque. Photo : Radio-Canada/Carl Boivin
Me Gervais Labrecque. Photo : Radio-Canada/Carl Boivin
Le criminaliste d'expérience confie que son client a communiqué avec lui, 31 jours après le verdict, alors que le délai d'appel venait d'expirer. L'ex-avocat savait que faute du dépôt d'une requête à la Cour d'appel, dans les délais, son dossier était clos.

« Ça été toute une aventure pour lui », constate le criminaliste qui salue la force de caractère du jeune homme de 32 ans.

Antoine Gagnon a quitté la profession d'avocat après sa mise en accusation. Me Labrecque ne sait pas si son client voudra reprendre sa profession, maintenant qu'il a été blanchi par le tribunal.